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Chrétiens et juifs, ... des amis ! |
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Le site de l'association COEUR: Comité OEcuménique d'Unité chrétienne pour la Repentance envers le peuple juif. |
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Jésus a dit: "Si ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande, et va d'abord te réconcilier avec ton frère" ( Evangile de Matthieu 5 : 23 ) |
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Actualités |
Onésime |
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Accomplir
? "Ne
pensez pas que je sois venu pour abolir la loi et les prophètes, je ne suis pas
venu abolir mais accomplir"(Matthieu 5.17) Ce verset a le
plus souvent été interprété par la théologie chrétienne comme signifiant que
c’est Jésus qui a accompli la loi et les prophètes, comblant ainsi la carence
du Peuple Juif incapable ou défaillant
dans sa mission de témoignage et d’obéissance parfaite au Plan de Dieu. Cette
interprétation débouche logiquement sur les pseudo-doctrines chrétiennes du
rejet et de la substitution… Il y a dans
une telle compréhension de cette parole du Christ un contre-sens linguistique,
à la racine d’une aberration majeure. Ce verbe ‘’accomplir’’ est employé assez
fréquemment dans le Nouveau Testament, mais avec des sens différents, qui ne
sont pas fortuits. Par exemple : ‘’Laisse faire maintenant,
car il est bon que nous accomplissions ainsi toute justice..’’ Il s’agit
d’une parole prononcée par Jésus lors de son baptême dans le Jourdain par Jean
le Baptiste. Le texte grec de Matthieu emploie ici pour ‘’accomplir’’ le verbe
‘’plèroô’’ qui signifie remplir une tâche peu à peu pour la mener
progressivement vers son terme-achèvement. Et c’est ce même verbe qui figure
dans le verset de Matthieu 5.17 ci-dessus, qui constitue le thème de notre
analyse et dans lequel Jésus précise bien qu’il est venu œuvrer pour l’accomplissement de la loi et des prophètes
et non pas du tout pour les abolir, c’est à dire y mettre fin et y substituer
quoi que ce soit d’autre. Il en est tout autrement
dans cette autre parole du Christ près d’expirer sur la croix : ‘’Quand il eut pris le
vinaigre, Jésus dit : Tout est
accompli, puis il baissa la tête et rendit l’esprit.’’ (Jean 19.30) Ici, Jean
emploie un autre verbe, ‘’téléô’’, qui signifie un accomplissement porté à la
plénitude de sa réalisation, auquel on ne peut plus rien ajouter, qui a rempli
la plénitude de sa finalité, car il est « parfait », au sens
étymologique du terme. Dans le verset de Matthieu 3.15, Jésus par son baptême
commence son ministère public qui va durer plus de deux ans. Il évoque là
prophétiquement ce qu’il a mission d’accomplir. Matthieu emploie donc le verbe
‘’plèroô’’ qui évoque un processus qui commence et va désormais suivre son
cours. Ne croyons pas
que l’évangéliste Jean a employé ce verbe ‘’téléô’’ par inadvertance. Car
quelques lignes plus bas il écrit : ‘’
Celui qui a vu, en a rendu témoignage
et son témoignage est vrai …Cela est arrivé, pour que l’Ecriture soit
accomplie : Aucun de ses os ne
sera brisé. Et ailleurs, l’Ecriture dit encore : Ils regarderont vers celui qu’ils ont percé’’ (Jean 19.36) Là, à nouveau,
est bien utilisé par Jean le verbe ‘’plèroô’’. Car Jean veut signifier que le
processus d’accomplissement demeure en cours au-delà de la mort du Christ.
Cette mort n’a pas mis fin à l’histoire du monde et de l’humanité. Il reste
encore beaucoup de mystères et d’éléments à dévoiler, éclaircir et accomplir
dans le Plan de Dieu. Alors que signifie dans la bouche de Jésus en croix le
verbe ‘’téléô’’ qui évoque une œuvre achevée, dans le sens de
‘’parfaite’’ ? Pour le
comprendre il faut sortir de la confusion généralement faite, tant dans le
Judaïsme que dans le Christianisme, entre Justification et Salut. (cf note 1) Justification Jésus entrant
dans les eaux du Jourdain pour son baptême, incarne en sa personne la totalité
de l’humanité pécheresse depuis Adam et Eve et avec laquelle Dieu cherche
patiemment à nouer par étapes une Alliance de plus en plus intime. Il s’agit
bien de la totalité de l’humanité, à commencer par le Peuple de l’Alliance
bi-millénaire issu d’Abraham, mais auquel Jésus joint toutes les Nations de la
terre selon la promesse faite par l’Eternel au même Abraham. (Genèse 22.18) C’est
d’ailleurs la raison pour laquelle Jésus précise à Jean le Baptiste la nature
de ‘’l’accomplissement’’ qu’il va ainsi
commencer : ‘’ …que nous accomplissions
ainsi toute justice …’’ (Matthieu 3.15) Que veut dire
ici « justice » ? C’est
le mot français par lequel est (mal) traduit du texte de Matthieu le mot
grec : dikaïosunè. Il s’agit d’un
terme du vocabulaire judiciaire à Athènes, signifiant : acquittement de
l’accusé, déclaration d’innocence du prévenu, non-lieu prononcé à l’encontre de
l’accusation. Il ne faut donc pas traduire par « justice », mais par
« justification » Par cet acte de soumission au baptême dans le
Jourdain et par ce mot évoquant tout ce qui va s’ensuivre, Jésus accepte
d’assumer en sa personne le péché de l’humanité tout entière et de l’expier à
sa place. C’est l’exacte application d’un « rachat par
substitution ». De même que le bélier du Mont Moriya a été sacrifié en
rachat-substitution d’Isaac, Jésus a librement pris sur lui le péché de l’humanité
avec toutes ses conséquences, et cette humanité a été déclarée par Dieu
‘’juste, justifiée, acquittée de toute culpabilité’’. Ce
rachat-justification a constitué la première phase de la mission du Messie
Jésus, phase du « Messie souffrant », qui a expié au profit de
l’ensemble de l’humanité, c’est-à-dire aussi bien au profit d’Israël tant de fois infidèle à l’Alliance qu’ au
profit des Nations non encore entrées dans cette Alliance. Et par là
était ré-ouverte à l’humanité tout entière la voie menant ensuite au Salut
futur. Nous retrouvons ici par un biais
une seconde confusion qu’opère généralement le Judaïsme entre l’Ere Messianique
et la Parousie. Le Judaïsme observe que la paix et l’harmonie ne sont pas établies sur la terre depuis 20 siècles,
en dépit des prédictions des prophètes concernant ce qui a été compris comme
devant être l’ère messianique. Donc, conclut-il, Jésus de Nazareth n’était pas
le Messie. Or, Jésus
ayant donc affirmé qu’il n’était pas venu abolir la loi et les prophètes, s’est
déclaré le Messie attendu et, en même
temps, il a préparé ses disciples à assumer leur fonction de témoins de ce
Messie. Et il a tracé, concernant les
conditions dans lesquelles ils allaient devoir apporter au monde la Bonne
Nouvelle, un tableau qui n’est nullement celui de paix et d’harmonie, bien au
contraire : ‘’
Quel sera le signe de ton avènement et de la fin du monde ? Jésus leur répondit : Prenez garde que
personne ne vous séduise. Car plusieurs viendront sous mon nom et diront :
c’est moi qui suis le Messie … Une nation s’élèvera contre une nation… et il y aura par endroits des famines et des
tremblements de terre. Alors on vous livrera aux tourments et on vous fera
mourir et vous serez haïs de toutes les nations à cause de mon nom … Mais celui
qui persévérera jusqu’à la fin sera
sauvé. Cet Evangile sera prêché dans le monde entier à toutes les nations.
Alors viendra la fin …’’ (Matthieu 24.4 à 14) Jésus insiste
donc sur les tribulations caractéristiques de l’Ere Messianique et de la
mission de témoignage en son nom de ses disciples. Et il précise que ce n’est
que lorsque ces tribulations auront été vécues et assumées fidèlement par les
disciples que : « alors viendra la fin ». Salut C’est cette
« fin » que sans doute on peut considérer comme devant répondre au
tableau tracé par les prophètes, visant en réalité la Parousie. Le
Christianisme pense que cela sera initié par le retour du Messie Jésus, cette
fois Messie de Gloire, venant sur les nuées du ciel pour juger toutes les
Nations et procéder à la grande rétribution finale. Jésus en a fait la
description, à la fois énigmatique et détaillée dans un discours rapporté par
Matthieu 25. Aux hommes, qui auront
‘’accompli’’ les commandements de l’Alliance, les paroles-promesses de
Jésus ‘’Roi des Nations’’ sont formelles : ‘’ Venez, vous qui êtes
bénis de mon Père, recevez en héritage le royaume qui est préparé pour vous dès
la fondation du monde’’ . (Matthieu 25.34) Il est tentant
de penser, que l’ère de paix et d’harmonie totales annoncée par les prophètes,
correspond à ce royaume (de Dieu) dont parle Jésus et qu’il s’agit là de ce
qu’on peut appeler la Parousie ou, pour
employer un autre langage plus
théologique, de l’accession au Salut éternel en Dieu . Ainsi le Plan
divin de Création-Bereshith aura été ‘’accompli’’ jusqu’à la plénitude de son
terme, et ce terme est bien le Salut de l’Homme en Dieu. Jésus précise bien que
ce « royaume » est ‘’préparé dès la fondation du monde’’. Il en
prendra le relais à la fin des temps de cette Création. Voilà qui est
cohérent. Mais il reste une ambiguité majeure à lever en matière
d’accomplissement . Comment l’évangéliste Jean peut-il mettre dans la bouche de
Jésus-Messie souffrant, expirant sur la croix, la parole citée plus haut ,
qu’il faut rappeler : L’ambiguïté vient de ce
qu’il a employé là, comme indiqué plus haut, le verbe grec ‘’ Téléô’’ qui
évoque, comme nous l’avons vu un accomplissement parfaitement réussi. A priori, il y a là non seulement
une invraisemblance mais aussi une contradiction. Une
invraisemblance, au moins apparente, car à vue d’homme, la mission terrestre de
Jésus se termine par un désastre. Abandonné de tous ses disciples (sauf un), de
son peuple et de Dieu lui même, il
meurt, comme un brigand, d’un supplice infamant de la main des païens ! Une
contradiction aussi, car celui qui meurt est le Messie-Souffrant, celui qui
initie l’Ere Messianique promise aux tribulations et aux violences. Pour que le
Plan de Dieu soit réellement et pleinement «accompli» il reste aux disciples et
à l’humanité entière des années, des siècles, des millénaires, peut-être,
d’épreuves ‘’messianiques’’ à endurer dans la fidélité … avant que ne vienne la
fin . Comment donc pour qualifier tout cela l’évangéliste Jean a-t-il pu employer
et mettre dans la bouche du Christ mourant ce verbe : ‘’Téléô’’ ? Eh bien, là
aussi tout est cohérent. Car ce qui était en question dans la vie
publique-mission de Jésus depuis sa
naissance jusqu’à la croix n’était qu’en apparence ou secondairement la
victoire ou l’échec de l’homme-Jésus. Essentiellement c’était la victoire ou
l’échec de Dieu lui-même dans son Plan
de Création-Salut. En confiant la réussite de ce Plan à l’homme-Jésus, Dieu a pris le risque des aléas de la liberté et
de la fragilité humaines. Quelle était
donc la nature profonde de cet homme et quelle était la mission dont il était
investi ? Pour mesurer la
dimension de l’enjeu, il faut bien tirer au clair ces deux questions. Les
réponses à l’une et à l’autre se trouvent dans le Nouveau Testament,
notamment : - dans l’entretien de Jésus
avec la Samaritaine, annonce prophétique par Jésus du message qu’il a reçu la
mission d’annoncer et d’initier parmi les hommes de toutes nations, (Jean
chapitre 4) - dans l’évangile de Luc qui relate
l’Annonciation à Marie, (Luc 1.31 à 35) - dans diverses Epîtres de Paul, en
particulier l’Epître aux Romains (chap. 5 et 6), la 1ère aux Corinthiens (15.42 à 57), celle aux
Colossiens (1.19 et 2.9) et celle aux
Philippiens (2.6 à 11) : Je vous
propose de parcourir ces textes en
distinguant les deux questions : Première
question : une mission impossible ? L’apôtre Paul
a remarquablement qualifié la mission du Christ, sa nature et son enjeu : - d’abord une mission de
réparation-expiation :
L’obéissance parfaite de Jésus à sa mission en fait, selon l’expression
de Paul, le Dernier Adam assumant et
expiant la désobéissance du Premier Adam et le péché de toute sa
descendance : ‘’De
même que par un seul homme le péché est entré dans le monde et par le péché la
mort et qu’ainsi la mort a passé sur tous les hommes, parce que tous ont péché
…’’ (Romains 5.12) ‘’ Ainsi donc, comme par une seule faute la
condamnation s’étend à tous les hommes, de même par un seul décret de justice,
la justification qui donne la vie s’étend à tous les hommes’’. En effet, comme par la désobéissance d’un
seul homme les hommes en grand nombre ont été rendus pécheurs, de même par
l’obéissance d’un seul, ils seront en grand nombre justifiés’’ ( Romains 5.18-19) Paul précise
bien que cette obéissance de Jésus à sa mission, aux risques de la mort a valu
à tous les hommes le décret divin qui accorde la vie globalement à tous ces
hommes. Mais Paul va plus loin et
explique en quoi va consister désormais cette vie accordée par Dieu aux hommes
et il écrit : ‘’aux hommes en grand nombre’’ pour faire la part à la
liberté humaine. Il s’agit, bien sûr, de la vie éternelle au lieu et place de
la mort éternelle salaire du péché. Et Paul lève
ensuite un coin du voile qui masque le mystère de cette possibilité rendue aux
hommes d’avoir accès à cette vie éternelle en Dieu, que Jésus dénommait ce
« royaume préparé pour les justes dès la fondation du monde » Cet
accès rendu est la conséquence du ‘’décret divin de justification’’, dont
parlait Paul aux Romains, et dont il explicite ainsi le mystère : "
Lui (Jésus), qui était de condition
divine, n’a pas considéré comme une
proie à arracher d’être égal avec Dieu, mais il s’est dépouillé lui-même en prenant la condition de serviteur… il s’est
abaissé lui-même en devenant obéissant jusqu’à la mort, la mort de la croix.
C’est pourquoi Dieu l’a souverainement élevé et lui a donné le nom qui est au
dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les
cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue confesse que
Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire
de Dieu le Père’’. (Philippiens 2.6 à 11) Ce n’est pas,
en soi, la mort sacrificielle de Jésus
sur la croix qui a valu aux hommes (en grand nombre) de la part de Dieu ce
« décret » libérateur , c’est l’humilité-obéissance, aux risques de
la mort et jusqu’à la mort, du Dernier
Adam annulant les conséquences de l’orgueil- désobéissance du Premier Adam. Mais quelle
était donc plus concrètement cette mission jusqu’à la mort ? Jésus était-il envoyé par ordre du Père pour
assumer une mission-suicide de kamikase ?
Dieu exigeait-il que le sang de son Fils coule pour pardonner la
désobéissance du Premier Adam et le péché de sa descendance ? Dieu est-il un Moloch assoiffé de
sang ? Non, ce n’est
pas, à proprement parler, le sang répandu qui importe. C’est, comme le souligne
Paul, l’humilité, l’abaissement, l’obéissance jusqu’à ce sang, jusqu’à la mort, et jusqu’à la mort sur une
croix, manifestés et acceptés par l’homme Jésus de Nazareth, c’est sa Personne
et sa Vie offertes, qui ont valu aux hommes en grand nombre ce même
« décret » divin … Mais il faut
pousser l’analyse plus loin. En quoi cette mission était-elle de nature à
présenter un risque de mort pour l’homme Jésus, qui avait accepté de
l’assumer ? Là, c’est Jésus
lui-même qui a tracé les grandes lignes de la réponse, notamment dans son
entretien prophétique avec la Samaritaine (Jean chap. 4). Il en ressort que sa
mission était d’amorcer les « temps de la fin » sur deux plans
différents, mais solidaires entre eux : -d’abord
l’extension de l’Alliance à toutes les Nations. La Samaritaine à laquelle parle
Jésus est une non-juive, elle fait partie des Nations, des Nations pécheresses.
Elle-même est de vie dissolue et comme
samaritaine elle est une hérétique par rapport à la foi juive. - mais, Jésus
l’affirme, Samaritains et Juifs ont le même Dieu, bien qu’ils ne l’adorent pas
dans le même temple ni de la même manière. Dieu est Un et tous les hommes sont
appelés à le rejoindre, sans exclusive, sans orgueil de préséances, mais avec
humilité. Et Jésus rappelle à l’intention des futures Nations païennes qui
entreront ultérieurement dans l’Alliance, à la suite de cette Samaritaine, que : « le Salut vient des
Juifs » - cette entrée massive des Nations dans l’Alliance va impliquer, d’autre
part, une novation totale dans le culte que Dieu attend. Désormais, ce ne sera
plus dans le Temple des Samaritains ni à Jérusalem. Ce sera un culte ‘’en esprit
et en vérité … car Dieu est Esprit’’. Mais, Jésus ne vise là formellement que
les hommes de ces Nations. Quant au culte maintenant attendu par Dieu de la
part des Juifs, Jésus ne se prononce pas. Il semble cependant qu’il en soit de
même pour eux, puisque Dieu est « Esprit » pour les Juifs comme pour
les païens. - pour établir cette relation personnelle avec Dieu,
Jésus annonce l’envoi à chaque homme de l’eau vive de l’Esprit Saint. Et Jésus
précise même qu’il a pouvoir d’envoyer cet Esprit Saint à ceux qui le
demandent. Et ceux qui le recevront deviendront à leur tour des « fontaines
jaillissant dans la vie éternelle’’.
Voilà une étonnante liaison faite par Jésus entre la vie présente vécue
sur terre dans l’Esprit Saint et la Vie Eternelle en Dieu. Comme si cette vie éternelle en Dieu pouvait
déjà commencer ici-bas … !
Derrière ces paroles de Jésus se profilent les dires de divers
prophètes annonçant une alliance-relation totalement nouvelle, au sens de
« renouvelée » de Dieu avec les hommes et une généralisation de
l’Esprit Saint : Voici
quelques-unes de ces paroles: -
"Je ferai avec la maison d’Israël et la maison de Juda une alliance
nouvelle, non comme l’alliance que je traitai avec leurs pères le jour où je
les saisis par la main pour les faire sortir du pays d’Egypte ..Voici
l’alliance que je ferai avec la maison d’Israël : je mettrai ma loi au
dedans d’eux, et je l’écrirai dans leurs cœurs. Et je serai leur Dieu
…" (Jérémie 31-3) - ‘’Je vous donnerai un cœur nouveau et je mettrai
en vous un esprit nouveau. J’ôterai de votre corps le cœur de pierre et je vous
donnerai un cœur de chair …Ezechiel 36.26 : - ‘’ …je répandrai mon esprit sur toute chair …’’Joël 2. 28 Enfin, Jésus affirme à cette
même Samaritaine : « Je suis le Messie, moi qui te parle » C’est la seule fois durant toute sa vie
terrestre, qu’il fait sur lui-même une telle déclaration. L’une
quelconque de ces annonces de Jésus à cette femme de Samarie, en privé au bord
du puits de Jacob, aurait valu à son auteur une lapidation immédiate pour
blasphème majeur, si elle avait été exprimée en public à Jérusalem. Il suffira
d’ailleurs de bien moins que cela pour que Jésus soit condamné par contumace
par les autorités du Temple. Lors de cet entretien avec la Samaritaine, au tout
début de son ministère public, il est déjà suspect à Jérusalem, comme on le
comprend à la façon discrète et nocturne dont Nicodème, membre du Sanhédrin,
lui a déjà précédemment rendu visite
(Jean chap. 3) Mais revenons
à Paul, qui tire la conclusion de notre débat et nous délivre de l’ambiguïté
notée ci-dessus : Comment d’une
mort infamante a pu sortir ‘’ l’accomplissement plénier’’, c’est à dire la
victoire-réussite du Plan de Dieu de Justification-Salut ? Paul l’explique ainsi, dans les versets
ci-dessous déjà cités plus haut (p. 4), mais qu’il faut rappeler ici : ‘’
Lui,(Jésus) qui était de condition divine,
n’a pas considéré comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, mais
il s’est dépouillé lui-même en prenant
la condition de serviteur… il s’est abaissé lui-même en devenant obéissant
jusqu’à la mort, la mort de la croix. C’est pourquoi Dieu l’a souverainement
élevé et lui a donné le nom qui est au dessus de tout nom, afin qu’au nom de
Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et
que toute langue confesse que Jésus-Christ
est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père’’. (Philippiens 2. 6 à 11) Jésus avait
annoncé à ses disciples que le troisième jour il ressusciterait des morts. Il savait donc, qu’au prix de sa fidélité au
risque de la mort, son humanité serait glorifiée et que,
« Premier-né de toute la Création », comme le dit encore Paul, il
serait le premier à pénétrer dans ce
‘’royaume’’, préparé dès la fondation du monde, et en ouvrirait donc la
porte à tout homme répondant aux attentes du Créateur. Ce qui
confirme cette foi, est, en particulier, le texte ci-dessus de Paul aux
Philippiens, dont il faut méditer chaque mot : En conséquence de son
abaissement volontaire et de son obéissance jusqu’à la mort, Jésus a été
‘’souverainement élevé’’, ce qui a un double sens : - d’abord il a été ressuscité, ‘’relevé’’ d’entre les
morts. Ensuite, il n’est pas revenu à une vie terrestre en ce corps de chair
corruptible dans lequel il est mort et dans lequel chacun de nous vit et
mourra, mais dans un corps doublement glorifié. Ceci nécessite deux degrés de
précisions : - Jésus
ressuscité n’a pas reçu un corps de lumière semblable à celui d’Adam et d’Eve
avant la chute, corps qui, après cette chute a été recouvert par l’Eternel d’un
« habit de peau » (Genèse 3. 21), enveloppe matérielle, opaque et
mortelle, ce qu’est le corps de chaque homme depuis lors, - Mais Jésus
est sorti du tombeau au matin de Pâque avec un corps doublement
(souverainement, dit Paul) « élevé ». C’est à dire que ce corps était
relevé non seulement de la marque du péché de l’humanité (habit de peau), mais
aussi relevé de l’abîme ontologique qui, du fait même de la Création, a séparé,
plus ou moins, toutes les créatures de leur Créateur.Transcendant - cette
résurrection traduit la ‘’glorification’’ dont
toute la personne de Jésus est
le bénéficiaire. En lui, Dernier Adam, le Plan divin de Salut a triomphé
de la désobéissance du Premier Adam.
Jésus, assumant l’ensemble de l’humanité de tous les temps, a mérité une
semblable ‘’glorification’’ au bénéfice de tout homme ainsi ré-admis aux
perspectives de la Vie Eternelle en Dieu. C’est ce que Paul, juif, c’est à dire
infiniment respectueux de la Transcendance divine, ose esquisser en disant de
Jésus qu’il a ‘’reçu le nom qui est
au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel,
sur la terre …et que toute langue confesse cette glorification’’, ce qui est
une manière imagée typiquement juive d’exprimer que cette glorification fait de
Jésus le Seigneur de toute la Création renouvelée et glorifiée elle aussi. Mais Paul,
soucieux qu’aucune idolâtrie ne s’exerce sur la personne du Christ, précise
bien aux Philippiens : Cette
glorification de Jésus, proclamé Seigneur du ciel et de la terre, est :
« à la gloire de Dieu le Père », dont le plan est parvenu à son
‘’accomplissement plénier’’. Seconde question : Jésus, un
homme comme les autres ? Réponse : oui, mais bien plus encore ! Qu’est-ce que
cela signifie ? Cette réponse, à
forme paradoxale, esquisse le mystère de l’Incarnation, qui n’est nullement une
énigme incompréhensible, pour peu que l’on suive les textes du Nouveau
Testament, tels qu’ils traduisent la pensée sémitique de leurs
rédacteurs : - Oui, l’humanité de Jésus de Nazareth est totale,
authentique, sans restriction ni édulcoration … Il est né, il a grandi, il a appris à lire, à écrire, à prier,
... comme tout enfant juif. Il a eu faim et soif, il a été fatigué, il a
éprouvé les sentiments et les tentations de tous les hommes. Il a éprouvé la
colère, le découragement, l’angoisse devant la mort qui est le propre de tout
homme. Il a réellement enduré toutes les souffrances de la Passion, il est
vraiment mort, etc ... - Mais, il a été conçu homme dans les mêmes
conditions mystérieuses qu’Adam. Ce Premier Adam a été créé par le souffle
(neshamah) de l’Eternel dans les narines d’une créature faite comme les animaux
de la poussière du sol Adamah. Jésus a été de même conçu par la Puissance de
l’Esprit de Dieu (ruah) manifestée dans le sein d’une ‘’Nouvelle Adamah’’, qui
est tout Israël, peuple de l’Election-Justification, personnifié par Marie.
Ceci est conforme au témoignage donné par l’Evangile de Luc (1. 35) de la
parole même de l’ange Gabriel (dont le nom signifie : Puissance de Dieu). Ce Jésus, fils
de Marie, est donc un homme, mais pas n’importe lequel dans le Plan de Dieu. Il
est, pour reprendre l’expression de Paul : « le premier-né d’une
multitude de frères » (Romains 8.
29) ou « premier-né de toute la création » (Colossiens 1. 15), c’est
à dire le prototype-paradygme de ‘’l’Homme Nouveau’’, l’homme des temps de la
fin, totalement renouvelé par la puissance soufflée en lui de la plénitude de
l’Esprit Saint. Tout cela est dans la ligne des trois prophéties rappelées ci-dessus
et du message biblique intégral, constitué des révélations des deux Alliances
qui n’en forment qu’une dans la pédagogie divine. Paul nous
introduit plus avant dans la compréhension du mystère de cette incarnation. Il
explicite ainsi ce mystère à l’intention des Colossiens (de culture grecque),
et bien qu’écrivant en grec, il demeure dans la tradition et les modes de
pensées de la foi juive : ‘’ Car il a plu à Dieu de
faire habiter en lui (Jésus) toute plénitude …’’ (1.9) ‘’ Car en lui (Jésus) habite
corporellement toute la plénitude de la divinité (2.9) L’insistance
qu’il met à employer le verbe grec « habiter » montre qu’il a dans
l’esprit le verbe hébreu ‘’shakan’’, qui signifie précisément
« habiter » et qui est de la même racine que le substantif hébreu
‘’shekinah’’. Or cette shekinah est, dans la pensée juive, la façon qui est
celle de Dieu de ‘’manifester’’ de manière concrète sa Présence, sa Puissance,
sa Miséricorde sur la terre parmi les hommes, sans sortir Lui-même de sa
Transcendance. A la différence des dieux et déesses de l’Olympe, le Dieu
d’Abraham ne se montre pas sous une apparence humaine sur notre terre, mais il
y ‘’manifeste’’ sa Présence. Pour Paul, la divinité qui est en Jésus-Christ,
corps, âme et esprit, est de l’ordre de cette shekinah. C’est ainsi que les
livres bibliques dits ‘’sapientiaux’’ parlent de la Sagesse de Dieu, présente
auprès de Lui lors de la Création, ou manifestée dans le Temple, comme elle
l’avait été sous forme de la ‘’nuée’’ accompagnant les Hébreux dans le désert
de l’Exode, ou apparaissant dans les nombreuses interventions d’anges au cours
de l’histoire biblique. Il est à noter que l’évangéliste Jean, juif lui aussi,
utilise également dans son fameux Prologue, qui nous est parvenu en grec, le
verbe ‘’habiter’’, lorsqu’il écrit que le « Verbe de Dieu a été fait chair
et a habité parmi nous ». (Jean 1. 14). Ce concept
hébreu de shekinah n’élimine pas le mystère du Plan de Dieu visant
l’Incarnation, mais il est infiniment moins incompréhensible que les formulations
données quelques siècles plus tard de la nature divine du Christ par les
théologiens de culture grecque des Conciles de Nicée, Chalcédoine,
Constantinople, Ephèse, etc., qui épaississent au contraire le mystère de la
double nature humaine et divine du Christ. L’épaississement
est tel dans l’esprit des fidèles, de nos jours encore, que Le Père François
Varillon déplorait, il y a 40 ans, que 95 % des catholiques croyaient que Jésus
était Dieu caché sous une apparence humaine. Et il ajoutait: " Si on croit
cela, tout est faussé dans la foi chrétiennne. Mais c’était la croyance,
ajoutait-il, de 95 % des catholiques !
Qu’a-t-il été fait depuis lors pour que cette proportion se
réduise et que nos frères Juifs et les Musulmans ne soient plus
scandalisés par la foi chrétienne en la divinité « habitant » en
l’homme-Jésus-Christ ? Il est
pourtant vrai que si, de près ou de loin, on magnifie la divinité du Christ au
point que son humanité authentique en paraît minorée, tout devient incohérent
dans le Christianisme. Les Actes des
Apôtres (14. 11 à 13) confirment bien qu’il s’agit là de la persistance jusqu’à
nos jours d’une résurgence païenne chez 95 % des catholiques. Rappelons les
faits: Paul et Barnabas marchent dans la ville de Lystre , en Asie Mineure, de
culture grecque. Paul guérit un infirme de naissance. La foule crie au miracle
et voit dans leurs deux personnes Zeus
et Hermès faisant à la cité l’honneur d’une visite, ayant revêtu pour la
circonstance une apparence humaine. Et la foule veut leur offrir en hommage des
sacrifices de taureaux … ! On connaît la suite ... L’explicitation
sémitique de Paul (et de Jean) de la divinité en Jésus permet de comprendre le
sens d’autres versets du Nouveau Testament, notamment : ‘’
Maintenant, Père, glorifie-moi auprès de toi de cette gloire que j’avais auprès
de toi avant que le monde fût’’ (Jean 17. 5) ‘’
Tout a été créé en fonction de lui et pour lui. Il est avant toutes choses et
tout subsiste en lui’’. ( Colossiens 1. 16-17) ‘’
Ils ont tous été baptisés en Moïse dans la nuée et dans la mer … ils ont bu le
même breuvage spirituel, car ils buvaient à un rocher spirituel qui les
suivait, et ce rocher était le Christ’’. (1 Corinthiens 10. 2 à 4) ‘’
Jésus leur dit : En vérité en vérité je vous le dit, avant qu’Abraham fût,
je suis’’. (Jean 8. 58) En Jésus est
incarné le Projet de Création, qui était présent dans l’Esprit du Créateur
‘’avant que le monde fût » et dont l’élément essentiel, la finalité
majeure, est ‘’l’Homme’’. Ce Projet d’Homme primordial est ce que la pensée
fondamentale du Nouveau Testament sémitique nomme « le Fils ». Une
telle croyance chrétienne rejoint la pensée juive de la ‘’Torah présente aux
côtés de Dieu lorsqu’il créait l’univers’’. A cet égard, Jésus se présente donc
bien comme Torah Vivante. Dans la
mission et dans la bouche de Jésus, que signifie ‘’Accomplir’’ ? De toutes les
réflexions ci-dessus il résulte principalement que : 1 Jésus Christ est l’homme en
qui Dieu a incarné la finalité essentielle de son Projet de Création. Il est
‘’l’Homme Nouveau’’, créé pour les temps de la fin, à partir d’une onction
plénière de l’Esprit de Dieu (ruah). Cette onction est désormais offerte à tout
homme de toutes Nations. Il n’est pas fortuit que le dernier commandement du
Christ à ses disciples avant l’Ascension soit : ‘’Vous,
restez dans la ville, jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la puissance
d’en-haut’’ (Luc 24. 49) Il y a là en
projection comme la création d’une humanité nouvelle initiée dans les
disciples, appelés eux-aussi à être les ‘’premiers-nés d’un grand nombre de
frères’’ ... en passant par la métamorphose que réalise en eux la Pentecôte. 2 Cette
foi chrétienne rejoint celle d’Abraham. Celui-ci reçut la ‘’Justification’’
pour avoir mis sa confiance dans les
promesses de l’Éternel, en dépit de leur invraisemblance. De même en Christ
réside dès aujourd’hui la promesse du ‘’Salut’’ dans le monde à venir. C’est la
certitude inhérente à cette Promesse de Dieu, qui correspond au ‘’Tout est
accompli’’ de Jésus sur la croix. Encore plongés dans les tribulations de l’Ère
Messianique, nous n’en percevons pas dès maintenant l’évidence. Le Père F.
Varillon traduisait cela en disant : ‘’ La victoire
nous a été acquise définitivement par Jésus sur la croix. Mais la bataille
reste à livrer tous les jours jusqu’à la fin des temps’’ L’Apôtre Paul exprimait cette même
certitude avec la concision qui est l’une des marques de son génie : ‘’ Nous
avons été sauvés, mais c’est en espérance …’’
(Romains 8. 24) 3 Dans
ce ‘’Tout est accompli’’ Jésus a évoqué le stade final désormais acquis et
certain du Salut éternel en Dieu offert à tout homme de toutes Nations. Le
Judaïsme demeure le témoin capital de la Révélation qui a initié cette longue
marche de l’humanité vers le Salut éternel. Les phases précédentes et
successives ont été incarnées dans le Plan de Dieu par Adam, Hénoch, Noé,
Abraham, Moïse, les grands Prophètes et Jésus de Nazareth. Aucun
d’eux et aucun des stades incarnés par chacun, n’a rendu caducs, ni inutiles,
les précédents, ni encore moins ne les a abolis. La venue de chacun sur la
terre ne doit pas être vue selon une succession dans le temps, qui n’est que
l’aspect temporel de l’histoire humaine. Ils sont tous UN, comme le Plan divin
de Création-Salut. Et chacun accomplit
sa propre mission à la fois tous les
jours et dans l’éternel présent de Dieu’’, car tous co-existent aujourd’hui. Sur
les 6 milliards d’êtres humains qui vivent sur cette terre, on pourrait sans
doute compter combien se trouvent à l’heure actuelle au niveau d’accomplissement psychique, moral et spirituel des
ancêtres ou des contemporains d’Hénoch, combien vivent au niveau des
babyloniens parents d’Abraham, combien n’ont pas encore adhéré à l’Alliance du
Sinaï, ou sont retournés se prosterner devant de multiples Veaux d’or, combien,
parmi les adhérents de l’Alliance n’ont pas assimilé les avertissements,
redressements, novations spirituelles dans la relation personnelle avec Dieu
recommandés par les Prophètes, combien, de même, parmi les disciples du Christ
n’ont pas vraiment réalisé ce qu’implique et signifie, pour eux et pour toute
l’humanité de tous les temps, que Jésus soit ressuscité ! Si
Paul insiste tant auprès des Corinthiens sur ce point ( …si Christ n’est pas
ressuscité, votre foi est vaine , vous êtes encore dans vos péchés et ceux qui
sont morts en Christ sont perdus !
1 Cor. 15. 17-18), c’est bien parce que, de son temps déjà, ce n’était
pas évident pour tous ! Et on peut ajouter à cette liste : combien
pensent que la Pentecôte est une fête comme les autres et n’ont pas compris
qu’elle est : - la clé de voûte de toute la vie chrétienne, - l’énergie divine sans laquelle les sacrements
manifestés quotidiennement dans l’Eglise ne sont que des coquilles vides, - la porte du Royaume des cieux, déjà ouverte en
espérance-certitude, et ce, dès cette vie terrestre … ! Si l’on n’est
pas ouvert à ces multiples évidences, ignorées du plus grand nombre, on ne peut
que se rebeller contre tout appel à un accomplissement. Et on ne peut
comprendre ce qu’a signifié et réalisé la parole du Christ en croix :
« Tout est accompli » (téléô). 4
Tout croyant qui ne se sent pas en chemin d’accomplissement permanent, est un
homme arrêté, assis, ne marchant pas de l’avant. Ou alors, au nom de sa
tradition scripturaire, il est prêt à rejeter, voire massacrer ses semblables
qu’il aperçoit sur des trajectoires différentes. Que personne
ne fasse donc de complexe d’infériorité, ni d’orgueil, ni de rejet et
substitution à l’égard de qui que ce soit d’autre. Le Christianisme, dans sa
forme présente, n’est lui-même pas le stade ultime d’accomplissement de cette
prophétie du Christ en croix. Nous le
savons, de sa bouche même d’ailleurs: l’accomplissement final ne sera manifesté
qu’avec la venue-retour du Messie en Gloire …à la Gloire de Dieu le Père,
a précisé Paul. Et cet
accomplissement ultime, tous ceux qui se réclament du Dieu Un, ont à l’attendre
ensemble et à travailler ensemble pour rendre cette terre et l’humanité qu’elle
porte, capables et un peu plus dignes, de l’accueillir. Quand
donc viendra cet accomplissement ultime du plan de Salut ? Jésus a écarté
cette question de ses disciples, déclarant que ni le Fils ni les anges n’en
connaissent le moment, mais Dieu seul. Toutefois des signes prémonitoires nous
ont été donnés pour nous préparer à le reconnaître et à l’accueillir. Paul a
écrit en Romains 11. 25-26 : l’endurcissement
d’une partie d’Israël durera jusqu’à ce que soit entré (dans l’Alliance)
l’ensemble des païens. Et ainsi tout Israël sera sauvé …’’ Paul fait allusion
ici à la prophétie d’Isaïe (27. 9) annonçant la nouvelle bénédiction de Dieu
sur son Peuple: ‘ ’Israël
fleurira et donnera des bourgeons. Il remplira le monde de ses fruits … Et
c’est ainsi que sera effacé le crime de Jacob et tel sera le fruit du pardon de
Jacob’’ Donc, pour
Paul, cet endurcissement partiel d’Israël est une grâce donnée aux païens. Il
sera suivi d’une initiative de Dieu en faveur du Peuple Élu. Et il n’y aura
pas, si l’on peut dire, de Salut « chrétien » sans Salut
« juif ». Y aura-t-il rapport de cause à effet ou seulement
concomitance entre les deux accessions au Salut ? C’est là encore le mystère de Dieu. En tout état
de cause, pour qui veut bien y être sensible, certains ‘’signes des temps’’
sont patents d’une telle initiative divine dans la période contemporaine. Les
plus évidents semblent bien être : le retour d’Israël sur la Terre de ses
ancêtres, La repentance chrétienne pour tant de siècles de rejet et de
persécution de son aîné dans la foi, la lecture du Nouveau Testament par de
nombreux Juifs qui découvrent en Jésus un fils de leur peuple et la lecture de
la Première Alliance par nombre de Chrétiens qui y trouvent enfin leurs
racines, … En
conclusion ... Quand viendra
donc et sous quelles formes cet « accomplissement » ? Mystère … Dans le
« buisson ardent » l’Éternel a refusé de donner à Moïse le secret de
Son Nom et a simplement proclamé qu’il est « Je SUIS QUI JE SUIS ».
Ceci revêt pour moi une double signification. L’homme n’a pas à connaître le
mystère de « l’Être » de Dieu, ni chercher à le définir par un nom ou
une théologie humaine. Encore moins à scruter les modalités du possible
« accomplissement-en Dieu » de toute vie humaine Mais l’Éternel
s’est proclamé lui-même, dans la langue de la Bible, en employant un verbe à un
mode présent-inaccompli. Car si le Plan divin épouse le temps de l’histoire des
hommes, il le transcende infiniment. Septembre 2001 Joël
Putois.
(Note 1) selon l'étude parue dans notre numéro
précédent. ( Yerushalaim n°27)
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