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Chrétiens et juifs, ... des amis ! |
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Le site de l'association COEUR: Comité OEcuménique d'Unité chrétienne pour la Repentance envers le peuple juif. |
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L’EUROPE A LA RECHERCHE DE SON ÂME !
Lettre ouverte au Président Giscard d'Estaing Dans ses parutions portant les numéros 33, 34 et 35, Yerushalaïm invite et invitera ses lecteurs à l’accompagner dans une réflexion prolongée sur le thème : « Identité et Vocation ». Est-ce une coïncidence si l’actualité fait de même à l’intention de tous les habitants du Vieux Continent ? L’Europe discute présentement de sa Constitution et du mode de vie qu’elle ambitionne désormais de léguer à ses enfants nés et à naître. Dans le choix qu’il fait de sa Constitution, un peuple montre quel genre d’âme l’anime et d’abord s’il est conscient d’en avoir une, à savoir s’il se ressent lui-même comme une communauté ou un troupeau, un organisme vivant ou un magma informe de particules anonymes et interchangeables, un esprit responsable ou un agrégat d’instincts aveugles, etc. Ce n’est pas la première fois que l’Europe se cherche une structure de pensée et de conduite. Bien des fois dans le passé elle a dû, devant l’invasion de forces dissolvantes, se chercher une identité et se bâtir un avenir, c’est à dire accueillir une vocation. Dès les premiers siècles de l’ère chrétienne, la venue des « barbares » germains, puis scandinaves, à l’occident de l’empire romain a mis ses ressources vitales et spirituelles à l’épreuve pour tenir tête et survivre. Elle a composé plus tard, jusqu’à Charles Martel, avec l’invasion musulmane en France, puis a amplement bénéficié de l’ « âge d’or » d’une présence musulmane éclairée en Espagne. Les siècles suivants furent pétris du meilleur et du pire, comme chaque fois qu’un idéal s’installe dans l’opulence, s’approprie les dons reçus et confond ou intervertit son identité et sa vocation. Le Siècle des Lumières est venu, parfois sournoisement, réveiller la princesse Europe engourdie et corrompue. De remarquables penseurs européens ont constitué l’amorce de la voie prophétique dont cette Europe avait alors besoin. Le moins que l’on puisse en dire est qu’elle en a encore aujourd’hui plus que jamais besoin. Montesquieu (1689-1755) apparaît de
nos jours mériter d’inspirer les présents fondateurs de la nouvelle Europe du
21e siècle. Il a esquissé le profil du citoyen responsable dans
un régime global de démocratie, c’est-à-dire de libre arbitre généralisé. Il a
proclamé la grandeur de la Raison humaine mais, se méfiant de la Raison
solitaire, il a recommandé la constitution de « Corps Intermédiaires ».
Il a célébré la nécessité de Lois, remparts de l’homme contre
l’arbitraire des autorités et des puissances de tous ordres. Enfin il a
proclamé la nécessité du respect de la « Séparation des Pouvoirs »
dans l’État et la société. Et, génialement, il a couronné ces quatre
arcs-piliers, une manière de croisée
d’ogives de la Sagesse, par un cinquième élément, indispensable à ses yeux,
comme une ‘’clé de voûte’’, pour la fiabilité des quatre autres, à savoir la
« Vertu ». Est-ce là vraiment la marque du
génie de Montesquieu ? Disons plus
simplement qu’il a, dans son fameux « Esprit des Lois », traduit avec un réalisme
« éthique » les origines juives d’une partie de ses ascendances, donc
de ses propres fibres intimes. Il les a d’ailleurs exprimées dans d’autres
écrits, notamment dans ceux-ci, qui pourraient inspirer
« l’Esprit » de la future Constitution européenne : Le cœur n’est jamais le
cœur que quand il se donne, parce que ses jouissances sont hors de lui. Rien
n’est plus près de la Providence divine que cette bienveillance générale et
cette capacité d’aimer qui embrasse tous les hommes et rien n’approche plus de l’instinct des bêtes, que ces bornes
que le cœur se donne lorsqu’il n’est touché que par son intérêt propre. Si
quelques Chartreux sont heureux, ce n’est pas parce qu’ils sont tranquilles.
C’est parce que leur âme est mise en mouvement par de grandes vérités. Je n’ai
plus que deux affaires : l’une est de savoir être malade, l’autre de
savoir mourir. Hélas, nous constatons tous les jours l’usage qui est fait, et non fait, dans notre vieille Europe, de ces arcs-piliers de la Sagesse de Montesquieu : Raison, Corps Intermédiaires, Lois, Séparation des Pouvoirs. Et dispensons-nous d’épiloguer sur la présence ou l’absence de cette clé de voûte de la ‘’Vertu’’ dans les rouages de toutes les Institutions existantes et chez le plus grand nombre des citoyens. Fils spirituel de Montesquieu, à une génération de distance, un autre penseur tout aussi remarquable demeure comme un phare sur la route des bâtisseurs de l’Europe pour guider leur démarche. Il s’agit d’Alexis de Tocqueville (1805-1859) , lequel nous a laissé, écrit en 1840, un tableau saisissant, parce qu’étonnamment prophétique, de ce que pour lui risquaient de devenir les systèmes de démocratie qui naissaient alors ici et là, notamment aux Etats-Unis d’Amérique, et avaient toutes chances de couvrir un jour l’Europe, aux dépens des monarchies alors dominantes. En voici quelques extraits : ‘’ Je
veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire
dans le monde. Je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui
tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires
plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun
d’eux retiré à l’écart
est comme étranger à la destinée de tous les autres; ses enfants et ses
amis particuliers forment pour lui toute l’espèce humaine ; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d’eux mais il ne les voit pas ;
il les touche et ne les sent point ; il n’existe qu’en lui-même et pour lui seul et, s’il lui reste
encore une famille, on peut dire
du moins qu’il n’a plus de patrie. Au
dessus de ceux-là s’élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul
d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, détaillé,
régulier, prévoyant et doux. Il
ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de
préparer les hommes à l’âge viril; mais il ne cherche, au contraire, qu’à
les fixer irrévocablement dans
l’enfance; il aime que les citoyens se réjouissent pourvu qu’ils ne songent
qu’à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur, mais il veut en être
l'unique agent et le seul arbitre; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et
assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales
affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs
héritages; que ne peut-il leur
ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ? C’est
ainsi que tous les jours il rend moins utile et plus rare l’emploi du libre
arbitre… L’égalité a préparé les hommes à toutes ces choses, elle les a disposés à les souffrir et souvent même à
les regarder comme un bienfait. Après avoir pris tour à tour dans ses puissantes
mains chaque individu et l’avoir pétri à sa guise, le souverain étend ses bras
sur la société tout entière ; il en
couvre la surface d’un réseau de petites régles compliquées, minutieuses et
uniformes, à travers lesquelles les
esprits les plus originaux et les âmes les plus vigoureuses ne sauraient se
faire jour pour dépasser la foule ; il
ne brise pas les volontés mais il les amollit, les plie et les dirige ; il
force rarement d’agir mais il s’oppose
sans cesse à ce qu’on agisse ;
il ne détruit point, il empêche de naître ; il ne tyrannise point, il
gêne, il comprime, il énerve, il éteint, il réduit enfin chaque nation à n’être plus qu’un troupeau
d’animaux timides et industrieux, dont le gouvernement est le berger. J’ai toujours cru que cette sorte de servitude, réglée, douce et paisible, dont je viens de faire le tableau, pourrait se combiner mieux qu’on ne l’imagine avec quelques unes des formes extérieures de la liberté, et qu’il ne lui serait pas impossible de s’établir à l’ombre même de la souveraineté du peuple ». Que dirait aujourd’hui Tocqueville
s’il revenait contempler ce que sont devenues nos démocraties, qui ont laissé
la Liberté devenir licence, l’Égalité se donner la bonne conscience de
l’égalitarisme et la Fraternité se décharger du souci du prochain sur
l’Etat-Providence … ? Europe, il est encore temps de te réveiller de tes engourdissements de mort. Tu as été choisie par Dieu pour une vocation-mission de civilisation et de promotion humaine, tu as été « Elue » à cet effet pour le bienfait de tous les autres continents et les conduire fraternellement vers les accomplissements des temps de la fin. Tu leur as certes apporté au long des siècles de la technologie, des capitaux, des médecines inconnues, une connaissance du Dieu Un de la Bible, des missionnaires, des médecins, des ingénieurs admirables, etc ... mais aussi que de despotisme, d’égoïsme, de pillages, d’esclavages, de corruptions … ! Europe, le salut, terrestre et autre, de tous ces continents est la condition du tien. Il est encore temps pour toi d’ouvrir tes yeux, ton cœur et d’abord ton intelligence aux échéances proches, imminentes, conséquences des comportements planétaires qui ont été les tiens durant de nombreux siècles. Ne te bâtis pas une Constitution protectrice sur le modèle d’une nouvelle Ligne Maginot politico-économico-administrative. Elle serait aussi illusoire que l’autre du même nom. L’adversaire est déjà passé au-delà … et te prend à revers. Il y a 40 ans le pape Jean XXIII,
dans son Encyclique « Pacem in terris » t’a adressé ses
avertissements et prières, te proposant un chemin de conversion sous forme,
déjà, d’une croisée d’ogives faite de quatre piliers : Vérité – Justice
– Amour – Liberté, lesquels impliquent, avec l’évidence de la
foi, une clé de voûte à leur mesure … Ces quatre piliers représentent
l’Alliance de Dieu et des hommes: Vérité et Amour constituent la grâce
de Dieu depuis l’aube des temps, Justice et Liberté représentent ce que
Dieu attend de l’homme, et ce dont le
judaïsme et le christianisme s’efforcent de témoigner selon leurs traditions et
vocations en une gestation combien douloureuse mais opiniâtre depuis nombre de
siècles. De bons esprits s’appliquent à recommander l’étude des religions dans l’enseignement public en France. Il est bien évident qu’à défaut pour l’homme dès l’enfance de découvrir, à travers ses origines premières, les bases de son identité, il demeure toute sa vie un orphelin, avec toutes les séquelles que nous savons, notamment de ne jamais pouvoir prendre conscience sereinement du sens-vocation de son existence. Comment alors envisager qu’une Constitution Européenne puisse voir le jour sans comporter mention des piliers sur lesquels reposent les civilisations et spiritualités qui ont fait de cette Europe ce qu’elle est. Point n’est besoin de philosopher longuement sur ces piliers pour reconnaître qu’ils ont été faits de matériaux principalement grec, juif, chrétien et musulman, dont la cohabitation sur cette terre européenne n’est pas l’effet des simples hasards de l’histoire. Espérons que les Européens auront
dans leur Constitution le courage, la lucidité et l’honnêteté de se référer à
ces provenances diverses de leur patrimoine commun. Car celui-ci, comme tout
don reçu, constitue non un privilège acquis une fois pour toutes, mais une
dette à acquitter chaque jour au Nom d’une Transcendance exigeante en matière
de justice et d’amour. La conscience de cette
Transcendance, voilà la « clé de voûte » incontournable. C.OE.U.R. Octobre 2003 |
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