Chrétiens et juifs, ... des amis !

Le site de l'association COEUR: Comité OEcuménique d'Unité chrétienne pour la Repentance envers le peuple juif.

 

NOUS ACCUSONS  !

Des Protestants protestent contre le Conseil Oecuménique des Eglises.

Remarque préliminaire


Le COE est sensé parler au nom des Protestants, pas seulement des Protestants certes, mais eux aussi. Et, en France, c'est la Fédération Protestante de France qui est le mandataire auprès du COE au nom des Eglises Protestantes membres.


Or le texte présenté ici provient de Protestants qui contestent fortement une récente Déclaration du COE à l'égard d'Israël.


Ce texte concerne donc les Protestants en priorité. Pas seulement eux, mais aussi tous les Chrétiens, et tous les amis d'Israël, et même tous ceux qui sont épris de vérité.

 

Nous vous invitons donc à consulter ce dossier et à joindre votre voix à la nôtre pour dire:

 

Nous protestons !




Le 28 mai, une lettre ouverte fut adressée à la Fédération Protestante de France pour exprimer l’émotion suscitée par la récente déclaration du Comité Exécutif du Conseil Œcuménique des Eglises à propos d’Israël et la Palestine. Cette déclaration avait été signalée par un article du JERUSALEM POST  intitulé « L’Eglise accuse ».

 Cette déclaration constitue en effet, comme le souligne le journal israélien, une véritable mise en accusation de l’Etat d’Israël.  Elle contient en particulier une phrase-choc qui donne le ton : «  Les actions ci-dessus mentionnées et d’autres faits semblables ne peuvent aucunement se justifier, ni moralement, ni légalement, ni politiquement. »

La Déclaration est présentée, fait particulièrement aggravant, comme l’expression de la position de « l’église » !

Ces faits sont suffisamment graves pour justifier une protestation énergique auprès de la Fédération Protestante de France qui est l’organe commun par lequel les églises protestantes françaises sont affiliées au Conseil Œcuménique.

 

L’examen rapide du document (cf. texte in-extenso et traduction) montre comment le Conseil Oecuménique a instruit un réquisitoire en règle contre Israël :

·         Dans le deuxième paragraphe, le Conseil Oecuménique dresse le tableau d’un état d’Israël régentant à sa façon la situation alors que « les palestiniens, musulmans et chrétiens, regardent impuissants, la détérioration de leur situation. »

·         Dans le troisième paragraphe, la charge s’accentue en attribuant le caractère « d’illicite » aux « gains » de la partie israélienne ! Et voici la suite de cette phrase :« l’autre partie, désespérée par ces gains illicites, recourut aux élections légitimes pour choisir de nouveaux leaders et s’en trouva isolée et punie ». Il s’agit là d’un raccourci vertigineux qui contredit toutes les observations faites sur le terrain, par tous les observateurs, et ils sont nombreux : le succès du Hamas est en effet très généralement attribué au ras-le-bol de la population vis-à-vis de la situation de corruption généralisée des structures palestiniennes en place. Même s’il voulait atténuer ou excuser la partie palestinienne, le Conseil Oecuménique a présenté là une vision très personnelle de la réalité et non, comme sa présentation le suggère, une description objective du processus historique !

 

Et le document se poursuit sous la forme d’un réquisitoire implacable dans le procès fait à Israël et où les Palestiniens ne sont présentés que comme de pauvres victimes ! Mais cette plaidoirie passe complètement sous silence les faits avérés à charge de la partie palestinienne :

·         Aucune évocation donc des désordres pourtant reconnus de l’Autorité Palestinienne !

·         Aucune évocation des multiples refus de faire la paix,  de feu Yasser Arafat !

·         Aucune évocation du climat de terreur imposé par la multitude de groupes armés palestiniens à la population palestinienne : c’est ainsi qu’au cours de la première intifada, les exécutions sommaires, notamment pour soupçons d’amitié avec des juifs, ont fait plus de victimes que les combats  !

·         Aucune évocation des considérables détournements de fonds opérés par une « élite » politique qui faisait la grande vie, sans aucun égard à la misère grandissante de la population !

·         Silence sur la réalité du Hamas, qui affiche officiellement dans sa charte sa volonté de détruire l’Etat d’Israël ( «Le Mouvement de la résistance islamique considère que la terre de Palestine est une terre islamique pour toutes les générations de musulmans jusqu'au jour de la résurrection», dit notamment la Charte. «Il est illicite d'y renoncer en tout ou en partie ou de s'en séparer en tout ou en partie.»  Cité par Louis Hema – Le Temps.ch  - 28.06.2006 )

·         Silence sur tous les efforts de paix faits du côté israélien, efforts qui l’ont conduit successivement à signer des accords qui ne sont plus maintenant reconnus par les dirigeants palestiniens actuels.

·         Silence sur les bombardements de civils israéliens par les fabricants de roquettes  à Gaza.

·         Silence sur les persécutions des chrétiens palestiniens par les islamistes palestiniens,

·         Silence sur les violations des droits de l’homme par les autorités palestiniennes (exécutions sommaires de leurs propres citoyens, dénoncées par Amnesty International),

·         Silence sur l’endoctrinement systématique de la jeunesse palestinienne, sur l’incitation à la haine raciste dans les manuels scolaires palestiniens financés par la communauté européenne  (on apprend par exemple aux enfants l’addition et la soustraction en les rapprochant du verbe tuer !)

·         Silence aussi sur les appels au suicide et au meurtre dans tous les médias, journaux, télévision d’état, etc …

·         Silence sur l’embrigadement des enfants dans la guerre, en vue de leur faire accepter l’idée de se sacrifier sous forme de bombes humaines avec la promesse d’une entrée garantie au paradis des shahids .

·         Silence enfin sur l’appel à la destruction de l’Etat d’Israël par le président de l’Iran qui n’a pourtant aucun problème frontalier avec Israël et n’est pas arabe. Ce qui n’empêche pas le Conseil Oecuménique   de terminer son document sur la mention de l’Iran en contrepoint d’Israël pour le projet de dénucléarisation du Moyen-Orient, comme s’il était évident qu’Israël aussi menaçait ses voisins du feu nucléaire !

 

Par une telle partialité, se plaçant résolument dans la position d’avocat de l’une des parties, le Conseil Oecuménique pratique ce qu’il est justement en train de dénoncer, la pratique du « deux poids, deux mesures ».

 

Ces « actions-là et faits semblables », pour reprendre la terminologie du Conseil Oecuméniqu, semblent même tellement ignorés de lui qu’ils ne font même pas l’objet de l’ombre d’une allusion dans la déclaration du Comité Directeur, bien que n’ayant pas échappé à l’opinion internationale, même parmi les nations arabes !

Ces faits peuvent d’autant moins être ignorés du Conseil Oecuménique que nous savons que cet organisme entretient sur place un personnel important. On peut même être surpris que le conflit israélo-palestinien soit le seul qui ait conduit le Conseil Oecuménique à créer une structure particulière, l’EAPPI : les rapports annuels du Conseil Oecuménique de 2003, 2004 et 2005, tels qu’ils ont été publiés, ne mentionnent aucune autre mobilisation notable en fonds et personnel dans les domaines sociaux et politiques, à l’exception du programme EHAIA de lutte contre les effets du Sida en Afrique.

Pourtant, de nombreux autres parties du monde où les droits de l'homme sont menacés, et où notamment les chrétiens sont persécutés, mériteraient son action; on peut citer notamment la Corée du Nord, l'Asie du Sud-est, la Chine, le Darfour, le Nigéria, mais il en est hélas bien d’autres ... Dans ces régions, l'Eglise souffrante est donc délaissée par le Conseil Oecuménique   alors que les pertes humaines notamment, les entraves à sa vie et à son développement, et même les menaces à son existence, mériteraient amplement sa sollicitude active.

 

Un examen succinct des archives du Conseil Oecuménique telles que publiées sur son site internet montre que cette position n’est évidemment pas nouvelle: dans les différents textes précédents, textes que le Conseil Oecuménique   rappelle obligeamment dans sa déclaration, le même parti pris, le même unilatéralisme, était de rigueur. Ce qui n’empêche pas le Conseil Oecuménique d’affirmer que sa position, c’est-à-dire les normes qu’il vient d’édicter,  « … font partie intégrante des six décennies de la politique de l’église à l’égard du conflit ». Le Conseil Oecuménique ose ainsi se présenter au monde dans un document officiel comme exprimant le point de vue de l’Eglise !  On se demande sur quelles bases, contractuelle et surtout théologique, le Conseil Oecuménique se fonde en se présentant ainsi comme parlant au nom de l’Eglise: n’était-il pas constitué pour rassembler  des Eglises … ?

 

Mais l’introduction de ce document comporte encore quelques contre-vérités très remarquables. C’est ainsi que le Conseil Oecuménique affirme benoîtement que « la démocratie doit être protégée là où elle prend racine ». Mais le Conseil Oecuménique ignore-t-il que la démocratie a pris racine depuis longtemps en Israël, que cette démocratie est la seule vraie démocratie - et certains l’estiment exemplaire - de tout le Moyen Orient ? Que la population israélienne subit elle aussi, les effets dévastateurs d’un terrorisme abject, par les bombes humaines et les salves de roquettes ? Que cette population comprend une fraction non juive qui ne voudrait d’ailleurs, à aucun prix, se trouver de l’autre côté, là où pourtant elle serait en situation de fraternité ?

Le Conseil Oecuménique ignore-t-il que les leaders palestiniens « élus démocratiquement » ne pensent qu’à une seule chose : éliminer l’Etat d’Israël, le rayer de la carte, mettre à la mer la population juive, et que ce but n’est aucunement secret, mais officiellement annoncé dans les organes de presse et déclarations publiques incessantes ? Est-ce cette démocratie-là que le Conseil Oecuménique souhaite « protéger là où elle prend racine »?

 

Au travers de ces textes et affirmations, le Conseil Oecuménique développe une conception biaisée des moyens à mettre en oeuvre pour avancer vers cette paix que beaucoup souhaitent. Car, pour faire la paix, il faut la désirer et il faut être deux; mais le « gouvernement élu démocratiquement par les palestiniens » affirme et proclame au contraire ne pas vouloir  la paix !

 

 

Que la conception  exprimée dans sa déclaration par le Conseil Oecuménique soit celle de certains membres ou courants de la chrétienté, cela est probable ; on peut certes le regretter, mais pas le contester, pluralité oblige !

Que cette conception soit celle d’une certaine éthique absolue, au nom de laquelle le Conseil Oecuménique voudrait apporter un message universel, cela paraît pour le moins discutable.

Que cette conception soit celle d’un arbitre intègre et indépendant, voilà qui n’est absolument pas défendable, tellement la plaidoirie est faite entièrement à charge contre une des parties, sans tenir compte des réalités pourtant universellement reconnues.

Mais, de toutes façons, que cette conception puisse être présentée au monde entier comme celle de l’Eglise,  constitue à l’évidence un abus inacceptable d’autorité, aucune consultation de quelque sorte que ce soit n’ayant  jamais été proposée aux Eglises: il s’agit là de la position d’une petite minorité abusant, elle aussi, des prérogatives de sa charge pour tenter d’imposer son avis.

 

 

C’est pourquoi :

 

1/ Nous accusons le Conseil Oecuménique d’avoir adopté une position partiale, partisane, donc impropre à jouer le rôle qu'il s'attribue d'arbitre et bons offices entre les parties du conflit Israël-Palestine. Il a falsifié dans sa déclaration certains faits avérés et en a fait un rapport sans réel rapport avec la réalité, les présentant sous une forme qui n’est que son jugement sur eux. Il ignore systématiquement les arguments présentés par l'une des deux parties. Il utilise systématiquement un langage critique quand il s'agit d'Israël. Accusant la communauté internationale de "deux poids, deux mesures", il pratique donc exactement la même méthode dans son discours.

2/ Nous accusons le Conseil Oecuménique de s'arroger une identité usurpée, que l'on doit, en toute logique protestante, lui refuser: il se présente en effet comme "l'Eglise". C'est inadmissible théologiquement, moralement et juridiquement. C’est une déviation caractérisée susceptible de tromper l’opinion publique sur son statut.

3/ Nous accusons le Conseil Oecuménique  de déclarations contraires à celles d’organes émanant d’Eglises mandataires : le Conseil Oecuménique ne peut ignorer que le judaïsme et Israël sont indissolublement liés. Sa prise de position est donc une atteinte directe et irresponsable à tous les efforts entrepris par ces Eglises pour le dialogue Juifs-Chrétiens.

4/ Nous accusons le Conseil Oecuménique  d’avoir engagé sur le terrain d’une façon partisane, une action considérable, avec un  budget disproportionné aux réels enjeux en présence.

5/ Nous accusons le Conseil Oecuménique de participer ainsi objectivement, par la focalisation de ses déclarations et de son action sur le seul conflit du Moyen-Orient, à l’importation de ce conflit important, mais local, jusque dans nos Eglises, et dans nos banlieues, ce qui ne peut qu’apporter de l’eau aux mouvements communautaristes et à l’antisémitisme en recrudescence, avec tout ce que cela signifie en déchirements de la société et en violences.

 

 

On peut se demander quelles sont les raisons profondes qui poussent ainsi le Conseil Oecuménique à s'investir si préférentiellement dans ce conflit. Il est permis de penser, même si des considérations politiciennes ne sont pas à écarter, que cette position se situe dans le droit fil des doctrines pourtant hérétiques du "rejet et de la substitution", doctrines qui ont fait, pendant des siècles, aux yeux de la chrétienté, du judaïsme le premier concurrent et le premier ennemi à combattre. L’hérésie marcionite n'est hélas pas morte : on savait qu’elle subsistait en arrière-plan dans de nombreuses parties de l’Eglise ; elle apparaît bien maintenant avoir infiltré, noyauté, et même conquis le Conseil Oecuménique   !

 

L’antisémitisme doctrinal qui a gangrené le christianisme pendant tant de siècles ressurgit ainsi sous nos yeux. Négliger cet aspect serait une preuve d’aveuglement coupable ne pouvant conduire qu’à une démission du christianisme dans ce qu’il a de plus essentiel. N’est-ce pas d’ailleurs ce message que le pasteur Visser t’Hoof, le premier secrétaire du Conseil Oecuménique   alors en formation,  venait apporter en France entre 1940 et 1941 … ?  Les temps ont-ils changé à ce point la vision de l’Eglise que ce message théologique ait été complètement abandonné, et soit même contredit, dans l’Eglise 50 ans plus tard ?

 

Ce dernier point suffirait à lui seul à justifier une protestation vigoureuse contre un organisme sensé représenter les Eglises qui l’ont mandaté, mais qui semble hélas avoir résolument adopté une ligne de conduite autonome comme si ces Eglises étaient simplement invitées à adopter son point de vue sans discussion ?

 

A plus forte raison, si l’on ajoute à ce point les cinq autres points exposés auparavant, sommes-nous fondés à entreprendre sans aucun retard une action énergique et immédiate.

 

 

Nous demandons donc fermement que les Eglises affiliées au Conseil Oecuménique soient appellées à adresser à son Comité Directeur un désaveu public et solennel pour sa déclaration suite à sa réunion tenue du 16 au 19 mai à Bossey, et à exiger qu’une politique différente y soit initiée le plus rapidement possible.

 

Nous voulons de plus faire connaître le plus largement possible, en particulier aux représentants de l’Etat d’Israël et du Judaïsme que nombreux sont les Chrétiens qui ne se reconnaissent aucunement dans les déclarations du Conseil Oecuménique, et notamment dans celle de son Comité Directeur en date du 16/19 mai 2006, déclaration dont ils réprouvent le fond comme la forme.

 

La présente protestation est conforme à une lettre ouverte adressée en date du 1er Juillet 2006 au pasteur Arnold de Clermont, président de la Fédération Protestante de France, par le soussigné, en sa qualité de président de l’association CŒUR, et  directeur de la revue YERUSHALAIM.

Henri LEFEBVRE

Association CŒUR

(Comité Œcuménique d’Unité chrétienne 

pour la Repentance envers le peuple juif)

BP 49217  30104  ALES cedex

E-mail : association.cœur@free.fr

NB: Le présent document a été mis en ligne début juillet,avant la "guerre du Liban": il n'en garde pas moins toute sa pertinence.

PS : Nous appelons tous les chrétiens, protestants ou non, à se joindre, par tous les moyens qu’ils trouveront bons,  à cette protestation ; ce texte est donc destiné à la diffusion la plus large possible: n’hésitez pas à le reproduire, et à envoyer votre propre protestation à :

> Fédération protestante de France :          47, rue de Clichy -  75311 PARIS cedex 09,  

                                                               ou  fpf@protestants.org

> Conseil Œcuménique des Eglises :          BP 2100  -   CH 1211 GENEVE  (Suisse)  

                                                               ou  infowcc@wcc-coe.org

 

 

  Pour consulter le texte original de la Déclaration du Conseil Œcuménique (en anglais) et une traduction proposée, mais non-officielle.  

    Vous lirez également avec intérêt une étude qui a été établie voici déjà plus d'un an par Jean-Daniel CHEVALIER pour le site http://primo-europe.org et qui analyse la dérive anti-israélienne du COE :

Le Conseil Oecuménique des Eglises et le conflit israélo-arabe.

 

 

 

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