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Chrétiens et Juifs, ... des amis ! |
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Le site de l'association COEUR: Comité OEcuménique d'Unité chrétienne pour la Repentance envers le peuple juif. |
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DEPUIS
QUAND ... … les Juifs sont-ils l'objet d'une haine
des autres peuples ? Par
Fadiey LOVSKY
Réponse
à une lectrice de la revue YERUSHALAIM qui a posé la question suivante: "L'antisémitisme
est une réalité actuelle tout-à-fait condamnable. Et je me demande depuis quand
les Juifs sont-ils ainsi rejetés ?" ——————————————————— Je vois
une première explication des besoins de comprendre depuis quand sévit cette
opinion néfaste. Plus on l'enracine dans les siècles passés, plus on la
généralise. Ne serait-ce que, peu ou prou, pour en faire une donnée permanente
et incurable de nos sociétés ? Au fond, on en reconnaîtrait l'ancienneté pour
en déduire une présence indéracinable. Autrement dit, en devenant quelque peu
défaitiste, la question nous inciterait à baisser les bras, et à dire plus ou
moins tristement qu'il n'y a rien à faire. Une
autre explication ferait de cette question un plaidoyer pour un acquittement:
vous dénoncez mon antisémitisme, ou le nôtre ? Mais il y en a eu tant d'autres
! Nous ne sommes ni les seuls, ni les premiers, … On plaide alors les circonstances
atténuantes. Et dans le cas précis des chrétiens, confrontés à leur trop
souvent antisémitisme virulent d'hier, la question prend l'allure d'un enfant
qui, pour se défendre, crie, indigné: "Il n'y a pas que moi …". Soyons clairs: une telle argumentation ne
serait d'aucune valeur ! Toute
recherche d'alibi pour banaliser l'antisémitisme est indéfendable. Si la raison
profonde de la recherche sur les manifestations historiques et anciennes de
l'antisémitisme a pour but de nous accorder des circonstances atténuantes,
restons-en là, et concluons que cette recherche serait amorale. Mais,
cette question, on peut la poser dans l'inquiétude spirituelle, pour mieux
comprendre la nature de cette haine, et ses origines. Et, dès lors, il faut
répondre à cette inquiétude: merci de nous en avoir fait part. ——————————————————— A la condition formelle qu'elle
ne représente pas la recherche d'un alibi, cette question n'est pas seulement
recevable. Elle est utile. Il n'y a que des bénéfices spirituels à pousser
l'investigation. On ne cherche plus des complices dans une culpabilité diluée,
mais on s'interroge utilement sur la nature d'une haine des Juifs, durable et
protéiforme. L'enquête est alors possible. Possible,
mais délicate. Permettez-moi deux exemples. Quand Jules Isaac a publié son
"Jésus et Israël", voici plus de cinquante ans, je me souviens de lui
avoir timidement dit que l'antisémitisme était répandu avant la prédication
chrétienne. Il ne le niait pas, tout en ayant tendance à minimiser ce
phénomène. Mais je n'ai eu qu'à baisser la tête quand l'historien que j'avais
en face de moi, se muant en prophète par qui Dieu parlait aux Chrétiens, nous
demandait de chercher en nous-mêmes, et dans nos traditions, les gauchissements
qui nous avaient livrés à la séduction antisémite. Vouloir poursuivre le débat
historique, eut été, à l'évidence, une échappatoire de notre part. La
meilleure histoire de l'antisémitisme, en plusieurs volumes, ne serait-ce que
parce qu'elle a été menée jusqu'à notre époque, est celle de Léon Poliakov.
J'avoue que j'eus un choc, en 1955, à la vue du titre du premier volume:
"Du Christ aux Juifs de cour". Implicitement, Poliakov paraissait
faire naître l'antisémitisme, sinon à Jésus-Christ, en tous cas avec la
prédication chrétienne. Poliakov est un homme droit; par la suite, en
approfondissant sa recherche, il n'hésitait pas à élargir, et à reculer les
origines de l'antisémitisme. Mais, dans un premier temps, l'appel des Juifs à
la nécessaire vigilance chrétienne ne pouvait éviter l'allure d'une accusation
à propos de la dérive antijuive de l'enseignement chrétien. ——————————————————— A la condition expresse qu'on ne
transforme pas ce qui suit en absolution dans un domaine où les Chrétiens ont
été gravement et durablement coupables, il est possible de dire que l'antisémitisme
est une puissance du Mal antérieure à l'enseignement chrétien, lequel ne
devient socialement significatif qu'au 2ème siècle. Antérieure, et
non sans influence sur lui. Deux
Juifs du 1er siècle de notre ère ont dénoncé l'antisémitisme
virulent qui régnait dans la grande ville grecque d'Alexandrie, en Égypte. Le
célèbre philosophe juif de langue grecque, Philon, fut envoyé par les Juifs de
la ville en ambassade à Rome, en 38, pour protester contre les violences des
antisémites, lesquels déléguèrent leur chef Apion. Philon a rédigé le récit de
cette ambassade. On a aussi la lettre de l'empereur Claude, en 41, relative à
cette agitation. Un demi-siècle plus tard, entre 93 et 96, l'écrivain juif
Flavius Josèphe, écrivait un livre "Contre Apion" pour dénoncer les
mensonges de cet agitateur spécialisé dans la haine des Juifs. Tout le
monde sait que l'Ancien testament a offert, par imprudence diront certains,
mais plus exactement par l'honnêteté exemplaire de ses rédacteurs, une mine de
reproches à faire aux Juifs. Les antisémites, y compris chrétiens, hélas n'y
ont pas manqué. On n'ira pas cependant jusqu'à prétendre que le livre d'Esther
soit de pure affabulation, lui qui fut traduit en grec, à Alexandrie, au 3ème
siècle avant Jésus-Christ. On sait que la fête de Pourim existait en Judée un
siècle avant la prédication chrétienne. Elle traduisait, comme le livre
d'Esther, l'expérience historique des Juifs parmi les Nations. Plus on
remonte dans le temps, plus la recherche historique manque d'indices et de documents.
Encore une fois, il n'est pas question de transformer les antécédents
antisémites des Nations païennes en autant d'alibis, soit en faveur des
Chrétiens, soit au bénéfice d'un 20ème siècle plus criminel que tous
les autres. Soljénitsyne raconte, dans son
livre "L'Archipel du Goulag", une conversation avec un Ukainien,
victime comme lui du régime soviétique. Cet homme s'indignait que les Juifs
soient le "peuple élu": "Pourquoi les Juifs, et pas les
ukrainiens ?" Parole profonde, sous son aspect rude. Question valable,
malgré la hargne qui l'accompagne. En définitive, l'antisémitisme constitue une
jalousie religieuse des Nations à l'encontre du peuple de l'Élection. Jalousie
religieuse, habillée de nationalisme, de politique ou d'oripeaux économiques.
Cette jalousie spirituelle explique la théorie de la substitution et la fausse
théologie du rejet qui se sont développées en Chrétienté. Oui, il
faut remonter jusqu'au livre de l'Exode pour comprendre la haine des Nations
envers le peuple de l'Élection; c'est en cela que l'antisémitisme conduit à une
révolte spirituelle absolue, dont nous avons pu mesurer la virulence. L'enquête
historique nous a conduits jusqu'au pied du Mont Sinaï, pour apprendre quel
contenu de révolte, à l'égard de la libre et souveraine volonté de Dieu, se
déploie dans la tentation antisémite. F.LOVSKY |
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