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Chrétiens et juifs, ... des amis ! |
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Le site de l'association COEUR: Comité OEcuménique d'Unité chrétienne pour la Repentance envers le peuple juif. |
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DIVORCE A TORTS PARTAGES … … mais pas dans les mêmes
proportions ! La responsabilité du divorce
judéo-chrétien à l’origine est un sujet amplement débattu, Il en est de même
pour ce qui est de la condamnation à mort et de la crucifixion de Jésus. La
démesure et les modalités de la persécution chrétienne ultérieure poursuivie
contre l’ensemble du Peuple juif durant des siècles tendent à passer sous
silence la responsabilité de certaines Autorités juives, et non pas de toutes
comme on va le constater, dans ces deux occurrences. Flavius Josephe raconte, en
effet, qu’en 62 se produisit une vacance de fait de l’autorité romaine en
Judée, entre la mort du procurateur Festus et l’arrivée de son successeur
Albinus. Le Grand Prêtre Anne profita de cette situation pour faire juger par
le Sanhédrin et condamner à mort Jacques frère du Seigneur chef de l’Eglise de
Jérusalem et quelques autres membres de l’Eglise, qui furent exécutés par
lapidation. Mais dès la prise de ses fonctions par Albinus, des
notables pharisiens, sans doute membres du Sanhédrin, protestèrent auprès du
nouveau procurateur et du roi Agrippa, contre cette décision du Grand Prêtre
Anne, lequel fut jugé pour abus de pouvoir et déposé, après seulement 3 mois
d’exercice de sa charge. Cet
éclairage historique permet de redresser certaines opinions simplistes
intégrées dans les traditions juive aussi bien que chrétienne, que nous pouvons
résumer comme suit : 1/ Il y avait donc
au sein du Judaïsme en l’an 62, c’est à dire entre 25 et 30 ans après la mort
et la résurrection du Christ, une
grande diversité de courants de pensées
et de conceptions religieuses en Israël, comme le confirme d’ailleurs depuis
quelques décennies l’étude des manuscrits de Qumran. Les querelles doctrinales et
les oppositions de « tendances » étaient nombreuses et souvent violentes. Et l’épisode en question montre,
selon le témoignage de Flavius Josephe, que des notables pharisiens
n’hésitèrent pas à prendre le parti des membres de l’Eglise naissante et à protester
activement auprès des autorités civiles et religieuses contre ce meurtre de
Jacques et de ses compagnons. 2/ L’accusation chrétienne ultérieure faisant porter à
l’ensemble du Peuple Juif la responsabilité de la persécution contre la
Communauté qui se réclamait de Jésus de Nazareth est donc doublement infondée.
Non seulement l’ensemble du Peuple Juif en était innocent, mais même parmi les
autorités du Judaïsme de l’époque, il y avait au sein du collège des notables
pharisiens des partisans déterminés de la tolérance à observer à l’égard du
« courant » chrétien, comme à l’égard de divers autres courants. 3/ Ce n’est que plus tard, après la destruction du Temple en
70 et plus encore après le désastre de l’écrasement par les romains de la
révolte juive de 135, que les maîtres juifs de Yavné réduisirent
considérablement le nombre admis de courants tolérables au sein du judaïsme et
firent en sorte que les Juifs ayant adhéré à Jésus de Nazareth soient expulsés
des synagogues. Lorsque l’on mesure les conséquences qui en sont sorties au
cours des siècles jusqu’à l’époque contemporaine, on prend conscience de
l’erreur tragique de cette décision. Car l’Eglise triomphante mais soumise à
l’autorité du pouvoir impérial puis des pouvoirs royaux, conçut et mit en pratique
les fameuses doctrines du rejet et de la substitution aux funestes
répercussions. 4/ Aujourd’hui, des auteurs juifs émettent sur Jésus des
propos qui font réfléchir. Par exemple : Salomon Malka, dans son livre « Jésus rendu aux
siens », (page 203) rapporte le témoignage d’un écrivain juif
contemporain, Amos Oz, parlant lui-même de son oncle le célèbre écrivain
Klausner qui a beaucoup étudié Jésus et le Christianisme naissant. Selon Amos Oz
« Klausner
voyait Jésus comme un réformateur juif audacieux. Il ne percevait pas Jésus
comme le fondateur d’une nouvelle religion et encore moins comme un ennemi des
Juifs. Il a vu en lui un grand Juif surgi en une époque de stagnation, de conservatisme, qui voulait
entreprendre une réforme humaniste contre les rigidités du judaïsme de son temps … La relation qu’entretenait Klausner avec la religion, celle qu’il a connue au
début du siècle et en Europe de l’Est, était telle qu’il rêvait en son for
intérieur d’un grand réformateur qui se
lèverait et auquel il n’arriverait pas
ce qui est arrivé à Jésus , qui serait accepté , qui demeurerait au sein de son
peuple . A partir de ce qu’écrit Klausner sur Jésus, de fait, on peut deviner
ce qu’il pense : que le Sanhédrin, que les rabbins, que le judaïsme ont
fait une erreur en rejetant Jésus. Il aurait fallu l’accepter … Comme vous
le savez, il a été attaqué des deux côtés : du côté chrétien, parce qu’il
a vu en Jésus un homme et non pas un Dieu ; et du côté juif parce qu’il a défendu l’idée que Jésus est
né Juif, a vécu en Juif et est mort en Juif ». Et Amos Oz de conclure : « J’aime
beaucoup, pour ma part cette idée, je la trouve juste. Mais vous pouvez
imaginer que cette conception n’était pas très populaire, pas plus au sein de
la synagogue qu’au sein de la classe politique ». Tels sont les témoignages qui
apparaissent dans le Judaïsme contemporain et qui font prendre une conscience
nouvelle, à maints égards révolutionnaire, de l’inanité du divorce contre
nature des origines entre Judaïsme et Christianisme. La condamnation a bien été
le fait des seules Autorités religieuses d’alors, non celles du peuple
lui-même. Il est d’ailleurs dans ce même livre de Salomon Malka un rappel (Page
165) des développements consacrés par le rabbin Steinsaltz aux textes de la
Michna ‘’Sanhédrin 43a » mentionnant les circonstances de la
condamnation à mort de Jésus le nazaréen : « A la
veille de Peshar, Jésus le nazaréen va être pendu et un appel a été lancé 40
jours avant en ces termes : Jésus le nazaréen va être pendu, parce qu’il a
été coupable de sorcellerie, qu’il a dénigré et calomnié Israël. Quiconque est
à même de témoigner en sa faveur est
invité à le faire. Ils n’ont trouvé personne
et ils l’ont pendu à la veille de Peshar. Oula a dit : Pouvait-on trouver des gens qui auraient
défendu sa cause ? C’était un calomniateur et la Torah ne dit-elle
pas : Tu n’ aura pas de compassion pour lui ? » Effectivement,
comme le rapportent Marc (3. 22) et Matthieu (9. 34), des scribes et certains
pharisiens critiquaient les miracles opérés par Jésus, disant : « C’est
par le chef des démons qu’il chasse les démons … » Selon ce
texte de la Michna les motifs de la
condamnation à mort de Jésus apparaissent bien le fait des autorités du Temple.
Il n’y est pas question du pouvoir romain. Celui-ci n’a été que le bras
séculier mis en mouvement pour l’exécution proprement dite. Et l’on peut
ajouter que ce recours nécessaire au bras séculier romain était bien explicable
dans l’esprit des Autorités du Temple. Elles avaient prononcé la condamnation à
mort (par contumace) depuis de longs mois, mais se refusaient à se saisir
elles-mêmes de Jésus, de crainte de déclencher une émeute dans le peuple qui en
immense majorité tenaient le nazaréen pour un grand prophète, voire le Messie
tant attendu par Israël … La
chrétienté historique est donc sans excuse d’avoir fait peser sur l’ensemble du
peuple juif, y compris dans la diaspora, et avec la cruauté que l’on sait, la
responsabilité de la crucifixion du Christ. Joël Putois. Février 2004 |
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