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Chrétiens et Juifs, ... des amis ! |
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Le site de l'association COEUR: Comité OEcuménique d'Unité chrétienne pour la Repentance envers le peuple juif. |
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Les 5 E Une méditation de Fadiey LOVSKY Le talent pédagogique de M.LOVSKY s'exerce ici avec sa grande délicatesse: ne nous y trompons pourtant pas, il met le doigt ici sur des points particulièrement sensibles, non de la foi chrétienne, mais de nos habitudes de pensées qui dévient si vite. Un rappel bien utile, en 5 E.
Nous, Chrétiens, sommes obligés à un
approfondissement théologique et spirituel par la présence et l'interpellation,
muette ou non, des Juifs. Et Dieu nous parle par ces interpellations. Je vais
indiquer cinq aspects de cette relation qui concerne la foi chrétienne, en cinq
paragraphes qui commenceront tous par la lettre « E », afin que vous
en gardiez mieux le souvenir. C’est peut-être amusant, mais c’est en même temps
un appel à la repentance de la pensée, parce que notre pensée n’en a guère tenu
compte.
1 /
« E » comme Ecriture :
Nous oublions trop souvent que
dans le Nouveau Testament le mot Ecriture ne se rapporte qu’à l’Ancien
Testament. Quand les premiers chrétiens consultaient l’Ecriture, c’était ce que
nous appelons l’Ancien Testament. La seule Ecriture que Jésus, aux jours de sa
chair, ait connue, sue par cœur et aimée, c’était l’Ancien Testament et, dans
Luc chap. 4, quand le diable se sert
d’un texte de l’A.T. Jésus trouve spontanément, non par une manifestation
extraordinaire du Saint Esprit, mais par sa connaissance de l’Ecriture, la
Parole avec laquelle il réfute celle de l’accusateur. Ne lire que le Nouveau Testament,
ne reconnaître que ce N.T., est une source d’incompréhension et de pauvreté
spirituelle parce qu’on méconnaît la présence de l’A.T. à chaque page du N.T.
Les Juifs sont en droit de nous dire -
et ils le font - : « Pourquoi choisissez-vous dans l’A.T. les seuls
passages qui vous conviennent à vous Chrétiens ? De quel droit lisez-vous le seul mot « Eglise » là où
les Psaumes disent « Israël » ?
Quand vous discernez Jésus au
Chapitre 53 d’Isaïe, est-il juste que vous éliminiez totalement le Serviteur
Israël d’une lecture qui le concerne tout de même aussi ? Je pourrais multiplier les questions
justifiées que les Juifs peuvent nous poser quand nous les arrachons des
Ecritures qu’ils ont examinées, commentées, méditées durant des siècles.
Comment oublier que notre A.T. est celui que les Juifs ont scientifiquement
établi, c’est à dire, qu’ils ont mot par mot, lettre par lettre, arrêté. Il ne
s’agit pas de ratifier tout ce que les Juifs en disent, mais il y a quelque
chose de ridicule et d’intenable de prétendre
qu’ils n’ont rien à nous apprendre ou à nous préciser. De même que les Chrétiens d’occident seraient coupables d’orgueil et
s’appauvriraient cruellement, s’ils ignoraient tout le labeur de la théologie
grecque ; de même que les Chrétiens du Tiers Monde seraient coupables d’orgueil et s’appauvriraient cruellement, s’ils disaient : « Saint Augustin, aucun
intérêt !» , de même
sommes-nous coupables d’orgueil et d’antisémitisme théologique, tout en nous
appauvrissant d’ailleurs d’évidente
façon, quand nous pensons et agissons comme si devant ces Ecritures juives, qui
sont devenues les nôtres, leur lecture juive serait pour nous zéro ! Sur ce point, d’ailleurs, il y a
aujourd’hui de grands changements. On
pourrait même dire que j’enfonce des portes ouvertes. Si on me dit :
« C’est évident », je réponds d’abord : « Alléluia »,
puis je demande s’il s’agit d’une porte
ouverte ou entrouverte. Il n’est pas mauvais de constater que les portes closes
commencent à s’ouvrir ; c’est un sujet de louange et cela nous exhorte à
envelopper de louanges deux de nos traductions
de la Bible, et puis aussi les autres. Mais il y en a deux qui ont un
caractère différent : C’est la TOB et la ‘’Bible en Français courant’’.
Toutes deux respectent, comme Jésus, comme les premiers Chrétiens et comme les
Juifs aujourd’hui encore , le NOM sanctifié du Seigneur, sans le prononcer. Je
vous en prie, ne lisez pas le NOM : « YHWH » à haute voix quand
vous faites une lecture. C’est une blessure infligée aux Juifs, même s’ils ne
sont pas là. Après tout, on peut les respecter même en leur absence. Cela peut faire très savant, je
sais, de discuter de la façon de prononcer ces quatre lettres. Dans ma vie,
j’en ai déjà vu deux ou trois ! On
n’en sait rien, d’ailleurs. Ce NOM, respectable et imprononçable, la ‘’ Bible
en Français courant’’ et la TOB, avec beaucoup de soins nous disent comment
traduire les différentes façons dont l’A.T. parle du Seigneur : on écrit son NOM, mais on ne le prononce
pas. Et toutes les deux rangent les
Livres de l’A.T. dans l’ordre de la Bible hébraïque, ce qui atténue la vision
moderne et historique que nous avons de certains de ses Livres, pour en
accentuer le caractère prophétique. Voilà deux exemples où la présence des
Juifs et de leur méditation des Ecritures sont pour nous, aujourd’hui comme au
temps de Saint Jérôme, un secours et un motif de gratitude. Je rappelle que
Saint Jérôme, traducteur de l’A.T. en latin, n’hésitait pas à aller consulter
des rabbins pour la traduction de la Vulgate. De même ont fait une démarche
semblable les théologiens et exégètes pour rédiger les Notes que vous lisez
dans les Editions au complet de l’A.T. de la TOB.
2 / « E » comme Election :
Combien de fois oublions-nous que
le Peuple Juif est le Peuple de l’Election ! Perdons l’habitude de ne mettre l’accent que sur celui qui est
choisi, élu, parce qu’alors nous focalisons notre regard sur lui et que nous nous mettons à soupeser
des privilèges ou à supputer des qualités ou à insinuer des erreurs par une
démarche que Jésus a condamnée : « Ne jugez pas ». Cela
commence par : Ne jugez pas le Peuple Elu ! Ne jugez pas afin que vous ne soyez pas
jugés. Car on se met devant un miroir quand on juge. Mettons l’accent, de manière
biblique, sur Celui qui préside à l’Election, c’est à dire sur le Seigneur-Dieu
qui élit et choisit qui Il veut. C’est Dieu qui choisit, décide ; c’est
Dieu qui a choisi, pour réguler sa volonté et ses desseins sur l’ensemble de
l’humanité, le Peuple hébreu, le Peuple d’Israël. (On peut, à la rigueur, se
demander pourquoi ? Nous lui poserons
la question dans le Royaume). Il l’a fait dans sa grâce, et une grâce est toujours imméritée ! Dieu a choisi les Juifs, finalement pour que
Jésus dise un jour : « Le salut vient des Juifs ». La
question qui se pose est de savoir si Dieu se serait déjugé, si Dieu est un
Dieu qui divorce, ou si Dieu est fidèle, même face à l’infidélité. Si
l’infidélité des hommes obligeait Dieu à leur être infidèle, ce sont les hommes
qui commanderaient, ce ne serait plus Dieu. Dieu demeure fidèle à ceux qui lui
sont infidèles. Les Juifs parce qu’ils sont le Peuple de l’Election, sont les
témoins de la fidélité de Dieu. Voilà ce qu’il faut absolument que nous
comprenions, pas seulement par l’intelligence, mais au plus secret de notre
foi. Si nous l’acceptons et louons Dieu de Sa fidélité envers son Peuple d’Israël, alors nous serons capables de louer Dieu de Sa fidélité envers les
Chrétiens divisés et envers les Chrétiens qui ne nous ressemblent pas. Nous,
Protestants, nous louerons Dieu, nous qui avons si longtemps dit le contraire, pour Sa fidélité envers les Catholiques. Et
vous louerez Dieu, frères catholiques, pour la fidélité du Seigneur envers les
Protestants, et cela ne nous écorchera pas les lèvres, ni aux uns ni aux
autres. Nous louerons Dieu ensemble pour
Sa fidélité envers nous dans nos infidélités respectives. C’est en cela que la
présence des Juifs, témoins millénaires et actuels de la fidélité de Dieu,
apparaît comme un signe, le sceau de l’œcuménisme, puisqu’ils sont les premiers
témoins de l fidélité de Dieu envers eux et envers nous. Louons Dieu pour Sa fidélité
envers les Juifs ; elle nous atteste que Dieu nous aime jusque dans nos divisions, qu’Il nous pardonnera parce
que nous sommes tous le Peuple chrétien de l’Election en Jésus-Christ. Mais, la
pierre de touche, c’est l’Election du Peuple Juif. Si nous ne le recevons pas,
si nous n’y croyons pas, si nous ne l’annonçons pas, si nous y mettons des
« bémols », alors nous mettrons encore plus de « bémols » à
notre Election, aux uns et aux autres dans le Peuple de Jésus-Christ.
3 / « E » comme
Ethique :
Je ne veux pas dire le mot
« morale ». Cela ne commence pas par un « E », et cela fait
tellement « vieux ». Par Ethique, on entend les principes d’une règle
de conduite. Je vais vous raconter une histoire vraie : c’était
en 1970 à Strasbourg, dans une rencontre entre des Chrétiens, catholiques et
réformés, et des Juifs. Il y avait eu quelques jours auparavant je ne sais
quelle déclaration fracassante de
certains Chrétiens qui se croyaient d’avant-garde et qui se ralliaient bruyamment à des positions sur le mariage et
la sexualité tout à fait dans le vent le plus permissif possible … Je n’ai pas
gardé le texte et j’ai bien fait. Un rabbin m’a dit dans un couloir pendant notre rencontre ; « Qu’arrive-t-il
aux Chrétiens, Monsieur, pourquoi
répètent-ils ce que dit le monde ?
N’y a-t-il pas dans les Ecritures
des préceptes de conduite et même des interdictions
formelles ? ». Je ne peux pas répercuter l’accent
de tristesse qu’il avait. Pour ma part, j’ai vu dans cette question du rabbin
une Parole de Dieu. Si la tentation des Juifs réside dans le légalisme – et
Dieu sait si nous sommes prompts à pourfendre celui-ci - notre tentation à nous est symétrique de la
leur. De même que nous lisons le N.T.
comme si l’A.T. n’existait pas, ou si peu, nous lisons ce que les Evangiles et
les Lettres de Paul nous disent de la liberté chrétienne comme si la volonté de
Dieu ne s’était pas exprimée dans les textes bibliques ou néo-testamentaires,
comme si la liberté chrétienne avait aboli ces textes-là. La liberté chrétienne n’est jamais
contraire aux commandements de Dieu ;
la liberté chrétienne écoute Dieu quand Il dit ; « Tu dois »
et même quand Il dit : « Tu
ne dois pas ». Or, il y a un
anti-légalisme des Chrétiens trop répandu, qui est à la fois très anti-biblique
et très charnel, parce qu’il va inévitablement dans le sens de nos penchants. Les Juifs fidèles nous rappellent
que la fidélité au Dieu de la Bible s’exprime dans notre obéissance, en tout
cas, aux Dix Paroles que nous avons transformées en Dix Commandements, ces Dix
Paroles étant explicitées par la tradition juive et, d’ailleurs, par la
tradition chrétienne. La fidélité éthique, morale, va de pair avec la fidélité
spirituelle. Dans ces temps de dérive morale, les Juifs nous rappellent qu’il
n’est pas interdit d’interdire, quand c’est Dieu qui interdit. Nous avons là un
témoignage des Juifs, parfois un
exemple, en tout cas une question
particulièrement utile.
4 / « E » comme Ecoute Israël :
Les Juifs répètent cette
exhortation qui est aussi une révélation qu’on lit dans le Deutéronome (chap.
6 v. 4) , je prends la traduction
juive : « Ecoute Israël, le
Seigneur notre Dieu est le Seigneur UN » Cette Parole de Dieu ne s’adresse
pas seulement aux Juifs, elle nous concerne ; « Ecoute, Peuple du Christ, le Seigneur ton
Dieu est le Seigneur UN ». Ce
qu’on appelle le monothéisme, notre monothéisme chrétien se fonde sur cet
appel. Ce n’est pas seulement une doctrine philosophique ou
théologique ; c’est une
révélation, une vérité biblique révélée. C’est le témoignage du Saint Esprit.
Toute la doctrine de la Trinité, toute la réflexion et la spiritualité trinitaire, toute la joie chrétienne dans le
Saint Esprit s’inscrivent dans la fidélité au Seigneur Dieu UN. C’est là que nous avons le débat,
la séparation avec les Juifs. Mais dans ce débat ils nous sont toujours en
aide, parce qu’ils sont les témoins de la révélation. Il faut s’interroger, se
souvenir, se demander si les racines païennes
des Chrétiens d’origine païenne
ne subsistent pas dans une certaine mesure
en nous. En nous, des dérives idolâtres
sont toujours possibles. Il y a des résurgences païennes dans nos vies
spirituelles, des possibilités de résurgences. Notre piété n’a pas toujours été exempte d’erreurs. C’est
pourquoi il nous faut demeurer attentifs à ce que disent les Juifs, non pas
pour accepter les refus qu’ils nous opposent, mais pour discerner dans ce
qu’ils nous disent les avertissements
qui proviennent de leur fidélité au Seigneur UN. Quand les Juifs refusent, hélas, Jésus-Christ, il arrive qu’en
réalité c’est un Jésus paganisé qu’ils refusent. Et la présence juive nous
oblige au discernement, à la fidélité biblique, à une christologie
véridique et, en tout cas, toujours à
la louange et à la sanctification du NOM du DIEU UN. C’est le Fils même de
Dieu, Jésus, qui nous dit de commencer notre prière par la sanctification du
NOM.
5 / « E » comme Espérance :
Je vous rappelle une remarque
vieille de 19 siècles et que les Juifs nous font de siècle en siècle. Quand nous
disons que Jésus est le Messie d’Israël, il arrive que le Juif aille à la
fenêtre, l’entrouve, regarde dehors
et dise ; « Le monde est le
même qu’hier et avant la venue de
Jésus ; le monde n’a pas
changé ; la rédemption n’est pas
là ; il n’y a ni nouveaux cieux ni
nouvelle terre ; je ne vois pas de
temps messianique. Au lieu du Royaume de Dieu, je ne vois que des guerres
… ». Et, il pourrait ajouter ;
« les disciples de ce Messie se sont fait la guerre, ils sont
encore divisés … Les Juifs concluent,
bien sûr : « … donc Jésus n’est pa le Messie. Il faut rendre gloire à Dieu pour
la part de vérité contenue dans les
affirmations juives. Car dans le triomphalisme des chrétientés antisémites et
dans l’enseignement qui se perpétue plus ou moins encore, nous avons vécu comme
si le Royaume était venu. Nous avons affaibli la dimension de l’attente dans
l’expression même de notre foi. Notre espérance a été moindre que celle des
Juifs qui attendaient le Messie. Nous avons oublié que le Christ
glorieux n’était pas encore venu. Nous nous sommes installés dans le monde.
Nous avons méconnu que si tout a été accompli sur la Croix, tout n’a pas encore
été manifesté. L’espérance du retour du Christ
en faveur du monde entier a été réduite aux dimensions un peu égoïstes
de la vie éternelle de notre personne et de quelques êtres qui nous sont chers.
Nous avons plus ou moins perdu l’attente de la Rédemption Universelle et rendu
par là notre témoignage au sujet du Rédempteur Jésus inopérant auprès des
Juifs, (sans compter toutes nos méchancetés … !) Alors, je dis que dans les
critiques que les Juifs font de la messianité de Jésus, il y a un aiguillon
pour notre espérance. Il faut que les Chrétiens, que chacune de nos Eglises et
le labeur œcuménique attestent clairement et joyeusement que notre espérance de
la résurrection des morts et de la rédemption du monde est une
espérance vivante. Par conséquent, il faut que cette espérance colore ce que nous faisons et
disons ; il faut qu’elle
redevienne une ardente attente et une prière pour la Parousie de Jésus par
sa venue dans la gloire , qui sera la guérison des nations réconciliées avec le
Peuple d’Israël. La seule réponse à la critique des
Juifs, c’est l’espérance de la manifestation plénière du Christ Rédempteur.
C’est là notre témoignage auprès d’eux. Notre témoignage a été pendant des siècles celui de notre foi
, celle-ci, d’ailleurs, allant jusqu’à l’intolérance. ( Je ne parle pas de
notre amour, et pour cause ). Tandis que notre espérance était une attente
affaiblie. Nous ne nous repentirons jamais
assez de ne pas avoir su aimer les Juifs, ni su être les témoins de
l’espérance. Mais, je crois que l’Esprit Saint est en train de nous rendre l’amour des Juifs ; en tout cas c’est
ce qu’il désire . Il n’y a pas besoin de révélations extravagantes ou
extraordinaires pour le dire ; il
n’y a qu’à lire le Nouveau Testament. Cela n’affaiblira nullement notre
foi, au contraire. La vague œcuménique, que l’Esprit Saint a suscitée, a cette finalité. L’effusion du
Saint Esprit nous fait connaître le Christ qui vient pour manifester la
plénitude de la Rédemption et pour que
l’Eglise vive sa plénitude dans son unité. Et la plénitude de l’unité c’est
aussi la plénitude de l’amour. Il faut que nous priions le
Seigneur de nous donner cette espérance.
Louez le Dieu fidèle à Ses promesses en Jésus-Christ, y compris Ses promesses
aux Juifs. Et, s’il y a une grâce à demander
en notre faveur, c’est qu’Il
nous donne l’amour pour le Premier Peuple de l’Election. Fadiey LOVSKY
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