|
Chrétiens et juifs, ... des amis ! |
|
Le site de l'association COEUR: Comité OEcuménique d'Unité chrétienne pour la Repentance envers le peuple juif. |
|
Face au Anxiété et solidarité Cet article a été rédigé par l’équipe de rédaction et est paru en 2001 dans le numéro spécial de Yerushalaim n°26 consacré au dixième anniversaire de l’association. Notre
vocation, comme le nom de cette revue, ne laissent guère d’incertitude sur la
façon dont nous considérons ce drame qui divise l’opinion publique
actuellement. Il n’empêche que bien des amis nous ont pressés depuis longtemps
de nous prononcer explicitement à ce
sujet. Si nous
ne l’avons fait jusqu’ici, c’est que notre vocation se situe à laisser plutôt
la parole aux personnes directement impliquées - ce que nous avons fait
notamment dans notre précédent numéro, le n°25 - et à aborder la question
plutôt sous son aspect spirituel que sous son aspect politique, encore que, en
l’espèce, les deux réalités soient intimement liées. Remarquons
d’abord qu’il est bien impossible aujourd’hui de se prononcer sur le sujet sans
libérer des passions, faire naître des contestations violentes, souvent irrationnelles,
… Impossible
aussi de comprendre, au fond même, tous les ressorts d’une situation
inextricable, car il est évident que des éléments importants resteront
longtemps cachés à la foule dont nous sommes: la haute politique ne se fait
qu’à l’abri des regards indiscrets, en particulier loin des foules qui sont
menées ainsi, souvent pour leur malheur … Mais
nous savons aussi que, bien au-dessus des manœuvres humaines, la main du
Tout-Puissant contrôle en réalité toute situation, même si elle apparaît comme
humainement sans solution ! Quatre
mille ans d’histoire Ce n’est pas en reniant l’histoire, quelle qu’elle ait pu
être, que l’on peut essayer de comprendre quelque chose au drame qui se joue.
C’est au contraire en prenant conscience des processus qui ont conduit aux
impasses actuelles et en les confrontant à ce que nous pouvons saisir des plans
de Dieu. Les peuples de ce Moyen Orient portent, d’une façon ou d’une autre,
l’héritage d’Abraham, par qui est venue jusqu’à nous la Révélation du DIEU UN
et unique. Cela fait quatre mille ans que, sur cette Terre d’Israël
et ses environs, l’événementiel est d’ordre spirituel et de portée universelle.
Cela fait quatre mille ans qu’une parole révélée a marqué cette terre à la fois
d’un sceau indélébile et de multiples signes de contradiction. La géographie en
a fait un carrefour de routes, donc aussi un lieu d’affrontement, entre l’Asie,
l’Europe méditerranéenne et l’Afrique, entre l’Orient et l’Occident, entre des
civilisations et cultures difficilement compatibles entre elles, à vues
humaines. Et cette même parole a confié ce petit territoire à un peuple qui
n’existait pas mais qui a été rassemblé à cet effet à partir de descendants
d’Abraham, auxquels ont été ajoutés, n’est-ce pas prophétique, une avant-garde
des nations. Ce qui l’a constitué comme peuple à partir d’un homme,
Abraham, c’est précisément une révélation, assortie de modalités,
développements et contreparties complexes et, parfois même, contradictoires. Cet homme, Abraham, dont le couple est âgé et stérile,
reçoit promesse d’une descendance innombrable. Malgré l’invraisemblance, il le
croit et, pour cela, se trouve ‘’justifié’’ par Dieu (Genèse 15.5-6). Il est un
Araméen nomade, sans domicile fixe et il reçoit la promesse d’une terre pour cette
descendance (Genèse 17.8). Mais avant de la remettre ultérieurement à celle-ci,
Dieu lui précise : « Ce pays est à moi, car vous êtes
chez moi comme étrangers et comme locataires » (Lévitique 25.23). Avant d’en prendre possession, sa descendance
devra être exilée et réduite en servitude durant quatre cents ans (Genèse
15.13), afin de connaître par expérience ce que peut souffrir un immigré sur
une terre étrangère, et ainsi, de veiller à en tirer les conséquences.
(Deutéronome 10.19) Enfin, ce qui est encore plus paradoxal, ce peuple, objet
d’une élection unique et de promesses qui le distinguent à jamais de toutes les
nations de la terre, est informé, dès la conclusion de son alliance avec
l’Eternel, … « .. que
toutes les familles de la terre seront bénies (se béniront) dans cette même
descendance d’Abraham… » (Genèse 22. 18) Comment s’étonner dans ces conditions que, depuis quatre
mille ans ans, l’histoire de ce peuple hors du commun soit aussi originale,
incompréhensible, irréductible à toute analyse ou prévision rationnelles ?
Même à ses propres yeux, l’enchaînement des bénédictions comme des épreuves
dont est jalonnée sa vie, demeure un mystère. Tous les peuples d’alentour qui
ont prétendu en déchiffrer les significations et perspectives, ont accumulé
durant des siècles les erreurs, les illusions, et souvent les crimes. Aujourd’hui, après deux mille ans d’exil en diaspora,
Israël vient de retrouver sa terre et connaît depuis une génération la
difficulté d’être une nation, c’est-à-dire de gérer un pays et sa population,
donc d’assumer les impératifs concrets et humains d’une nation parmi toutes les
autres qui peuplent cette planète. Mais, il s’y ajoute, ce qui ne simplifie pas les choses,
la mission qui lui demeure depuis l’origine de son Election-Alliance, d’être
une nation « sainte »: ceci ne signifie pas, comme on le croit
souvent, qu’elle soit meilleure que les autres, mais qu’elle est « mise à
part », différente de toutes ces autres, pour sanctifier le Nom de
l’Eternel, et en témoigner à la face de l’humanité entière… Une nation au même
titre que toutes les autres, mais différente de toutes ces autres … Est-il téméraire d’affirmer que sa vie, sa survie, ne peut
qu’être essentiellement le fruit d’une Providence quotidienne, au-delà même de
la compétence-intelligence de ses chefs ? Est-il nécessaire de préciser que cette vocation est bien
rarement considérée lucidement par ceux qui en héritent ? Redoutable perspective, en vérité ! A l’origine de la Charte d’Alliance, l’Éternel a précisé à
son peuple, pour le jour où il sera établi sur la terre promise à Abraham et à
sa descendance : « Prends
garde que ton cœur ne s’enfle et que tu n’oublies l’Éternel, ton Dieu, qui t’a
fait sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude … Garde-toi de dire en
ton cœur : « Ma force et la puissance de ma main m’ont acquis ces
richesses ». Souviens-toi de l’Éternel, ton Dieu, car c’est lui qui te
donnera la force pour les acquérir, afin de confirmer, comme il le fait
aujourd’hui, son alliance qu’il a jurée à tes pères. » (Deutéronome 8. 14-17) Le
dernier millénaire Nous
avons tous besoin, pour nous situer sur cette terre et dans notre époque, de
prendre conscience de nos antériorités de toutes sortes. De même, pour ce qui
concerne le conflit de Terre Sainte, nous avons tous besoin, chrétiens ou non,
de nous rafraîchir la mémoire, et de remonter le cours des siècles. On
s’épargnerait alors beaucoup ‘’d’à peu près’’, pour ne pas dire d’ignorance et
d’injustices, dans les jugements que nous portons sur les événements
contemporains. Il nous
est apparu que l’un des meilleurs aide-mémoire récents, à cet égard, est le
livre de Marek Halter intitulé
« La Mémoire d’Abraham ». (Ed.Robert Laffont 1983). L’auteur nous y
brosse d’une manière passionnante un panorama de ce qu’a été la vie des juifs
en pays chrétiens, durant les dix-neuf siècles après leur grande diaspora de
l’an 70, résultant de la prise de Jérusalem et de la destruction du Temple par
les armées de Titus. On y
découvre que, depuis lors, les phases de relations pacifiques entre Juifs et
Chrétiens ont alterné avec d’autres périodes, hélas bien plus nombreuses, où
les Juifs ont eu à subir de la part des populations et autorités
« chrétiennes » des traitements ignominieux: sévices, humiliations,
spoliations, expulsions, pogroms et massacres aveugles, et, plus indéfendables
encore si l’on peut dire, conversions forcées sous peine de mort, interminables
procès d’Inquisition et condamnations au bûcher, et ce, jusque dans la seconde
moitié du XVIIIème.siècle. Tout,
semble-t-il, a été fait pour anéantir leur identité ! Durant
ces siècles, les Juifs, simplement parce qu’ils étaient juifs, ont dû, à tout
moment, fuir de pays en pays, à la recherche d’un asile de paix, toujours dans
l’incertitude du lendemain, sans autre perspective que l’exaltant soupir,
constamment répété: « L’an prochain à Jérusalem ! ». Il suffisait d’une épidémie en Occident,
d’un meurtre inexpliqué ici ou là, pour que les Juifs soient accusés des pires
crimes, empoisonnement de puits, sacrifices rituels humains, etc…, sans qu’il
leur soit possible de se défendre. Parfois, lors d’une crise économique ou
financière, le pillage du quartier juif et l’expulsion, parfois l’assassinat,
de ses occupants, fournissaient l’occasion de renflouer les caisses du
souverain local ... Parmi les humiliations et brimades imposées aux Juifs en
Occident chrétien, comme d’ailleurs en pays d’Islam, figurent leur enfermement
dans des ghettos, ou l’interdiction de posséder des terres, ou d’être fonctionnaires,
ou soldats, ou médecins, ou de fréquenter les universités... On s’efforça de
les cantonner dans des activités jugées méprisables et ils furent alors
cordonniers, bouchers, colporteurs,
exercèrent des métiers d’argent, ce qui les firent donc mépriser, mais on
n’était pas à une contradiction près … C’était le « fait du prince »
! Et
c’étaient des motifs religieux qui se trouvaient à l’origine de ces pratiques:
la source en était l’antijudaïsme qui, dès le deuxième siècle de Chrétienté, a
constitué le terreau sur lequel ont germé les formulations de la foi chrétienne
et de son enseignement. Celles-ci ont pris corps dans un environnement culturel
où régnaient les doctrines pernicieuses, et hérétiques selon lesquelles ce
« peuple déicide » était poursuivi par la malédiction de Dieu, qu’il
était rejeté vis-à-vis de l’élection, et que lui était substitué l’Église comme
seule bénéficiaire désormais de l’Élection, donc de la faveur divine ! Cet
enseignement de la haine et du mépris des Juifs était à la fois injustifiable
du point de vue de la vérité historique visant les responsabilités de la mort
du Christ, et totalement contraire à la substantifique moelle du Nouveau
Testament. Il eut pourtant des conséquences pratiques, des fruits logiques et aberrants. Par exemple,
au départ de la première croisade (1096) destinée à aller libérer les
« lieux saints » des mains des « infidèles », les premiers
qui furent reconnus comme tels, furent les juifs d’Allemagne rhénane: pourtant
bien éloigné des « lieux saints », ils furent massacrés par dizaines
de milliers, avant ceux qui furent tués à l’arrivée des « croisés » à
Jérusalem ! Parmi
les autres massacres en masse les plus célèbres, on peut rappeler ceux d’Aragon
et de Castille en 1391, de Francfort en 1614, de Pologne de 1648 à 1658,
d’Alger en 1904, de Casablanca en 1907, de Kichinev (Russie) en 1903 et 1905.
Ils furent également nombreux à diverses époques en France, bien que moindres
par la quantité de victimes. Citons encore l’habitude prise dans nombre de
villes du Moyen Age, par certaines autorités d’Église, de traîner le Vendredi
Saint sur le parvis de la cathédrale un notable juif et de le souffleter en
public en rétorsion du meurtre du Christ. La lecture du livre de Marek Halter conduit le lecteur à
une connaissance de cet aspect de l’histoire de l’Occident qui ne lui a été
enseigné ni à l’école ni, jusqu’à une époque récente, dans les églises. Or,
cette connaissance fait partie de la culture du peuple juif, culture basée sur
la mémoire. Il est donc impossible, aujourd’hui, d’ignorer cette histoire si
l’on veut pénétrer quelque peu la psychologie juive, la foi juive,
l’opiniâtreté juive à retrouver sa terre et à y vivre en sécurité, après tant
de siècles de souffrance, d’humiliation et d’angoisse vitale quasi-permanentes. Quel être humain, quel animal même, élevé dans ses jeunes
années en un tel état de traumatisme psychique et de solitude, pourrait ensuite
devenir autre chose qu’une bête fauve ?
Nos prisons ne sont-elles pas pleines de pauvres créatures ainsi
blessées à jamais jusqu’au fond de l’âme et, de ce fait, à vues humaines,
difficilement récupérables ? Mais ce ne fut pas le cas en général pour ce peuple:
l’étonnant en effet est qu’en dépit des nombreuses oppositions qu’il a
rencontrées au cours des siècles, il soit demeuré fidèle à lui-même, à sa foi,
à son génie propre, se redressant obstinément après chaque persécution, ce qui,
d’ailleurs, suscita souvent un surcroît d’animosité et de jalousie, car cette
opiniâtreté à vivre malgré tout était considérée comme un entêtement
insupportable, une manière de provocation ! Plus
étonnant encore: les brimades dont il a été l’objet ont contribué, non à
l’amollir, mais à affermir son
caractère, à développer son imagination créatrice et adaptatrice. L’enfermement
dans les ghettos l’a conduit à se créer une civilisation particulière fondée
sur une relative autonomie sociale, religieuse, culturelle, artistique,
politique même. Les ghettos possédaient leur gouvernement élu, leur
administration, leurs impôts, leur synagogue, leurs écoles, leurs tribunaux,
leurs services d’entraide, leurs organisations et syndicats professionnels,
bref des prototypes de ce que nos sociétés ont eu bien du mal à mettre en place
beaucoup plus tard, et que nous rassemblons sous l’appellation de
« services publics », « services sociaux », etc... Aliéné
par l’environnement extérieur, les juifs ont généré, durant des siècles, les
voies d’une désaliénation en vase clos ! Comment
ne pas voir en tout cela la manifestation persévérante d’une Providence
soucieuse de maintenir vivantes les braises de la spécificité du Peuple Élu,
entretenues au long des générations par les indéracinables foi et espérance
juives qu’illustrait la prière : « L’an prochain à Jérusalem
! » Eh bien, c’est fait, la fiction a fait
place à la réalité : la nation juive est ressuscitée, elle a retrouvé sa
terre et sa ville, Jérusalem ! Et là, elle n’a eu qu’à puiser dans les usages
et institutions de ses ghettos de jadis, pour établir, grandeur nature, un État moderne pourvu de tous les attributs d’un pays
moderne. Ce Peuple d’Israël, né de nouveau depuis moins d’une génération sur la
Terre qui avait été confiée à ses ancêtres, a été d’emblée dans la ligne de ce
que l’on peut attendre d’un pays civilisé. Bien plus, de toutes les nations qui vivent
dans cette région, c’est la seule qui ait établi chez elle un régime
démocratique, avec liberté de parti, d’opinion et d’expression, où règne un
« état de droit ». C’est la seule où toutes les religions, à côté de
celle qui est majoritaire, peuvent être pratiquées ouvertement, la seule même
où les universités dispensent aux jeunes des cours sur ces ‘’autres’’
religions. Cet état a donné à tout homme, quelles que soient sa race, sa
nationalité, sa religion, libre accès aux lieux saints dont il a la garde. Sur
quelle base les pays proches peuvent-ils être en situation de prétendre que le
voisinage de celui-ci est indésirable ? Le dernier siècle Pour que
ce miracle d’une alyah nationale puisse enfin intervenir par la voie d’une
décision libératrice de l’ONU en 1947, il a encore fallu de nouvelles épreuves
et le paroxysme d’horreur de la Shoah: il a fallu cette catastrophe indicible
pour ouvrir enfin les yeux et redresser la conscience dévoyée des Nations. Ce
sont donc les Nations Unies qui décidèrent enfin d’accorder l’existence
officielle à la nation d’Israël. D’accorder, disons-nous, mais ce fut avec bien
des difficultés illustrées par un vote extrêmement disputé: on pourrait dire
que ce ne fut qu’une concession âprement arrachée, et pour un pays tellement
mal découpé que l’on préparait déjà les conflits qui suivirent et qui durent
encore. Lorsque l’on circule en car ou en voiture dans ce pays, on
traverse des étendues apparemment vides. Il y a encore beaucoup de place. En
septembre 1990, au guide juif qui accompagnait le groupe C.Œ.U.R., nous en
avons fait la remarque et lui avons dit: « Vous êtes actuellement moins
de cinq millions, nous avons
l’impression qu’il y a de la place pour sept millions au moins.
Pas seulement pour sept, nous répondit-il, mais pour quinze millions ! »
La population totale, arabe et juive, aujourd’hui est de l’ordre de 6 millions.
Et que dire de toute l’étendue presque vide dans les pays voisins ! Mais les hommes veulent s’agglutiner sur des
emplacements bien limités. De plus, sur le plan de la stratégie, il est vrai que ce
pays est vraiment très petit et qu’il n’y a, dans l’hypothèse d’opérations
militaires, aucune marge de recul ou de manœuvre. De la frontière libanaise à
Jérusalem, il y a 140 Km. De la bordure ouest de la Cisjordanie à Tel-Aviv, il y en a 25 ! C’est à dire
entre cinquante et cent secondes pour un avion militaire actuel ! La frontière entre l’État israélien et
l’éventuel futur État palestinien passe par Jérusalem. Militairement parlant,
c’est indéfendable. Et c’est précisément ce qui fournit des arguments aux deux
tendances qui s’opposent dans l’opinion publique israélienne : les
« colombes » disent : « puisque, de toutes façons, c’est
indéfendable, il faut partager le territoire et établir la paix, sinon nous
sommes perdus à terme ». Et les « faucons »
répondent : « Déjà nous n’avons pas assez de terrain. Si en plus
nous en cédons si peu que ce soit, c’est un suicide immédiat ». Bien
sûr, cette question ne serait pas fondamentale si la région était marquée par
un climat de paix et de confiance. Mais, dès avant la décision de l’O.N.U.,
personne ne pouvait ignorer que la situation était déjà extrêmement tendue. Le
blocage actuel n’est que l’aboutissement d’une longue chaîne de blocages
successifs dans l’histoire contemporaine que nous rappellerons ici brièvement. A la fin du 19ème siècle et
jusqu’après la guerre de 14-18, est né le Sionisme, à l’initiative de Léon
Pinsker (d’Odessa), puis surtout de Théodore Herzl, journaliste juif autrichien
agnostique, qui avait été impressionné par les pogroms où avaient été massacrés
des milliers de Juifs en Russie et Pologne, et par l’affaire Dreyfus qui divisa
profondément la France. Herzl pensa qu’il fallait trouver une solution définitive
en mettant les Juifs à l’abri des persécutions et il commença à étudier des
projets de « foyer national juif ». Un premier projet de foyer
national en Afrique fut violemment repoussé par les instances juives qui
n’acceptaient aucune autre solution que celle de la terre qui leur avait
appartenu jadis. Assez rapidement démarra alors une lente immigration de juifs
venant d’Europe de l’Est: en 1900 il devait y avoir environ 30.000 juifs en
« Palestine » sur ses 500.000 habitants. C’était peu, pas toujours pacifique,
mais pas gravement conflictuel, car ces juifs s’installaient dans des Kibboutz
situés surtout dans le nord, en Galilée qui était alors assez peu peuplée, et
la puissance occupante turque n’y voyait pas d’objection: ils apportaient en
effet une force appréciable au pays. A partir de 1918, l’émigration s’est un peu
accélérée. Car, pendant la « grande guerre », un accord secret avait
été conclu entre les Britanniques présents en Égypte et les représentants des Juifs de Palestine
pour que ceux-ci cherchent à influencer les Juifs américains pour qu’ils
décident leur gouvernement à entrer en guerre contre l’Allemagne et son alliée
la Turquie, et que, de leur côté, les Juifs de Palestine luttent contre la
tutelle turque pour s’en affranchir. A Noël 1917, le général britannique
Allenby chassa les Turcs de Jérusalem et, en 1918, le Juif Weizmann, président
du Comité exécutif des Juifs de Palestine, installa son quartier général à Tel
Aviv. C’est ce même Weizmann qui, lors du Traité
de paix de 1919, signa avec le roi Fayçal qui régnait sur la Jordanie et une
partie de l’Arabie, un traité donnant aux Juifs la souveraineté sur un
territoire dont l’étendue exacte fut précisée ensuite et englobait la
Cisjordanie (Judée-Samarie) et certaines zones de Jordanie. Ce même Traité de Paix de 1919 confiait aux
Britanniques le protectorat de toute la région et la SDN (Société des Nations,
ancêtre de l’actuelle ONU), créée en 1922, ratifia ce protectorat (comme celui
de la France sur la Syrie et le Liban), prit acte du Traité Fayçal-Weizmann et
permit la création d’une « Agence Juive » pour faciliter de nouvelles
immigrations de Juifs en Palestine. Et des conversations eurent lieu à l’époque
entre autorités Juives et Arabes de Palestine pour une association des deux communautés
en vue de la mise en valeur du pays. Une chance immense était ainsi ouverte
pour la prospérité dans la paix. Mais, bientôt, des pressions extérieures
arabes interdirent aux Arabes palestiniens de conclure. Et la situation se
durcit ! Entre 1922 et 1930, quelques quatre cent
mille Juifs arrivèrent surtout de Pologne, soulevant des protestations arabes
locales et des pays arabes voisins; c’était certes beaucoup, mais encore
modeste, vu la capacité d’absorption du pays. L’administration turque, pendant
des siècles, avait laissé le pays inculte, aride, exsangue; les immigrants
commençaient une mise en valeur du pays, mise en valeur jusque là pratiquement
inexistante. Les Arabes se plaignaient de ce flux
d’arrivée juive sans contrôle effectif de qui que ce soit, car le contrôle
britannique n’était alors que théorique et en tout état de cause le Traité de
Paris de 1919, puis la SDN avaient autorisé une telle immigration juive. Mais, si aucune autorité politique locale
n’était en place et en mesure de réglementer ce mouvement, c’est bien aux
puissances arabes qu’en incombait en premier la responsabilité : du fait de
leur opposition de principe, les accords esquissés pour en réglementer
l’exercice n’avaient jamais vu le jour. On était devant un vide juridique
international: les Juifs pénétraient grâce à ce vide, et les Arabes manquaient
ainsi ce premier train d’harmonisation et de paix que leur offrait l’histoire. Entre 1930 et 1939, la montée du nazisme en
Europe a effrayé à juste titre beaucoup de Juifs d’Allemagne et de l’Est
Européen. Le flux d’immigration s’est donc poursuivi. Il a même pris l’allure
d’un torrent après la deuxième guerre mondiale à la suite du génocide nazi. Et
devant l’horreur des camps de la mort où étaient partis en fumée 6 millions
d’hommes, femmes et enfants juifs, les Nations Unies ont voté le 29 novembre
1947 le principe d’un partage de la Palestine en deux États, un état juif avec
56,47 % du territoire (comptant 498.000 juifs et 325.000 arabes) et un état
arabe avec 43,53 % du territoire (comptant 807.000 arabes et 10.000 juifs). Il
s’agissait d’une sorte de fédération entre ces deux États jumeaux, avec union
économique, union douanière, administration commune des grands services
publics, utilisation commune des ressources en eau pour l’approvisionnement des
villes, l’irrigation, et l’accès aux sources d’énergie. L’accord était
équilibré et raisonnable. La France avait voté ce projet à l’ONU.Mais les pays
arabes de la région ne cachèrent pas leur hostilité à ce partage. Les choses
sont restées pourtant en l’état pendant près d’un an, tant que subsistait le
protectorat britannique. En 1948, le mandat britannique prenait fin. Le 14
mai, Ben Gourion, président du Comité Exécutif Juif, proclama l’indépendance de
l’État d’Israël. Au cours de l’été de 1948, les Britanniques commencèrent le
rembarquement de leurs troupes, l’ONU ayant voté la fin du mandat de
protectorat anglais. Le 30 Novembre 1948, les Puissances arabes confirmèrent
qu’elles s’opposeraient par la force à l’établissement d’un État Juif. Le
lendemain du départ du dernier soldat anglais, ces pays attaquèrent le tout
nouvel état d’Israël pourtant reconnu par l’ONU, et celle-ci, bafouée, laissa
les Juifs faire face seuls, sans structure d’état, et sans armée constituée. Le
déséquilibre était énorme. Les troupes arabes conseillèrent aux Palestiniens
arabes de quitter provisoirement le pays, leur promettant le retour après la
victoire qui ne pouvait être que totale et prochaine. Des menaces pesèrent même
sur ceux qui ne le feraient pas: entre trois cent cinquante mille et quatre
cent mille d’entre eux suivirent ces consignes dans un exode souvent résigné.
Mais, contrairement à leurs espoirs, les troupes arabes furent finalement
refoulées; les populations qui les avaient écoutées restèrent loin de leurs
terres et devinrent des « réfugiés » dont le sort est encore
maintenant en question. (1) Dans l’ardeur des combats, des forces
armées juives, à peine constituées ajoutèrent d’inadmissibles violences contre
des villes et villages pour inciter des arabes hésitants à quitter également le
pays: des villages arabes furent rasés au bulldozer pour faire de la place aux
colons juifs qui arrivaient. C’est malheureusement vrai, et c’est navrant. Mais les Juifs immigrants disaient :
« Nous sommes 500.000 à avoir été chassés des pays arabes d’Afrique du
Nord, du Proche Orient, et nous avons tout perdu. Il est juste qu’en
revenant ici sur cette terre qui nous appartient depuis plus de 3000 ans, nous
recevions compensation. Que les pays arabes accueillent les Palestiniens et
les indemnisent avec les biens qu’ils
nous ont pris ailleurs… ! » Bien sûr, quand on est lecteur de la
Bible et citoyen d’un État de droit, on ne peut bâtir sur de telles bases un
règlement amiable et bien des Juifs israéliens refusent actuellement un tel
raisonnement. Mais nous, Français, citoyens d’un pays
membre du Conseil de Sécurité de l’ONU, et qui a laissé s’accomplir cette
violation des décisions de l’ONU par les puissances arabes, sans doute par
crainte d’un chantage pétrolier, nous ne sommes guère en position de pouvoir
faire honte à qui que ce soit. Nous ne pouvons que constater que les
Arabes ont une deuxième fois raté le train de l’histoire et que les
Palestiniens, objets de promesses chimériques, sont les grands perdants et les
grandes victimes de ce jeu de ‘’poker menteur’’ politique. Leurs perspectives se sont encore
assombries quand, dans les années ‘’80’’, une troisième et double vague
d’immigration juive, venant cette fois de la Russie soviétique, puis
post-soviétique, a encore amené dans le pays plus de 500.000 immigrants
d’ethnie plus ou moins juive, le plus souvent sans attache profonde avec le
Judaïsme. Beaucoup comptent bien se créer sur place une patrie sûre, de gré ou
de force, et sont peu disposés aux concessions. Voilà une sorte de troisième
train, défilant sous le nez des malheureux Palestiniens: leurs responsables
avaient refusé de monter dans les précédents, alors qu’il était encore temps de
le faire, et dans des conditions acceptables. De stade en stade, les atouts
dont ils disposent dans une hypothétique négociation se sont dégradés. L’atout
des jets de pierre et de la haine enseignée à l’école est désespéré. Ne leur
reste maintenant que l’hypothèse suicidaire d’une guerre qui ne peut mener à
rien, qu’à semer la mort et la désolation dans toute la région. Et les Nations Occidentales se contentent
de discours où prévaut la « langue de bois », avec une grande lâcheté
et une immense hypocrisie, sans pour autant faire quoique ce soit pour bâtir
une solution réaliste et équitable du problème;.Même les promesses d’aide
financière, quelque dérisoire que puisse être cet aspect des choses, ne sont
pas beaucoup suivies d’effet ... Une question essentielle
Quelles que soient les arguments présentés
de part et d’autre, il nous paraît nécessaire de poser la question de base qui
est celle de la présence juive sur cette terre. Déjà, en 1973, les évêques de
France la posaient dans des termes qui ne laissaient guère d’incertitude sur la
réponse qu’ils donnaient: « Il est actuellement plus que jamais
difficile de porter un jugement théologique serein sur le mouvement de retour
du peuple juif sur sa terre. En face de celui-ci, nous ne pouvons tout d’abord
oublier, en tant que chrétiens, le don fait jadis par Dieu au peuple d’Israël
d’une terre sur laquelle il a été appelé à se réunir (cf. Genèse 12: 7 – Genèse
26: 3-4 - Isaïe 43: 5-7) C’est une question essentielle, devant laquelle se
trouvent placés les chrétiens comme les juifs, de savoir si ce rassemblement
des dispersés du peuple juif, qui s’est opéré sous la contrainte des
persécutions et par le jeu des forces politiques , sera finalement ou non,
malgré tant de drames, une des voies de la justice de Dieu pour le peuple juif
et, en même temps que pour lui, pour tous les peuples de la terre. » Plus tard, le pape Jean-Paul II eut des
affirmations encore plus nettes: « A l’origine de ce petit peuple situé
entre de grands empires de religion païenne qui l’emportent sur lui par l’éclat
de leur culture, il y a le fait de l’élection divine. Ce peuple est convoqué et
conduit par Dieu, créateur du ciel et de la terre. Son existence n’est donc pas
un pur fait de nature ou de culture, au sens où par la culture l’homme déploie
les ressources de sa propre nature. Elle est un fait surnaturel. Ce peuple
persévère envers et contre tout du fait qu’il est le peuple de l’Alliance et
que, malgré les infidélités des hommes, le Seigneur est fidèle à son Alliance.
Ignorer cette donnée première, c’est s’engager sur la voie d’un marcionisme
contre lequel l’Église avait réagi aussitôt avec vigueur, dans la conscience de
son lien vital avec l’Ancien Testament, sans lequel le Nouveau Testament
lui-même est vidé de son sens. Les Écritures sont inséparables du peuple
et de son histoire… C’est pourquoi ceux qui considèrent le fait que Jésus fut
juif et que son milieu était le monde juif, comme de simples faits culturels
contingents, … non seulement
méconnaissent le sens de l’histoire du salut, mais plus radicalement s’en
prennent à la vérité elle-même de l’incarnation et rendent impossible une
conception authentique de l’inculturation. » En affirmant que le retour et
l’établissement du peuple juif sur sa terre, la terre d’Israël, s’inscrit dans
l’accomplissement du dessein de Dieu, nous savons bien que nous allons susciter
la critique de nombreux cercles dans nos pays et dans nos églises. Même si nous
ajoutons que cela ne justifie évidemment pas tout ce qui se fait dans ce cadre:
les hommes ne sont pas toujours à la hauteur du dessein de Dieu ( mais qui
pourrait le premier jeter la pierre ? ). C’est notre conviction ! Mais de plus, la propagande reste une arme
redoutable: n’entend-on pas des voix pour mettre en doute, voir même nier
l’histoire du peuple juif rapportée par la Bible. ? C’est ainsi en effet
qu’apparaît une nouvelle forme subtile et sournoise de négationnisme, se mêlant
discrètement aux différentes formes de contre-information utilisées. Les médias
occidentaux, français en particulier, sont souvent d’une grande partialité: si l’antisémitisme
religieux a commencé à reculer quelque peu, l’antisémitisme culturel demeure
pratiquement inentamé. Il nous faut donc braver certains risques pour dénoncer
des contre-vérités diffusées largement et peu à peu acceptées, tellement elles
sont assénées sans sourciller. Nous en donnerons ci-dessous quelques
exemples. Quelques contre-vérités …
1/ Les Israéliens ont pris aux Arabes les
meilleures terres. C’est à la fois vrai au niveau des
conséquences et faux au niveau des causes. Les premières vagues d’immigration juive se
sont installées en Galilée, où il y avait peu de cultures, non par la force,
comme on le croit, mais au prix d’un travail colossal. Elle s’est implantée en
effet dans la plaine côtière qui était inoccupée, parce que marécageuse et
infestée par la malaria diffusée par les moustiques. Les Palestiniens
habitaient essentiellement sur les collines où leurs troupeaux de moutons
détruisaient peu à peu la végétation, les forêts et l’humus de la terre, que
les pluies emmenaient dans la plaine. Pour des sommes modestes, les immigrants
juifs ont acheté aux chefs de villages implantés sur les collines, ces terres
de la plaine qui étaient inutilisées . En quelques années, ils ont creusé des
canaux de drainage pour évacuer l’eau vers la Méditerranée. Puis ils ont
importé d’Australie deux cent millions d’eucalyptus, qu’ils ont plantés dans
cette plaine. Mais les arbres ont pompé l’eau du sol, humidifié l’atmosphère et
l’odeur spécifique de l’eucalyptus, dont les moustiques ont horreur, a chassé
la malaria. Rapidement, cette plaine côtière est devenue le siège d’une
agriculture prospère. Elle fournit légumes, fruits, agrumes en abondance. Ce travail colossal coûta la vie à de
nombreux immigrants qui furent victime notamment de la malaria et n’a pu se
réaliser qu’au prix d’un investissement important consenti par des Juifs du
monde entier. Mais auparavant, personne d’autre n’avait pensé à payer de son
argent et même de sa vie, pour mettre en valeur cette terre. Les Juifs ne
l’ont-ils pas payée au prix fort ? Les Palestiniens ont contemplé cette
métamorphose du haut de leurs collines. Ils ont, bien sûr, bénéficié grandement
de ces améliorations du pays; pourtant, ils gardent l’impression d’avoir été
trompés. Ils ont été victimes, certes, mais de qui et de quoi ? 2/ Les
Israéliens refusent toujours les propositions de paix. On affirme parfois que les propositions de
négociation venant des Autorités Palestiniennes essuient un refus de la part du
Gouvernement Israélien ? Les médias se contentent parfois de
présenter la situation comme s’il y avait un peuple palestinien ne désirant que
vivre en paix chez lui, et qui serait opprimé par l’armée d’Israël. Mais cette
vision des choses commence singulièrement à s’effriter: Certains israéliens
songent peut-être au « grand Israël », mais ce n’est qu’une petite
minorité ! Tandis que bien des groupes de pression bien implantés chez les
Palestiniens ne cachent plus que leur revendication est de récupérer la
Palestine du Jourdain à la Méditerranée, ce qui impliquerait la suppression
totale de l’État d’Israël. La « Charte » de l’O.L.P. qui contient
cette revendication est toujours en vigueur. La formule d’Élie Barnavi, ambassadeur d’Israël à Paris nous
semble claire dans son caractère lapidaire: « Aussi bien, qu'Israël
s'accroche aux colonies de peuplement ou qu'il y renonce, qu'il se retire de
tous les territoires ou non, peu importe : ils annoncent que leur
"combat" se poursuivra jusqu'à ce que le dernier juif de Palestine
ait pris le chemin de l'exil ou se soit noyé dans la Méditerranée. Pis, comme
on l'a constaté au milieu des années 1990, plus l'espoir d'une paix prochaine
se précise, et plus ce type d'attentats (il écrit cela après le dernier
attentat de la discothèque de Tel-Aviv) se multiplie. Le vrai ennemi des
islamistes, c'est la paix.! » Quel prix a la paix actuellement, de part
et d’autre ? 3/ La
honte des camps de réfugiés. On dit que la situation des Palestiniens,
qui sont depuis un demi-siècle parqués dans des camps de réfugiés, est une
honte. Il est très vrai que l’on a peine à mesurer l’immensité de la misère et
de la souffrance de cette population entassée dans des territoires exigus, à
Gaza par exemple. C’est donc mille fois vrai, mais cette
honte est partagée. D’abord : · par
les Autorités Palestiniennes qui ont toujours déclaré traître à la cause, tout
Palestinien des camps qui voulait s’expatrier, voir se loger ailleurs en
Israël. Il fallait rester dans les camps pour faire pression afin d’obtenir le
« droit au retour » ! · par
les pays arabes de la région qui n’en ont accueilli qu’un petit nombre, et
souvent eux-mêmes dans des ‘’camps’’
semblables, non pas intégrés dans leur population. · par
les pays arabes pétroliers qui investissent leurs milliards de dollars aux USA,
et dans le monde entier, sans en consacrer à développer les futurs territoires
Palestiniens: Mieux vaut que ceux-ci restent dans la misère afin de constituer
une arme contre Israël ! · par
les pays occidentaux qui n’ont pas consentis l’équivalent d’un ‘’Plan Marshal’’
de développement à ces territoires palestiniens pour commencer à les sortir de
leur sous-développement. Même les promesses solennelles de financement
s’enlisent dans les méandres de l’Administration de Bruxelles ! Nous,
français, et nous, européens, n’avons pas à être fiers de notre immobilisme.
Aussi bien, qu'Israël s'accroche aux colonies de peuplement ou qu'il y renonce,
qu'il se retire de tous les territoires ou non, peu importe : le
"combat" se poursuivra jusqu'à ce que le dernier juif de Palestine
ait pris le chemin de l'exil ou se soit noyé dans la Méditerranée. Pas étonnant alors que
le désespoir s’installe à Gaza et à Hébron, avec son cortège d’actes violents:
ils ont l’impression de n’avoir plus rien à perdre ! 4/ L’accès aux « lieux saints ». Le problème de Jérusalem et celui des Lieux
Saints est lui-même l’objet d’une grande désinformation. Des générations
récentes de musulmans ont été enseignées dans l’idée que les Juifs avaient été
introduits en Palestine par les Occidentaux un peu après la guerre de 1914-18
et beaucoup après celle de 1939-45 : auparavant, ils n’y avaient jamais
mis les pieds, leur enseigne-t-on !. Selon ce scénario, la Bible n’est
qu’une fiction écrite par ces Occidentaux pour justifier la spoliation et
l’humiliation des arabes. C’est le négationnisme que nous évoquions un peu plus
haut. Ceci rejoint ce que l’ Autorité Palestinienne fait enseigner aux jeunes
des écoles depuis des années pour stimuler le fanatisme antijuif, d’où il
résulte que, dans les psychologies palestiniennes, il n’y a nulle place pour un
quelconque partage du territoire. L’objectif ne peut être que la « Grande
Palestine », du Jourdain à la Méditerranée. Dire que
Jérusalem, est Ville Sainte pour les trois monothéismes issus d’Abraham, ne
veut pas dire que les droits historiques de chacun de ceux-ci sur cette ville
soient égaux et interchangeables. L’histoire est ce qu’elle est: David, roi
d’Israël, a une antériorité de droits de 1000 ans sur le Christianisme et de
1600 ans sur l’Islam ! Quant à
l’affirmation de Jérusalem Ville Sainte de l’Islam, elle n’est contestée par
personne. Mais en revendiquer la propriété est tout autre chose. Le nom de
Jérusalem est absent du Coran. Lorsque l’Islam eut conquis la Palestine,
Jérusalem fut jugée sans importance et la capitale choisie fut Ramlah distante
de 30 km. L’Islam ne redécouvrit Jérusalem que 50 ans après la mort de
Mohammed, en raison d’une révolte de l’émir de la Mecque contre son souverain
résidant à Damas. Ce dernier, à la recherche d’une ville de pèlerinage pour ses
sujets, se rabattit sur Jérusalem. La
revendication de « libre accès aux lieux saints » recouvre aussi une
grande hypocrisie : ce sont les Juifs qui en étaient auparavant privés
pendant longtemps, mais qui l’ont offert, garanti et maintenu dès qu’il ont
eux-mêmes recouvré la possibilité d’y revenir, et cela, depuis 1967. Mais, au
sujet des lieux saints, ne faut-il pas aussi méditer l’étude du rabbin Daniel
Epstein, parue dans notre numéro 25 ? —————————————————————————– Nous
avons rappelé ici quelques faits que l’on oublie vite. Il est bien utile, en
tous cas, de rester très vigilants à l’égard des informations qui nous sont
données: le Troisième Reich avait développé l’arme de la propagande comme
jamais auparavant et, depuis lors, les perfectionnements multiples ont été
encore apportés à cette arme diabolique: la vérité n’est pas un critère
primordial pour tous les informateurs ... Dossier préparé par J.Putois et H.Lefebvre Janvier
à Juin 2001 Mais alors, quelle issue ? Nous pouvons observer que, dans certaines parties du monde, des
conflits perdurent continuellement, décennies après décennies, siècles après
siècles, et personne ne sait comment apaiser les tensions, les rancunes, les
haines entre communautés humaines toutes proches. Les efforts des hommes, des
gouvernants, des peuples voisins, parviennent ainsi parfois à calmer les
rapports. Puis, à l’occasion d’un événement quelconque, ou de difficultés
économiques difficiles, on voit les haines se raviver, et la situation à nouveau
déséquilibrée évolue alors en conflit. La région du Moyen-Orient est l’une de ces « poudrières »,
au même titre que l’Irlande, ou les Balkans, et bien d’autres lieux en Asie,
par exemple ... On ne peut qu’être pris d’un malaise profond à la vue de ces
drames, suscités par des minorités de responsables politiques, jouant souvent
sur les instincts les moins nobles des peuples qu’ils contrôlent pour les
entraîner dans leur malheur, à la recherche d’une gloire forcément éphémère. Notre malaise augmente lorsque, pour mieux obtenir l’acquiescement
indispensable du plus grand nombre, ce sont des arguments religieux qui sont
utilisés. On ne craint pas alors d’annexer Dieu pour qu’Il serve la cause que
l’on défend ! Subtil sacrilège qui n’a pas été pour peu dans la diminution de
la foi. Mais le fanatisme n’est pas près de s’essouffler, hélas ! Est-ce à dire qu’il ne faudrait plus invoquer la souveraineté de Dieu
dans l’histoire des hommes ? Faudrait-il, à cause de l’existence des fous
de Dieu de tous acabits, ramener notre conception du monde à des considérations
purement rationnelles ? Ou bien, n’est-ce pas en raison de notre trop faible foi, de notre
trop timide confiance en Dieu, que des dérapages constants se produisent dans
l’histoire ? Ce n’est pas le monde en son entier qui est visé dans ce
questionnement, mais bien plus précisément ceux qui prennent des
responsabilités religieuses pour et sur les peuples, à quelque niveau que ce
soit. C’est un homme quasiment seul, le Mahatma Gandhi, qui par sa force morale
exceptionnelle parvint, par un jeûne public, à stopper l’un des premiers
engrenages de la violence qu’ait connu le jeune état indien … Bien sûr, diront
certains, la violence n’en a pas été éradiquée pour autant, et il y a laissé
lui-même la vie ! Certes, mais quel impact eut-il à ce moment-là sur les foules
hindoues et musulmanes qui avaient commencé à s’entretuer, et sur le monde
entier qui le regarde encore comme un exemple ! Peut-on rêver d’une Église qui aurait une semblable autorité
spirituelle ? Qui agirait de concert avec les autres autorités spirituelles
pour que les hommes et les femmes du Moyen-Orient arrivent à cesser d’avoir
peur des autres, puis arrivent à cesser de vouloir du mal aux autres, puis
arrivent à s’écouter, à s’accepter les uns les autres, à se concerter,... Il est vrai qu’il s’agit bien là d’un rêve, d’une utopie apparemment
stérile. Au fur et à mesure que ce dossier se constituait, nous ne pouvions
qu’observer combien tout était fait pour tuer ce rêve. Il n’empêche que nous persévérons
à dire avec le psalmiste: « Je
lève les yeux: d’où me viendra le secours ? Le
secours me vient de l’Eternel même qui a
fait la nuit et le jour. » Il est un moment où la seule action possible, c’est la prière. Que
faisons-nous ? C.OE.U.R. Paru dans Yerushalaim n°26
|
|
Retour haut de page Retour à la page d'accueil Si vous souhaitez réagir au contenu de notre site, écrivez-nous Nous publierons les échanges les plius intéressants dans le tableau "Forum" |
|
|
|
|