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Chrétiens et Juifs, ... des amis ! |
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Le site de l'association COEUR: Comité OEcuménique d'Unité chrétienne pour la Repentance envers le peuple juif. |
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Mystère
d’Israël, . . . . . . et
Mystère de l’Eglise ! Fadiey
LOVSKY Paru
dans Yerushalaim n°13 Vous adorez ce que vous
ne connaissez pas, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs.
(Evangile de Jean 4:22) Le Mystère
d’Israël aide l’Eglise du Christ à comprendre que la parole de Jésus à la femme
samaritaine - le salut vient des juifs - garde une signification
permanente. Sans noircir à l’excès les relations des Juifs avec les Samaritains
au temps de Jésus, il faut souligner que l’Evangile précise que « les
Juifs en effet n’ont pas de relations avec les Samaritains » (Jean
4:9) : c’est donc au prix d’un sacrifice moral, religieux et national que
l’affirmation du Christ doit être comprise et reçue par les Chrétiens. Le salut
nous vient des Juifs par la continuité historique de la Révélation; par la
personne du Christ incarnée dans le peuple d’Israël; par le collège apostolique
qui constitue l’Eglise du Christ en « Reste » d’Israël; par la
« conversion » que le salut par les Juifs exige des non-Juifs. C’est la
dette historique contractée par les non-Juifs à l’égard du premier peuple de la
Révélation qui soulève le moins de récriminations de la part des Gentils. On
peut donner de grands coups de chapeau aux Juifs d’un passé lointain et se
refuser totalement au Mystère d’Israël. Aussi les Chrétiens se contentent-ils
très souvent d’interpréter le texte de Jean 4:22 sous un angle purement
historique, comme si le point de vue de l’histoire des religions était celui de
l’Evangéliste. Mais Jésus, qui n’a pas l’habitude d’énoncer des platitudes, n’a
pas dit: «Le salut est venu des Juifs», proposition que la Samaritaine aurait
plus facilement acceptée- comme les Chrétiens d’aujourd’hui sont prêts à la
ratifier en songeant que le salut est effectivement venu d’un Juif nommé Jésus,
autrefois. Jésus
mentionne les Juifs au pluriel, et les relie à la venue du salut au présent. Le
dieu qui vient au-devant des hommes, par les Juifs, est un Dieu vivant, qui
touche le coeur de la Samaritaine à l’instant où elle écoute Jésus; et c’est le
même Dieu vivant qui, depuis lors, besogne à tous les moments de l’histoire des
hommes de toutes les nations quand ils écoutent quelqu’un leur annoncer le
salut qui vient des Juifs par Jésus-Christ. Quelle que soit la nationalité de
ce messager de l’Evangile, il appartient à l’Eglise des apôtres juifs du
Christ. Au moment où je crois en Jésus-Christ, le salut me vient des Juifs par
la succession apostolique et la communion des Saints, et je deviens spirituellement
un Sémite. Le mur de séparation entre les Samaritains, les Français, les Grecs,
les Arabes, les Sénégalais ou les Britanniques d’une part, et les Juifs de
l’autre, s’abat alors pour moi pour que je sois adopté par la grâce de Dieu,
afin d’appartenir désormais au « Reste » d’Israël. Chaque
fois que nous confessons que Jésus est né de la vierge juive Marie, nous
affirmons que le salut nous vient des Juifs. Notre situation n’est pas
différente de celle de la Samaritaine quand elle a reçu, de plein fouet, la
parole du Christ: « Le salut vient des Juifs. ». Pécheurs, nous sommes jugés et condamnés
par le Décalogue que le peuple d’Israël nous a transmis. Attachés à nos
religions, à nos cultures, à nos traditions comme l’était, non sans une grande
dignité, la Samaritaine, nous sommes appelés à renoncer à toutes ces garanties,
et à tenir notre salut d’un Juif, et de nul autre, en confessant qu'il est le
Messie d’Israël annoncé de siècle en siècle par l’Eglise des Juifs et des
Gentils greffée sur le peuple d’Israël. Si le
docétisme et l’antisémitisme cherchent à nous faire oublier que l’incarnation
et la vie de Jésus ont été juives, notre fidélité chrétienne nous oblige à
maintenir que ni la naissance, ni la vie, ni la mort, ni la résurrection de
Jésus n’ont été des apparences. Elles se sont effectivement déroulées dans le
sein d’un peuple de la terre, désigné à cet effet, pour cet honneur et cette
charge, par Dieu lui-même. Ceux des Chrétiens qui hésitent à confesser que le
salut leur vient aujourd’hui encore des Juifs s’interdisent de rencontrer le
Christ Jésus, vrai homme juif et Vrai Dieu, dans son incarnation et dans son
humanité; comment peuvent-ils dès lors l’adorer dans sa divinité? Notre
hésitation à répéter que le salut vient des Juifs n’a pas nécessairement pour
origine des sentiments antisémites, bien qu’il faille nous interroger sans
complaisance à ce sujet; elle provient aussi d’un refus plus ou moins conscient
de l’enjeu d’ordre spirituel contenu dans l’exigence du Christ. « Le salut
vient des Juifs », en heurtant nos sensibilités, nous contraint de choisir
entre le contenu objectif de la foi chrétienne, telle qu’elle nous est donnée,
à nous Samaritains, et les imaginations, les préférences, les passions de nos
religiosités personnelles ou de nos idéologies collectives. La
conversion profonde de nos coeurs dépend de l’aveu que le salut vient comme
Dieu en a décidé. La parole du Christ départage, en nous, la religiosité
naturelle de la foi chrétienne. On ne remarquera jamais assez que le même récit
de l’Evangile nous exhorte à croire et à adorer en esprit et en vérité (versets
23 & 24) et nous annonce en même temps le salut par les Juifs. La
contradiction n’est qu’apparente: il ne s’agit nullement, pour adorer le Père
en esprit et en vérité, de nous détacher de toutes les institutions
religieuses, de nous distancer de tous les événements spirituels antérieurs à
nous, ni de nous écarter des voies et moyens que Dieu a préparés pour les
adorateurs en esprit et en vérité. Tout au contraire, l’adoration sera d’autant
plus spirituelle qu’ils auront accepté le cheminement que Dieu a choisi pour
eux. Au lieu de se confier dans leurs aspirations religieuses, il faut qu’ils
l’enracinent dans le dessein de salut pour le monde. Ce dessein, qui leur vient
des Juifs, s’est manifesté dans la personne du fils juif de la vierge juive
Marie, selon les témoignages des disciples juifs qui l’ont connu et qu’il a
envoyés pour annoncer la bonne nouvelle, de génération en génération, à tous
les hommes de toutes les nations , afin qu’ils sachent, jusqu’à la fin des
temps et jusqu’aux extrémités de la terre, que la grâce du salut qui vient des
Juifs leur est acquise, à eux comme à la Samaritaine, par la puissance de la
Croix. Car la
foi chrétienne ne saurait être un échappatoire individualiste. On reçoit la foi
d’autrui, et l’on se rattache ainsi, par une filiation spirituelle, à l’Eglise
apostolique, « Reste » d’Israël rassemblé par Jésus-Christ. Les
chrétiens deviennent ainsi, à jamais, spirituellement des Sémites; et nous
sommes, comme notre soeur la Samaritaine, appelés à nous réjouir que Dieu nous
greffe à toujours sur l’olivier dont la sève irrigue les rejetons de la
Gentilité. L’image dont saint Paul s’est servi est le meilleur commentaire de
Jean 4:22: elle signifie que le salut ne vient pas chronologiquement des
Juifs, une fois pour toutes, dans un passé si lointain qu’après tout, nous
pourrions nous demander si l’origine juive du salut ne s’est pas affadie au
cours des siècles; la comparaison affirme que de génération en génération, dans
la foi apostolique librement acceptée et par la grâce de l’adoption, le salut
vient des Juifs, au XX° siècle, comme il est venu vers les Grecs du 1ersiècle,
les Latins du IIèmesiècle, les Berbères du IVèmesiècle et
les Malgaches du XIXèmesiècle, au prix d’un dépouillement, d’un
sacrifice, d’une « conversion » où il faut que les fiertés nationales
ou les idéologies plus ou moins religieuses passent par les fourches caudines,
dressées devant les futurs chrétiens: « le salut vient des Juifs ». Cette
parole est dure — comment peut-on prétendre que le quatrième Evangile soit
anti-juif, voire antisémite ? Il réclame la mort, dans nos coeurs, de notre
héritage spirituel ou de nos principes idéologiques. Osons-nous imaginer ce que
la Parole du Christ exigeait de la Samaritaine ? Oserions-nous le transposer
dans l’actualité ? Si nous allions jusqu’au bout de cette parole terrible, nous
devrions renoncer aux attachements et aux aspirations les plus naturels, et
dirions-nous, les plus « légitimes », en faveur de ce qui paraît le
plus contraire à notre passé et à notre présent. Samaritaine séparée et non
sans raison des Juifs, il faut que tu saches que ton salut te vient néanmoins
des Juifs, par l’amour de Dieu incarné dans la personne du Juif qui te parle
... Votre salut, vous qui n’êtes pas juifs, exige, de siècle en siècle, que
vous surmontiez votre scandale, votre étonnement ou votre jalousie, et que vous
acceptiez que la grâce vous vienne des Juifs par la Croix du juif Jésus. La
pérennité du peuple d’Israël aussi bien que l’oeuvre du Saint-Esprit dans
l’Eglise interdisent de situer l’avertissement du Christ à la Samaritaine dans
la seule préhistoire de la vie spirituelle des Chrétiens d’aujourd’hui. Cette
exigence du Christ nous place au pied du mur, en nous demandant de choisir
entre lui et chacune de nos idéologies. F.LOVSKY |
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