Chrétiens et juifs, ... des amis !

Le site de l'association COEUR: Comité OEcuménique d'Unité chrétienne pour la Repentance envers le peuple juif.

 

 Les Protestants face au Judaïsme

(Extraits)

Le document « Eglise et Israël » a été produit par la Communion Ecclésiale de Leuenberg (CEL), qui s’appelle depuis le 2 novembre 2003, la Communion d’Eglises protestantes en Europe (CEPE).

 Cette communion d’Eglises est née en 1972, lorsque les Eglises luthériennes, réformées, unies et méthodistes ainsi que les Eglises pré-réformatrices telles que les Eglises vaudoises et hussites se sont accordées les unes aux autres une communion de chaire et d’autel en vertu de la Concorde de Leuenberg.

Ce document a été adopté lors de l’assemblée générale de la Communion d’Eglises Protestantes en Europe (CEPE), à Belfast en juillet 2001 , à l’unanimité des 103 Eglises membres.

Les positions protestantes depuis 1945

Ce texte « Eglise et Israël » n’est pas tombé du ciel. Il s’inscrit dans les réflexions du monde protestant, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, les récapitule et tente d’en tirer les conséquences pour la théologie protestante aujourd’hui. Il a le mérite d’exprimer d’une seule voix les positions des Eglises issues de la réforme en Europe.

Comme le note le professeur Elisabeth Parmentier : «  L’Eglise catholique a commencé ce chemin depuis Vatican II à grandes enjambées. Mais les Eglises de la Réforme également, et ce depuis 1945. Ceci n’est pas tellement connu du fait qu’elles ne disposent pas d’un magistère et donc d’une visibilité reconnue. Il y a eu de nombreuses prises de position et des demandes de pardon, mais donc l’impact fut moins médiatique ! » (4)

Par ailleurs, nous ne disposons pas d’une synthèse de ces textes, tel l’ouvrage incontournable du Père Jean Dujardin, pour le monde catholique, "L’Eglise catholique et le peuple juif", qui nous permettrait d’avoir une vision claire des évolutions. (5)

Il convient donc de rappeler brièvement , en citant quelques prises de position importantes, les grandes étapes de cette réflexion que le professeur Parmentier classe en deux périodes : Le refus de l’anti-judaïsme et la demande de pardon (1946-1980) et la reconnaissance du judaïsme comme chemin de salut spécifique après 1980.

En France, le pasteur Charles Westphal qui aida Jules Isaac à publier Jésus et Israël, chez Albin Michel, donnait le ton dans le  Premier cahier d’Etudes Juives  de  Foi et Vie. Dès 1947, il avait exprimé une demande de pardon dans la longue prière qui inaugure cette série de cahiers ininterrompue depuis :

«  Nous ne devrions plus parler des Juifs, parler aux Juifs, que dans une grande angoisse d’humiliation et d’espérance … La question juive est la question des questions. A la manière dont ils parlent des Juifs, on peut juger sûrement de la valeur spirituelle d’un homme, d’une Eglise, d’un peuple, d’une civilisation. L’antisémitisme est, pour l’Eglise, la plus grave méconnaissance de la foi… Père Pardonne-nous ». (6)

Dès 1947 encore, la Fédération Protestante de France (FPF) crée un comité de témoignage auprès d’Israël qui est devenu en 1970 la commission Eglise et peuple d’Israël. Le professeur Fadiey Lovsky qui dénonça dans ses œuvres l’antisémistisme chrétien et rappela que l’unité de l’Eglise ne peut se concevoir sans le peuple d’Israël, en fut le secrétaire de 1947 à 1967.  

Dans cette perspective, le conseil de la FPF adressa, en mars 1961, un vœu au Conseil Œcuménique des Eglises (COE) rappelant que « l’antisémitisme est un péché contre Dieu et contre l’homme. » (7)

Parmi les jalons de la réflexion de la pensée protestante, je me bornerai à citer l’apport d’une église d’outre Rhin, l’Evangelische Kirche Deutschland (EKD) et du Conseil Œcuménique des Eglises (COE). Il conviendrait d’analyser aussi les déclarations faites du côté luthérien. (8)

En 1950, le Synode de l’EKD à Berlin-Weissensee a exprimé pour la première fois la part de culpabilité dont l’Eglise protestante s’était chargée pendant la dictature national-socialiste à l’égard des Juifs. A cette occasion, elle a reconnu que l’Eglise s’était rendue coupable “ par son silence et son laisser-faire “, et elle a affirmé sa foi” que la promesse de Dieu envers le peuple d’Israël qu’il a élu est restée en vigueur même après la crucifixion de Jésus-Christ “. C’est au Kirchentag de Berlin, en 1961, que le dialogue avec les Juifs a été mis en place et s’est développé.  Trois études intitulées “Chrétiens et Juifs “, qui datent de 1975 , 1991 et 2000 rendent compte de l’état de  ces  dialogues: l’étude “ Chrétiens et Juifs II “ a fait état d’un “ consensus fondamental “ qui a été atteint.

Ce consensus qui englobe le “rejet de l’antisémitisme“ et la “reconnaissance de la coresponsabilité et de la culpabilité des chrétiens dans l’Holocauste”. L’accent est mis sur “le lien indissociable de la foi chrétienne avec le judaïsme” ainsi que sur “l’élection éternelle d’Israël”, et l’on attire l’attention sur “ l’enjeu de l’Etat d’Israël ”.(9)

Dès sa fondation en 1948, le Conseil Œcuménique des Eglises, lors de l’Assemblée d’Amsterdam rappela “ la signification spéciale du peuple Juif pour la foi chrétienne ” et dénonça “l’antisémitisme comme absolument inconciliable avec la foi chrétienne … L’antisémitisme est un péché à la fois contre Dieu et contre l’homme “. Mais il faudra attendre l’Assemblée de New Delhi, en 1961, pour que l’on rejette l’idée que les Juifs d’aujourd’hui ont une part de responsabilité dans la mort du Christ.

Si la reconnaissance de la spécificité du peuple d’Israël est reconnue, l’on se demande encore sur quel mode établir des relations : celui de la “ mission “, ou bien celui d’un dialogue respectueux de l’identité et de la différence du peuple juif.

La réunion Foi et Constitution à Bristol (1967) ne remit pas en cause la mission chrétienne envers les Juifs. Il faudra attendre l’adoption par le Comité central des Directives pour le dialogue interreligieux (1979) et des Considérations œcuméniques sur le dialogue judéo-chrétien (1982) pour que l’attitude change et que soit développé un dialogue qui prenne en compte l’identité de l’autre.

Lors de la réunion de Foi et Constitution à Bristol, en 1967, le Conseil œcuménique a essayé de jeter les bases d’une réflexion théologique sur la nature de la relation entre les Chrétiens et les Juifs. Par l’affirmation de la pérennité de l’Alliance et de l’élection d’Israël et le rejet de toute théologie de la substitution et d’appropriation exclusive par l’Eglise de l’héritage juif. C’est dans cette perspective que le pasteur Philip A Potter, en 1975, exprimera son inquiétude face à la décision prise par l’assemblée générale de l’ONU déclarant que « le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale. » (10)

C’est en 1988 que le COE fera le point des acquis et des questions qui restent ouvertes dans ce dossier difficile dans la déclaration intitulée "Les Eglises et le peuple juif, vers une entente nouvelle." qui rappelle que :

« L’alliance de Dieu avec le peuple juif reste valable . L’antisémitisme et toutes les formes d’ « enseignement du mépris » pour le Judaïsme sont à rejeter. La tradition vivante est un don de Dieu. Le prosélytisme forcé en direction des Juifs est incompatible avec la foi chrétienne.  Les Juifs et les Chrétiens ont une responsabilité commune en tant que témoins dans le monde de la justice et de la paix de Dieu . » (11)

Parallèlement à ce travail théologique le COE s’est engagé dans la défense des droits de l’homme. Concernant les événements au Moyen-Orient, sous l’égide du COE ont été organisées des conférences où se retrouvaient Palestiniens et Juifs. Concernant la question de Jérusalem, il a demandé que soient respectées les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU. Et depuis 1994, il tient compte dans ses déclarations du Mémorandum : Signification de Jérusalem pour les Chrétiens publié en novembre 1994 par les chrétiens de Terre Sainte. Cela est patent dans la Déclaration sur le statut de Jérusalem prise à l’Assemblée d’Harare en 1999.( 12)

 

L’origine et l’objet du texte « Eglise et Israël »

Le texte « Eglise et Israël » que nous évoquerons maintenant est le fruit du travail théologique que les Eglises réunies au sein de la CEPE se sont engagées à poursuivre.

En 1994, cette communion d’Eglises a adopté un texte intitulé : "L’Eglise de Jésus-Christ : la contribution des Eglises issues de la Réforme au dialogue œcuménique sur l’unité de l’Eglise ", dans lequel elle décrit comment elle entend mettre en route un processus œcuménique qui aboutisse un jour à l’unité de toutes les Eglises.

Dans ce document, un passage est consacré au dialogue avec le Judaïsme qui est distingué du dialogue avec les autres religions. Il y est affirmé notamment que la relation de l’Eglise à Israël « fait partie de l’ecclésiologie et constitue donc un aspect incontournable de l’identité de l’Eglise. » (1/1.2.4.)

« Lorsque les chrétiens parlent de l’élection éternelle d’Israël, cela implique la reconnaissance du peuple juif en tant que peuple de Dieu. […] le fait que l’Eglise se désigne elle-même comme ‘peuple de Dieu’  ne va pas de soi [.. et] peut apparaître comme une usurpation aux yeux des Juifs. » (1/1.3.) « Quoi qu’il en soit, « Le rapport entre l’Eglise et Israël,[…]qui se reconnaissent chacun comme étant le ‘peuple de Dieu’, n’est pas une question marginale pour l’Eglise et la théologie chrétienne. Au contraire, […] par le fondement de sa foi, l’Eglise dépend d’Israël, et sa relation avec Israël fait donc « partie intégrante de la question du fondement de sa foi » (L’Eglise de Jésus-Christ, p. II 109). (1/1.3.) (13)

Il fallait donc approfondir les conséquences théologiques et pratiques d’une telle affirmation. C’est pourquoi, en 1996, la CEL (actuellement CEPE), a constitué une commission doctrinale chargée, sur la base de la déclaration de 1994, de faire le point du dialogue, d’en préciser les enjeux théologiques et de tracer les perspectives d’un dialogue respectueux de l’autre.

 

Objet de ce document :

Le document « Eglise et Israël » n’est donc pas un « vade-mecum » pour le dialogue Judéo-Chrétien, mais une étude théologique qui entend faire une première approche des questions, même si elles restent encore à approfondir. Il faut encore souligner que ce texte parle d’Israël ou du peuple d’Israël en tant qu’entité religieuse, il ne fait que peu référence à l’Etat hébreu et, lorsqu’il le cite, il parle explicitement de l’Etat d’Israël.

Ce texte qui commence par le souci de la repentance s’achèvera par une demande de pardon. Entre les deux nous trouvons trois parties :

·   le chapitre 1. Israël et l’Eglise, présente l’état de la question et des discussions,

·   le chapitre 2. L’Eglise et Israël, tente définir, de façon théologique et dogmatique, comment l’Eglise doit concevoir son rapport avec Israël aujourd’hui.

·   le chapitre 3. L’Eglise dans l’aujourd’hui d’Israël, donne des éléments pratiques pour développer ce dialogue dans le respect et la vérité.

Les grandes affirmations du texte « Eglise et Israël »

Parmi les affirmations de ce texte, je n’en retiendrai que trois.

* Tout d’abord le rappel de ce que la théologie de la substitution est fausse.

* Et la nécessité de revisiter l’ecclésiologie chrétienne et de s’interroger sur la place de l’Eglise dans une alliance unique dont Israël et l’Eglise sont les bénéficiaires.

* Le texte ne conclut pas, mais invite à la recherche dans ce chantier inédit, rappelant que :

1/ «  Le titre de ‘peuple de Dieu’ place l’Eglise dans un cadre général plus vaste, relativisant sa place propre - ce qui a un effet salutaire -, et montrant la perspective de la volonté de salut de Dieu pour toute l’humanité. Mis à part le rapport instauré au fondement à partir d’une théologie de l’élection et de l’alliance, la perspective eschatologique est la caractéristique principale d’une compréhension qualifiant d’un point de vue théologique la notion de « peuple de Dieu ». Même l’Eglise en tant que ‘peuple de Dieu’ n’est pas encore le lieu de l’accomplissement, elle est bien plutôt en route vers le royaume promis de la gloire de Dieu. C’est pour cette raison que la désignation de l’Eglise comme ‘peuple de Dieu’ n’est nullement une « autodésignation » quand on considère son contenu théologique. Il s’agit au contraire d’un titre honorifique accordé à l’Eglise sola gratia, titre dont elle devrait plutôt rougir que se glorifier au vu de l’image qu’elle donne d’elle-même dans les faits. Par elle-même, l’Eglise ne peut pas prétendre être le ‘peuple de Dieu’, et dans cette mesure, elle ne peut tirer aucune conséquence de cette désignation face au monde. Elle peut seulement redécouvrir sans cesse et célébrer le fait que ce titre honorifique lui a été accordé et reconnu dans la « praxis » du Christ vivant.  » ( E&I, II,259)

2/ Il dénonce la mission envers les Juifs.

« La prédication chrétienne se déroule en public et s’adresse à tous les humains. Elle retentit dans le contexte du dialogue avec les religions mondiales et dans le dialogue avec des représentations du monde non religieuses. Il va de soi que les chrétiens témoignent de leur foi en paroles et en actes vis-à-vis de ces différents groupes.  Il en va de même dans leurs rencontres avec des Juifs. Le témoignage commun rendu au Dieu d’Israël et la confession de foi dans l’élection souveraine du Dieu unique constituent un argument de poids pour proscrire, de la part des Eglises, toute forme d’activité dirigée de façon spécifique vers les Juifs pour les convertir au christianisme.  »( E&I, II, 32)

3/ Il rappelle la solidarité qui nous lie à Israël, même s’il autorise un regard critique sur la politique actuelle de l’Etat d’Israël :

« Pour des raisons historiques et théologiques, l’Eglise est liée par la solidarité avec Israël. Ceci demeure valable même si les Eglises prennent position de façon critique sur le conflit israélo-arabe et sur des décisions politiques actuelles du gouvernement de l’Etat d’Israël. Elles s’opposent à toutes les tendances qui cherchent à diffamer le mouvement sioniste – qui a conduit à la fondation de l’Etat d’Israël – en le qualifiant de raciste. Les Eglises soutiennent tous les efforts de l’Etat d’Israël et de ses voisins, en particulier du peuple palestinien, pour parvenir à une paix sûre, durable et juste dans le respect mutuel, et pour la sauvegarder.

La question du sens théologique de la fondation et de l’existence de l’Etat d’Israël pour les chrétiens obtient des réponses différentes selon les Eglises et demeure un défi pour celles-ci. Dans ce contexte, toute application directe à la politique des promesses bibliques relatives à la terre doit être récusée. Il faut également rejeter toutes les interprétations tendant à considérer ces promesses comme dépassées à la lumière de la foi chrétienne.

La prise en compte par les chrétiens de l’élection d’Israël en tant que peuple de Dieu ne peut en aucun cas conduire à légitimer l’oppression de minorités politiques, ethniques et religieuses au nom de considérations religieuses . » ( E&I, III, 1.1.3  )

 

Conclusion

Le document de Leuenberg est un jalon posé dans le dialogue qui s’ouvre aujourd’hui entre les Juifs et les Chrétiens. S’il récapitule et exprime d’une seule voix les positions des Eglises issues de la réforme en Europe, il nous invite à faire teshouva et à repérer les perspectives nouvelles de cette démarche .

En ce jour, nous n’en sommes qu’aux prolégomènes dans ce dialogue inédit. Il est vrai que les questions sont innombrables, comme le rappelait, dans un numéro de la revue Lumière et Vie, le pasteur Alain Blancy, mon maître et ami, trop tôt disparu, qui aurait aimé vivre cet événement avec nous .

Certaines de ses interrogations sont sur le point d’être dépassées, d’autres restent en débat, mais il convient de l’écouter nous rappeler l’étendue du chantier qui s’ouvre devant nous aujourd’hui :

« Une nouvelle façon d’aborder la question des rapports judéo-chrétiens est de se tourner moins vers le passé que vers l’avenir et vers l’extérieur. Une commune conscience des valeurs partagées peut faire des juifs et des chrétiens ensemble des promoteurs d’idées et de pratiques originales et universelles dans des domaines tels que : la sanctification de la terre comme partie intégrante de la sanctification du Nom ; le respect de la personne et de la communauté humaine comme expression de la coopération de l’homme avec Dieu dans le cadre de l’Alliance ; l’interrelation entre les notions de paix et de justice, ainsi que l’espérance d’un avenir libéré de tout mal, qui est inscrite dans le messianisme tant juif que chrétien.

En définitive, la reconnaissance de racines communes pose le problème de la pérennité de la première alliance conclue avec l’Israël biblique. Une fois acceptée cette continuité, se pose ensuite la question de la reconnaissance des juifs comme peuple et comme peuple de Dieu, d’un Dieu qui ne revient pas sur ses promesses, et dès lors la question de l’intégration entre Israël et l’Eglise, entre peuple juif et peuple chrétien. Jusqu’où pousser l’unité et l’unicité ? A partir de quoi maintenir la différence : l’alliance, le peuple, les Ecritures, la tradition ? Quel sort réserver, ou quelle interprétation nouvelle donner aux notions d’accomplissement et de substitution ? Comment surmonter le fossé entre condamnation de la Shoah et de tout antisémitisme, et critique sévère, voire rejet, de tout sionisme lié à la pratique sinon à la constitution de l’Etat d’Israël ? Quelle révision théologique implique la reconnaissance du lien privilégié de Jésus avec le judaïsme de son temps et du lien de l’Eglise chrétienne avec le peuple juif, tant pour la christologie que pour l’ecclésiologie ? Quel changement radical de l’autodéfinition chrétienne provoquerait le passage d’un antijudaïsme traditionnel à une intégration irrécusable des racines juives de la foi et de l’existence chrétienne ? Enfin, la reconnaissance de l’importance de l’héritage commun n’enjoint-elle pas une large coopération, notamment dans les domaines qu’on résume et associe aujourd’hui largement sous la triple référence à “la justice, la paix et la sauvegarde de la création ” ? (18)

le 2 mai 2004

Pasteur Alain Massini,

Président de la Commission « Chrétiens et Juifs » de la Fédération Protestante de France

 

L'article complet a été publié sur le site de la Fédération Protestante de France ( http//:www.protestants.org )

Un Colloque est organisé à Paris du 23 au 25 Septembre 2006 afin de faire connaître largement ce document par le public.  ( pour information sur ce colloque cliquez ici )

 

 

 

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