Chrétiens et juifs, ... des amis !

Le site de l'association COEUR: Comité OEcuménique d'Unité chrétienne pour la Repentance envers le peuple juif.

 

Justification  et salut

 une étude de Joël Putois  (parue dans le n°27 de YERUSHALAIM) 

Avec la précision que nous lui connaissons, Joël Putois nous entraîne encore ici pas à pas au travers des Écritures, pour y découvrir, si nous le suivons jusqu'au bout, que ce qui nous paraissait évident revêt en réalité un aspect inattendu. Il agit comme un guide qui fait découvrir, et admirer, de nouveaux horizons. Mais il s'agit ici de bien plus que de nouveaux horizons: les notions qu'il nous apprend à remettre dans leur alignement biblique, sont tellement fondamentales pour notre foi que ce réalignement nous oblige aussi à remettre en place  notre conception du Plan de Dieu pour le monde, pour l'humanité, … et pour nous !

Si la thèse ici présentée est retenue, ce sont aussi bien des sources de contestation entre les différentes familles spirituelles qui sont remises en question. Ne nous serions-nous pas opposés, et même combattus, notamment Juifs et Chrétiens, sur la base d'une lecture erronée de nos Écritures ?

Joël Putois se présente non comme un spécialiste revendiquant une autorité, mais comme un chercheur "sur le tas", qui ose poser des questions aux spécialistes.  Il a voulu proposer l'étude ci-dessous comme une question qui mériterait plus, à notre avis, qu'une réponse rapide mais, bien plutôt, un large débat entre hommes de bonne volonté.

 

INTRODUCTION 

Pour comprendre quelque peu le parcours complexe de la destinée humaine, il y a lieu de  méditer sur ces deux réalités spirituelles qui sont liées dans le Plan de Dieu, la justification et le salut, mais il faut aussi les distinguer. Beaucoup d'écrits et de commentaires, semblent confondre l’une avec l’autre, les citant indistinctement au sein d’un même paragraphe, parfois d’une même phrase, comme si elles étaient équivalentes. 

Ne serait-ce pas une lecture défectueuse de la Bible, notamment du Nouveau Testament, surtout des écrits de l’apôtre Paul, et en définitive l’une des sources de divergences de vues sur la destinée humaine, sur l’aboutissement-accomplissement de la vie terrestre de l’homme ? 

Nous vous proposons ici d’analyser ces deux notions et de voir comment Paul et plus généralement le Nouveau Testament, usent de l’une et de l’autre, et de l’une par rapport à l’autre.

Mais auparavant nous essayerons de définir ce que nous pouvons comprendre par « Justification » et par « Salut » et, pour fixer les idées, commencerons par une parabole moderne.

 

LA  PARABOLE  DE  L’AUTOROUTE 

L’Eternel a créé l’Homme au soir du sixième jour et l’a placé dans le Gan Eden avec mission de ‘’garder et cultiver le Jardin’’ et de ‘’nommer les vivants’’.  L’Eternel étant seul « éternel », il est vraisemblable que, s’il a ainsi décidé un ‘’commencement’’ de la création (principalement celle de l’homme), il a sans doute également prévu une ‘’fin-achèvement’’, et entre les deux un itinéraire à parcourir par l ‘Homme au sein de cette création. C’est cet itinéraire que j’appelle « l’Autoroute ». Je ne peux pas penser que celle-ci ne mène nulle part et que l’Homme créé ‘’ à l’image et comme à la ressemblance de Dieu ", soit finalement promis à retourner après sa vie terrestre au « néant-non-être personnel» antérieur à la Création.  

Le tracé de « l’Autoroute » est conforme à un Plan de Dieu, que l’Homme-Adam doit suivre en respectant les instructions du Créateur. Mais, on sait que, cédant aux séductions du Serpent, Adam et Eve sortent de « l’Autoroute », et leur itinéraire se poursuit à travers " champs ", au milieu de péripéties et d'épreuves de toutes sortes. Il est bien certain que Adam et Eve ne sont plus dans l’itinéraire prévu par Dieu et s’ils doivent aboutir quelque part, ce ne sera pas là où devait les amener « l’Autoroute ». 

Mais l’Éternel n’a pas renoncé à son Plan, car son amour pour l’Homme est sans repentance. Et toute l’histoire biblique est la succession des efforts de Dieu pour ramener cet Homme par étapes sur la « bonne voie ». Toutes les formes successives d’Alliance qu’il offre à Noé, Abraham, Moïse, qu’il élabore, étend, élève, puis affine par la bouche des Prophètes, enfin par Jésus, sont autant de « bretelles de ré-entrée sur l’Autoroute » qu’il ouvre devant la marche de l’Homme, pour que, finalement, un jour, celui-ci ait possibilité et chance d’arriver là où l’Éternel l’attend : au terme de « l’Autoroute ». 

Ces ré-entrées possibles sont offertes successivement à des destinataires qui sont,  d’abord un homme et son clan (Noé puis Abraham), ensuite un peuple nouveau rassemblé à cet effet, conduit par Moïse(les descendants d’Abraham, auxquels il a joint une avant garde des nations), enfin l’humanité tout entière à la suite de Jésus. Parvenus à ce stade, nous pouvons déjà comprendre ce que recouvrent ces deux réalités spirituelles de « justification » et de « salut ». 

La Justification

Lorsque l’homme fils d’Adam, perdu dans le paganisme et l’idolâtrie, accepte de revenir sur l’Autoroute par la « bretelle » qui lui est ouverte, c’est à dire en langage biblique, qu’il accepte la proposition d’Alliance que lui fait l’Éternel, il est « justifié ». La « justification » dont parlent le Premier et le Nouveau Testaments, c’est ce retour sur « l’Autoroute » des voies de Dieu, et c’est l’acceptation par l’homme de l’Alliance que son Créateur lui offre, pour avoir chance de parvenir un jour au terme du Plan divin. 

Le Livre de la Genèse utilise ce concept à propos d’Abraham :

‘’ Abraham eut foi dans le Seigneur et pour cela le Seigneur le considéra comme juste ‘’   Genèse 4. 6) 

La justification d’Abraham est le fruit de la foi-confiance (Emounah) que celui-ci a mise dans les promesses de Dieu, promesses d’une descendance et d’une terre pour cette descendance. C’est pourquoi en Genèse 4.18, le texte poursuit : 

‘’ En ce jour, le Seigneur conclut une alliance avec Abram …’’ 

Dans la pensée biblique, foi, justification et alliance sont liées. Et dans l’expérience chrétienne, l’acte de foi qui conduit à cette même « justification-alliance » est la démarche de l’homme issu des « nations » qui le conduit au baptême. Le baptême en Jésus Christ  est l’intégration du pagano-chrétien dans l’Alliance de Dieu, dont il se trouve désormais co-bénéficiaire avec le Peuple Élu engendré en Abraham. Ce n’est que par voie de conséquence son intégration dans l’Église. La demande de baptême est un acte personnel de foi qui conduit celui qui le fait à sa « justification » devant Dieu. L’homme pagano-chrétien qui a demandé et reçu le baptême avec foi, est ré-entré sur « l’Autoroute » des voies de Dieu et a donc chance de parvenir un jour au terme de son itinéraire. C’est seulement ce ‘’terme’’ de l’itinéraire qui s’appelle le « Salut », à ne pas confondre avec ’’l’accès’’ à « l’Autoroute » (Justification), laquelle conduit à ce Salut. 

Le Salut

Car nul véhicule admis sur une autoroute n’est assuré de parvenir à la destination voulue. Si le véhicule mal entretenu est défectueux et tombe en panne, ou si le conducteur est inattentif, s’endort au volant, commet des imprudences de conduite, est imbibé d’alcool ou prend la première bretelle de sortie qui s’offre, préférant s’évader vers une destination autre que celle prévue, ... il ne parviendra pas au terme pour lequel il avait pénétré et avait été admis sur l’autoroute. 

Tout ceci correspond aux conditions de bonne arrivée au terme-salut. Mais le problème du Salut n’est pas défini pour autant. En quoi consiste ce Salut ? Être sauvé, qu’est-ce que cela veut dire ? Être sauvé de quoi ? Par qui ? Comment ? Au terme considéré, qu’y a-t-il, non seulement comme « terme », mais comme « accomplissement », comme « couronnement »  de l’engagement, des efforts de vigilance, de persévérance, de rectitude de conduite pendant toute la durée du parcours ?      

L’apôtre Paul a donné aux Philippiens un schéma d’explication d’une remarquable concision. Parlant du Christ initiateur de notre « Salut », il dit :

‘’Lui (Jésus) qui était de condition divine n’a pas considéré comme une proie à saisir de se faire l’égal de Dieu. Mais il s’est dépouillé, … il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, à la mort sur une croix. C’est pourquoi Dieu l’a souverainement élevé et lui a conféré le Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre et que toute langue confesse que Jésus-Christ est le Seigneur, à la gloire de Dieu le Père’’.(Philippiens 2: 6 à 11) 

Paul rappelle qu’en Jésus-homme la condition humaine est divine par son origine, créée à l’image et comme à la ressemblance de Dieu. Il poursuit en soulignant qu’à la différence du Premier Adam séduit par le Serpent, Jésus « Dernier Adam » (1 Corinthiens 15. 15) n’a pas cédé à la tentation de se faire l’égal de Dieu, mais s’est abaissé. Dans  le texte qui suit, Paul affirme qu’en conséquence, Dieu a ressuscité Jésus et l’a souverainement élevé, lui donnant le ‘’Nom qui est au-dessus de tout nom’’. C’est décrire la glorification spirituelle de Jésus qui est désormais l’Homme admis à rejoindre et à partager la vie même de Dieu pour l’éternité. Ainsi, en Jésus, l’Homme rejoint la Personne même de son Créateur et Père, dont il a émané à l’origine.. Car, pour Jésus-homme, être « glorifié », c’est être admis à franchir l’abîme de la Transcendance qui séparait infiniment la créature humaine de la Majesté divine. A la suite et par le mérite de Jésus étendu par Dieu à toute l’humanité, tout homme est désormais appelé à semblable résurrection et glorification en rejoignant, comme Jésus, la vie même de Dieu. Ceci est, à notre intention, attesté par Paul, qui qualifie Jésus de « premier-né de toute la création » nouvelle.  (Colossiens 1. 15).  

Voilà, très schématiquement résumé, le processus et la consistance du Salut dans l’optique chrétienne du Nouveau Testament. On conçoit que cette notion du « Salut » est tout autre chose qu’un simple terme de l’itinéraire de notre « Autoroute ». Ce n’est pas seulement la fin du voyage. C’est une métamorphose radicale du voyageur dans les trois dimensions selon lesquelles il avait été créé : corps, âme et esprit. C’est une métamorphose qui le sort pour l’éternité des limites présentes de l’espace, de la matière et du temps. Le mystère du « Salut » n’est pas élucidé pour autant, puisqu’il évoque l’ineffable de la Personne divine, mais il est mieux circonscrit par rapport à nos condition et destinée humaines. 

Et l’on comprend que la problématique de ce « Salut » dépasse infiniment celle de la «Justification ». Ces deux problématiques sont inséparables, mais distinctes. Et beaucoup de querelles théologiques ont résulté entre Chrétiens et Juifs, et entre Chrétiens eux-mêmes, de leur confusion. (Note 1)  Nous allons donc examiner comment le Nouveau Testament, notamment Paul, enseignent la portée de ces deux aspects du Plan de Dieu et comment il nous semble que, le plus souvent, les théologies diverses les ont confondues. 

Quittons donc notre parabole de « l’Autoroute », mais gardons-nous de l’oublier. Elle nous fournira des points de repère utiles pour ne pas nous égarer dans des abstractions métaphysiques en analysant ce que nous disent de ces problèmes les deux Testaments à leur niveau qui est spirituel. 

 

RELATIONS  ENTRE  JUSTIFICATION  ET  SALUT 

Le Premier Testament et le Nouveau Testament sont les expressions distinctes d’une même Révélation-Alliance dont Dieu a poursuivi la manifestation au travers des générations et des millénaires.  Mais, ils sont bien distincts, ayant des axes de pensée et de pédagogie divine différents. 

La Bible hébraïque  

Elle retrace essentiellement l’histoire des « commencements » de la Création, celle à la fois du cosmos et de l’Homme, et aussi l'histoire des « commencements » de la relation entre Dieu et l’Homme, c’est à dire de l’Alliance. La préoccupation majeure du Peuple Hébreu-Juif, c'est l’Alliance, c’est de vivre quotidiennement cette Alliance selon toutes les modalités et prescriptions qu’il a plu à l’Éternel de lui donner au départ en la personne d’Abraham et de Moïse. Le problème capital pour l’Hébreu-Juif, c’est donc l’entrée et le maintien en Alliance avec Dieu de l’homme pécheur fils d’Adam; cette entrée-maintien en Alliance est ce que le vocabulaire biblique appelle aussi la « justification » devant Dieu. Et l’autre face de l’Election d’Israël, c’est cette Justification. Et c’est de l’observance stricte de ces modalités et prescriptions de l’Alliance, contenues dans la Torah (écrite et orale), lui permettant de vivre selon l’éthique, que l’Hébreu-Juif attend, passionnément, la ‘’réussite’’ de ce monde. C’est essentiellement cette « réussite du monde » que le Judaïsme traditionnel appelle le « Salut ». (Note 2) 

Le Nouveau Testament  

Il est inspiré d’une tout autre problématique, celle de la préparation et de l’amorce des « temps de la fin ». Le souci majeur du christianisme n’est donc plus seulement focalisé sur l’Alliance, mais sur  « l’accomplissement final » de la Création et de l’Homme. Certes, le problème reste : comment vivre l’Alliance au jour le jour, puisqu’à l’évidence cette Alliance demeure ? Mais le problème capital et « nouveau » est : Que deviennent cette Alliance et la relation entre Dieu et l’Homme dans « l’au-delà des jours» ? Le souci de la « Justification » n’est nullement méconnu par le Nouveau Testament, mais il débouche nécessairement sur celui du « Salut » éternel. De même le souci de la «réussite du monde» n’est aucunement absent de ce Nouveau Testament, mais il y est enseigné que cette réussite de ce monde trouvera un « accomplissement-plénitude » inimaginable dans un ‘’au-delà des jours’’ eschatologique. S’agissant là aussi d’ineffable, Jésus n’en a parlé que par approximations et paraboles. Il l’appelle le plus souvent le « Royaume de Dieu » qu’il déclare commencer dès ici-bas, mais trouver son couronnement dans les cieux. 

Le discours de Jésus sur son retour dans la gloire pour le Jugement de l’humanité tout entière, au dernier jour, concrétise bien cette ambivalence du Salut. Dans l’Évangile de Matthieu (chap.25), il qualifie pour « l’héritage du royaume » ceux qui ont commencé sur cette terre à établir la justice, la compassion, l’amour fraternel en agissant à l’égard du prochain. Le processus du Salut, symbolisé par ces mots : « Venez les bénis de mon Père … », débute dans cette vie terrestre, mais ouvre sur un héritage du royaume dans une tout autre dimension, celle de la vie éternelle; de même, son contraire conduit à un châtiment éternel … 

Le Christianisme judéo-chrétien des origines s’est trouvé confronté avec cet élargissement radical et fondamental des perspectives juives. Il a dû improviser les réponses et il l’a fait sur deux plans : 

1/  Selon le commandement donné par Jésus à ses disciples, ce Christianisme a offert aux « nations » païennes la possibilité de rejoindre en masse l’Alliance. Il n’a fait, en cela, que développer ce que le Judaïsme des générations précédentes avait déjà largement initié en suscitant des « prosélytes » parmi les païens, sur le territoire d’Israël et dans la diaspora de culture gréco-latine. L’Evangélisation a grandement bénéficié, pour sa croissance rapide, de ce terreau spirituel préparé par des missionnaires Juifs, le plus souvent pharisiens, sur tout le pourtour de la Méditerranée. Comme au Judaïsme, il s’est donc posé au Christianisme naissant un problème d’entrée dans « l’Alliance-Justification » pour les païens découvrant la foi au Dieu Unique. Simplement, pour le Christianisme, ce Dieu est  Père de Jésus-Christ. 

2/  Mais la vocation fondamentale de l’Église était de préparer et d’amorcer l’issue de l’histoire de la Création et de la destinée humaine pour une vie future, celle-là autre et éternelle, préfigurée par la vie, la mort, la résurrection et la glorification du Seigneur Jésus, premier-né de cette Création Nouvelle.(Note 3) Et là, la problématique majeure est bien celle du Salut.  

Dans la pratique de ces deux ordres de mission, de grandes difficultés ont surgi sur les pas de l’Église naissante, notamment du fait de la double provenance des Chrétiens (Juifs et païens) et à cause de l’environnement Juif de tradition rabbinique, auquel il leur fallait aussi annoncer Jésus-Messie :

·  les fidèles pagano-chrétiens peuvent-ils entrer dans « l’Alliance », sur la base d’une simple adhésion de foi au Dieu Unique via son Fils Jésus-Messie, ou doivent-ils d’abord devenir Juifs, c’est à dire se soumettre à la circoncision et à toutes les autres observances de Moïse ?  A quelles conditions, donc, peuvent-ils être « justifiés » devant Dieu ? Autrement dit, pour eux, est-ce la « Foi » (via Jésus-Messie) qui justifie, ou ne peuvent-ils être « justifiés » qu’en observant les « œuvres de la Loi de Moïse » ?

Nous savons qu’instinctivement et par souci de fidélité à l’Alliance, la majorité des judéo-chrétiens de l’Église  estimaient nécessaire que les pagano-chrétiens deviennent « juifs » avec tout ce que cela comporte d’observances. Mais le Premier Concile de Jérusalem (en 51) a tranché en sens inverse, sur les conseils pressants de Paul et Barnabas et sur les avis émis, en ce sens également, par Pierre et Jacques : 

·  Pierre déclara : ‘’ Pourquoi provoquer Dieu en imposant à la nuque des disciples (pagano-chrétiens) un joug que ni nous ni nos pères n’avons été capables de porter ? C’est par la grâce du Seigneur Jésus, nous le croyons, que nous avons été sauvés, exactement comme eux ‘’  (Actes 15. 10-11) 

·  Jacques ajouta :‘’ Je suis donc d’avis de ne pas accumuler les obstacles devant ceux des païens qui  se tournent vers Dieu …’’   (Actes 15. 19)

Et cette décision « libérale » fut concrétisée par un accord écrit. Cela n’apaisa guère les pressions de la masse des judéo-chrétiens dans le sens des exigences majeures. 

·  les fidèles judéo-chrétiens entendaient, quant à eux, rester intégralement juifs, soumis à toutes les observances impliquées par « l’Alliance ». Ils demeuraient focalisés d’abord sur le problème de « l’Alliance-Justification », sans négliger pour autant celui du « Salut ». 

·  pour la masse juive non-chrétienne, comment la prédication chrétienne devait-elle soulever le problème du « Salut » ?  Si l’on confond « Justification » et « Salut » ledit problème ne se pose même pas :  Justification vaut et implique automatiquement  Salut ! 

·  Mais, l’apôtre Pierre, selon les enseignements de Jésus, ne l’entendait pas ainsi. Car, traduit devant le Sanhédrin, il avait déclaré à ses frères Juifs :

‘’ Il n’y a aucun salut ailleurs qu’en lui (Jésus). Car aucun nom sous le ciel n’est offert aux hommes, qui soit nécessaire à notre salut’’  (Actes  4. 12) 

·  Pierre ne conteste nullement, devant ses frères Juifs, la permanence de l’Alliance-Election-Justification d’Israël. Mais il leur dit  que c’est leur « Salut » qui reste en question, s’ils n’adhèrent pas à Jésus-Messie. 

·  L’apôtre Paul a, lui, une théologie, qui est plus subtile et ‘’contestataire’’, de la Justification et du Salut. C'est ce que nous allons essayer d'examiner maintenant. 

 

LA  JUSTIFICATION  ET  LE  SALUT  CHEZ  PAUL 

A)  La distinction des concepts de Justification et de Salut

La distinction entre Justification et Salut est nette chez lui au niveau des réalités spirituelles et de leurs places respectives dans le Plan divin, mais elle est souvent aléatoire au niveau du vocabulaire employé. Ceci tient à ce que pour Paul, comme pour le Nouveau Testament, nous sommes dans les « temps de la fin ». Toute la miséricorde de Dieu et tout l’effort de l’homme sont tendus vers « l’en-avant », comme l’exprime Teilhard de Chardin. Car le Plan de Dieu est essentiellement un Plan de Salut. Le stade de la Justification est un moyen, une voie de progression morale et spirituelle en vue de l’issue de l’aventure de la Création, c’est-à-dire l’accès à une Vie Éternelle en Dieu. 

C’est pourquoi dans un même développement, voire un même verset, consacré à l’Alliance, Paul peut introduire le mot Salut, car il met l’accent sur la finalité de l’Alliance. Et réciproquement, dans un texte consacré au Salut, il peut rappeler la notion de l’Alliance-Élection, car il ne veut pas que les pagano-chrétiens, ses fils spirituels, oublient les voies par lesquelles leur est venu l’appel au Salut, voies qui sont l’Alliance-Élection d’Israël. Il reproduit en cela l’enseignement de Jésus à la Samaritaine non-juive : « Le Salut vient des Juifs » (Jean 4. 22). En ces cinq mots, Jésus réunit sans les confondre Justification-Alliance, d’une part et Salut, d’autre part. 

Et en ces temps de la fin qu’est l’ère messianique, l’objectif majeur de l’homme est l’accession au Salut. Le critère que retiendra le Père au dernier jour pour l’admission au Royaume-Salut sera le même pour les païens et pour les Juifs. Le fait pour ces derniers d’être membres du Peuple de l’Élection ne pourra servir d’alibi. Tous, Juifs et païens sont également pécheurs. C’est bien ce que dit Paul :

‘’Tous, Juifs et Grecs sont sous l’empire du péché, selon qu’il est écrit :…’’

‘’Il n’y a pas de juste, pas même un seul. Nul n’est intelligent, nul ne cherche Dieu. Tous se sont égarés, ensemble ils se sont pervertis’’  (Romains 3.9-10, citant le Psaume 14.1) 

Paul dit aussi 

           ‘’La vie éternelle est à ceux qui par la persévérance à bien faire cherchent la gloire, l’honneur et l’incorruptibilité, mais la colère et la fureur à ceux qui, par esprit de dispute, désobéissent à la vérité et obéissent à l’injustice. Affliction et angoisse pour toute âme humaine qui pratique le mal, pour le Juif d’abord puis pour le Grec !’’(Romains 2. 7-10) 

Puis, il conclut

" Nul ne sera justifié devant Dieu par les œuvres de la Loi, puisque c’est par la Loi que vient la connaissance du péché. Maintenant sans la Loi est manifestée la justice de Dieu, attestée dans la Loi et les prophètes, justice de Dieu par la foi en Jésus Christ pour tous ceux qui croient … Ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est dans le Christ-Jésus’’   (Romains 3.20-24)

Car, déclare sévèrement Paul, si les Juifs circoncis, dont la Loi est le contrat d’Alliance qui les unit à Dieu, n’observent pas la Loi, ils rendent vaine la portée de l’Alliance et de la Justification dont ils sont les héritiers depuis Abraham.

Et réciproquement, si des païens qui ne sont pas sous la Loi de Moïse se comportent naturellement selon ce que prescrit la Loi, ils montrent que l’œuvre de la Loi est inscrite dans leurs cœurs et Dieu leur en tiendra compte à l’heure finale du Salut. Paul ajoute :

‘’C’est ce qui paraîtra, au jour où Dieu jugera, en considération du Christ Jésus, les actions secrètes des hommes’’. (Romains 2. 14-16)

Paul, voulant faire réfléchir les Juifs, comme les païens, sur l’enjeu de leurs vies, précise :

‘’Ce ne sont pas en effet ceux qui écoutent la loi qui sont justes devant Dieu, mais ceux qui pratiquent la loi qui seront  justifiés’’   (Romains 2.13)

Et donc, en quelques mots Paul a donné la synthèse du mystère du couple Justification-Salut. L’Alliance-Élection d’Israël a pour fin essentielle de conduire au Salut, non seulement le Peuple Élu, mais les nations païennes. C’est le contenu éthique-moral de la Loi qui importe pour obtenir, en Jésus Christ-Messie et Sauveur, le Salut final, tant pour les Juifs que pour les païens.

L’appartenance par hérédité biologique à l’Alliance en Abraham comporte une mission particulière de vie morale conforme à la Loi. Cette appartenance n’est pas, en soi, une ‘’assurance-tous risques’’ de Salut. Et, ajoute Paul, une vie non conforme à la Loi dans la pratique peut remettre en cause l’Alliance-Justification héritée par le sang. En parlant ici des « justifiés » (verset 13 ci dessus), Paul utilise un futur, il a donc dans l’esprit le problème de leur salut final. C’est bien ce que confirme son verset 16, évoquant le « jour où Dieu jugera … » Il s’agit bien du Salut final.

Et dans les développements qui suivent dans cette Épître aux Romains, Paul déploie sa pensée. Sans méconnaître aucunement la permanence de l’Alliance-Élection pour ceux des Juifs qui ont une vie digne de l’attente divine manifestée dans la Loi, qui sont circoncis de cœur et non seulement de la main des hommes, il continue le même argument en utilisant encore un verbe au futur :

‘’Nul ne sera justifié devant Dieu par les œuvres de la Loi … ‘’ (Romains 3.4)

Nous sommes toujours dans la perspective du Salut. Et visant plus particulièrement les pagano-chrétiens, il poursuit :

‘’Maintenant sans la loi est manifestée la justice de Dieu attestée dans la Loi et les prophètes, justice de Dieu par la foi en Christ pour ceux qui croient. Car il n’y a pas de distinction : tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu. Et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est dans le Christ-Jésus’’                                              (Romains 3.21-24)

 Sans les confondre, Paul réunit ici Justification et Salut. Pour les païens qui donnent leur foi au Christ Jésus, l’accès au Salut n’est pas dépendant d’une justification liée à la pratique des  œuvres (observances) de la Loi de Moïse, mais c’est au contraire la Justification-intégration dans l’Alliance qui est rétrospectivement obtenue par la foi au Salut reçu gratuitement de la Rédemption, qui est en Jésus Christ.

 Paul a donc une conception originale de ce qu’est la Justification et de ce qu’est le Salut. Il nous faut le suivre dans les précisions qu’il donne à l’égard de chacune de ces deux réalités spirituelles : 

B)  La solidarité de la Justification et du Salut dans le Plan de Dieu

 S’adressant aux pagano-chrétiens de l’Église de Rome et à travers eux aux membres des Églises qu’il avait fondées, membres en grande majorité issus du paganisme, Paul rappelle que le Père commun de tous les croyants, Abraham a été justifié devant Dieu alors qu’il était encore un païen, un incirconcis, mais un païen qui a eu foi dans les promesses de Dieu. C’est pour cela que Dieu a conclu une Alliance avec lui. La circoncision n’est venue qu’après, comme sceau apposé sur un contrat d’Alliance déjà conclu. De même la Loi a été donnée à ses descendants très longtemps après, comme modalité d’authentification plus encore que d’application dudit contrat. Mais c’est la foi d’Abraham, qui a permis la Justification d’Abraham et de sa descendance et donc leur a ré-ouvert la voie vers le Salut final. La conclusion s’impose d’elle-même pour les pagano-chrétiens : c’est à leur Foi en la promesse de Salut de Dieu en Jésus Christ qu’ils doivent d’être « justifiés » c’est à dire d’être devenus co-héritiers de l’Alliance. Ils n’ont donc aucunement besoin de se soumettre aux observances de la Loi de Moïse pour être présentement Justifiés, et par-là de bénéficier de la ré-ouverture de la voie qui conduit au Salut final.

 Mais une question demeure. Pourquoi cette voie avait-elle besoin d’être ré-ouverte ?  Paul s’en explique longuement, et c'est ce qui nous reste à méditer ci-dessous.

 Pourquoi cette nécessité de Justification ?

Paul répond :

" De même que par un seul homme (Adam) le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort et qu’ainsi la mort a passé sur tous les hommes …’’  (Romains 5. 12)

" Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu …’’   (Romains 3. 23)

 Par le péché d’Adam étendu à tous les hommes (Note 4), ceux-ci ont été privés de la gloire de Dieu. Pour reprendre notre parabole de « l’Autoroute », ceci veut dire que par ce péché, l’humanité toute entière a été conduite à sortir de ladite Autoroute qui seule pouvait la conduire un jour au terme-Salut de l’itinéraire. Et la consistance de ce terme-Salut, nous l’avons précisée, c’est précisément la possibilité pour l’Homme de vivre-partager éternellement la « Gloire » même de Dieu. Il fallait donc bien une initiative divine pour réintégrer l’ensemble de l’humanité sur « l’Autoroute » des voies divines menant au Salut éternel.

 Comment cette Justification ?

L’initiative divine en question occupe tout le temps de l’histoire biblique. Dieu a conçu, préparé, accompli cette réintégration de l’humanité dans les voies du Salut en agissant par étapes, personnifiées en Noé, Abraham, Moïse, les Prophètes. Et, "lorsque les temps furent accomplis, (comme le dit Paul en Galates 4:4), Dieu envoya son Fils, né d’une femme, né sous la Loi, ( Jésus juif ), pour racheter aussi bien ceux qui sont sous la Loi que les païens." lesquels reçoivent ainsi la « Justification  par adoption », en vue du Salut offert à  tous.

 C’est bien ce que confirme Paul aux pagano-chrétiens en utilisant un langage juridique :

" Nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers de Dieu, cohéritiers du Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, afin d’être glorifiés avec lui "  (Romains 8. 17)

"Les païens ont un même héritage, forment un même corps, participent à la même promesse en Christ Jésus …’’  (Ephésiens 3. 6)

Paul associe donc dans le même enseignement aux pagano-chrétiens leur Justification, c’est-à-dire leur héritage des mêmes promesses (celles faites à Abraham), et leur Glorification-Salut en Jésus Christ.  Finalement, dans le Plan de Dieu, selon l’enseignement de Paul, Juifs et Païens forment un même corps, constitué de tous ‘’ceux qui sont privés de la gloire de Dieu’’.  Il poursuit :

"…et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est dans le Christ Jésus’ "   (Romains 3. 24)

 S’il réunit en un même enseignement du Plan global de Dieu la Justification et le Salut, Paul distingue bien les étapes du processus :(Romains 8. 30)

·                Ceux qu’il a prédestinés,  il les a aussi appelés.  ( = Ceux que, dans Sa liberté souveraine, il a choisis de toute éternité , il les a gratifiés de l’Election. ) 

·                Ceux qu’il a appelés il les a aussi justifiés . ( = Cette Election s’est traduite en l’Alliance, . laquelle implique leur Justification.)

·                Ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés. ( = Cette Justification leur a ouvert une voie libre vers leur Glorification-Salut .)

 Ceci vise donc à la fois la Justification-Alliance et l’accès au Salut à venir. Et, il est très vraisemblable que, dans l’esprit de Paul, cela concerne tant les pagano-chrétiens que le Peuple d’Israël. Mais, il faut bien voir que relativement à la Justification-Alliance, les pagano-chrétiens d’une part et le Peuple Élu d’autre part ne se trouvent pas en position analogue ou symétrique.

 Ce dernier est Le Peuple Élu, dont l’Alliance et les Promesses, venant en droite ligne d’Abraham, ont été confirmées et mises en forme sous Moïse. Les pagano-chrétiens, eux, n’y participent pas dans la même position qu’Israël. Ils ne « deviennent pas » Israël-Peuple Élu. Ils sont admis dans l’Alliance-Justification « par adoption ». Leur position est, si l’on peut dire indirecte : elle passe par Jésus-Messie et c’est par et en Jésus Juif, donc lui-même membre du Peuple Élu, que les Chrétiens issus du paganisme sont « greffés » sur l’olivier franc-Peuple d’Israël, racine et arbre de l’Alliance.(Romains 11. 17-18). C’est donc dans l’humilité, dit Paul, qu’ils doivent se savoir « greffons » par grâce, sur cet arbre non pas mort mais bien vivant, qui les nourrit de la richesse de sa racine et de sa sève.

 Ceci dit, concernant ce Peuple Élu depuis Abraham  - et qui le demeure à jamais -  il reste une question pendante. Comment peut-on parler à son sujet d’une « Justification » par le moyen de la rédemption en Jésus Christ  ?  A priori, cela paraît paradoxal.

Il semble bien pourtant que tout le raisonnement de Paul s’applique à lui aussi, selon la parole de Jésus lui-même: la "justification d’Abraham" et la "justification de sa descendance"  ont constitué,  dans le Plan global de Salut de Dieu et par grâce, des anticipations de la Rédemption à venir en Jésus. C’est ce que recoupe le raccourci vertigineux  (et considéré comme scandaleux par ses interlocuteurs) de Jésus lui-même :

" Abraham, votre père, a tressailli d’allégresse (à la pensée) de voir mon jour. Il l’a vu et il s’est réjoui’’.  (Jean 8. 56)

 Paul en tire indirectement les conséquences, lorsqu’il parle aux Romains de l’endurcissement « d’une partie d’Israël » qui ne discerne pas encore le Salut, qui est offert aussi et d’abord au Peuple Élu, en Jésus-Messie. Il demande aux pagano-chrétiens de voir en cet endurcissement partiel d’Israël une grâce de Dieu à l’égard des païens, jusqu’à ce que la totalité de ceux-ci soient « entrés » (dans la Justification-Alliance). Alors, affirme Paul avec assurance :

‘’  Et ainsi tout Israël sera sauvé …’’                (Romains 11. 26)

 L’unité du Plan divin, visant les Juifs et les païens, passant par la Justification pour aboutir au Salut, des uns comme des autres, apparaît magnifiquement dans la pensée de Paul.

Et par une intuition géniale, Paul a rendu solidaires et réciproques dans le Plan divin, à la fois :

· l’anticipation prophétique du Salut des Nations païennes en Jésus-Christ, que représentait  la Justification d’Abraham, et notamment la seconde promesse de Dieu . (‘’Toutes les nations de la terre seront bénies dans ta descendance’’  Genèse 22. 18)

·  et l’anticipation prophétique du Salut final de tout Israël, que représente l’entrée totale des Nations païennes dans la bénédiction-Justification d’Abraham, cette entrée leur étant offerte par grâce, par le moyen  de leur Foi dans leur Rédemption acquise en Jésus-Christ. (Romains 3. 24) 

 

COMMENT  ET  QUAND  LE  SALUT  ? 

Au long des siècles, ni les Nations, qui ont constitué l’immense majorité de la Chrétienté, ni Israël, ne se sont ouverts au mystère qui enveloppe le déroulement du Plan de Justification-Salut de Dieu par étapes successives. 

La Chrétienté a aligné Ie « temps » d’Israël sur le « temps » des Nations. Et sous prétexte qu’Israêl ne venait pas en masse à Jésus, au moment où elle l’attendait, elle a réputé caduque la Première Alliance sans s’apercevoir qu’elle sciait ainsi la branche sur laquelle était établie sa propre « Justification en Abraham et donc en Israël » ! . Elle a prétendu se substituer à celui-ci comme seul vrai Peuple Élu désormais. Le Baptême qu’elle a pratiqué a été le plus souvent compris comme intégration dans l’Église et non plus comme intégration par grâce dans la « Justification » d’Abraham. Affirmation puérile, mais aussi blasphème envers l’unicité et la fidélité du Plan divin… 

Israël, de son côté a réputé accompli en toute manière ce Plan divin tel qu’il pouvait être perçu au pied du Sinaï dans la Torah écrite et ses prolongements oraux. Il est difficile pour la pensée et la fidélité juives de s’ouvrir à un Plan divin se déroulant par étapes, selon des formes qui changent, selon une Alliance, Une dans son fondement et ses finalités, mais multiple et au besoin ‘’Nouvelle’’ dans ses formulations et ses itinéraires. (Jérémie 31.31) 

Si, depuis 50 ans, le regard chrétien sur Israël a commencé de changer et si les Chrétiens partent à la recherche des racines juives de leur foi, si de son côté et par voie de conséquence, Israël commence à s’interroger sur les fibres juives dont est tissé le Nouveau Testament, sans s’arrêter sur son seuil, bloqué comme naguère par les formulations théologiques qui en ont été tirées, il faut en louer Dieu et y voir un « signe des temps », des « temps de Dieu », des « temps de la fin ».

 Mais, il faut aussi, de part et d’autre, prendre au sérieux beaucoup de paroles bibliques négligées comme si elles étaient non-écrites, non-révélées. Elles sont innombrables à devoir réapparaître dans l’horizon de pensée et la réflexion intérieure des Juifs comme des Chrétiens. Les rassembler est un travail considérable qu’il faudra faire en commun afin de ne plus confondre ni opposer le temps d’Israël, temps des commencements, de la Justification, de l’Alliance (bereshith-berith) et le temps des Nations, les temps de la fin, les temps du Salut.

 Il faudra réconcilier les deux sens du mot symbolique « lama », à savoir « pourquoi » sur lequel Israël met l’accent et « pour  quoi » vers lequel le Christianisme est tendu.

 

                                                                                            Joël Putois
(Paris Juin 2001)

 

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