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Chrétiens et juifs, ... des amis ! |
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Le site de l'association COEUR: Comité OEcuménique d'Unité chrétienne pour la Repentance envers le peuple juif. |
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PEUT-ON ENCORE PARLER DE "REPENTANCE" ???
Une
Bible pour tous !
J’ai assisté
récemment à une conférence très intéressante donnée par le Secrétaire Général
de l’Alliance Biblique Française. L’objectif était d’attirer l’attention des
chrétiens sur cet organisme créé voici deux siècles pour assurer la diffusion
de la Bible. C’est cet organisme qui édite et diffuse les Bibles telles que,
notamment, la TOB, première version œcuménique dans le monde, la Bible en
français courant et la récente Bible « Parole de Vie » en
« français fondamental ». Le conférencier nous montra de
façon très convaincante pourquoi il était important d’avoir différentes
traductions, depuis la Bible d’étude ( la NBS = Nouvelle Bible Segond contenant
d’abondantes notes, un lexique, une concordance, un index, des cartes et de
nombreux articles explicatifs) à la Bible en français fondamental n’utilisant
qu’un nombre de mots très restreint afin de pouvoir être accessible à des
populations n’ayant qu’une faible connaissance de la langue française. Il est
évident qu’une telle entreprise était particulièrement risquée, certains lui
reprochant de déformer et banaliser la Parole de Dieu … Pourtant les résultats
très positifs furent enregistrés : voilà une version que l’on peut mettre
dans toutes les mains, même dans les mains de ceux qui n’ont qu’un bagage
intellectuel minime. A noter que depuis l’aventure incroyable que représentait
la TOB, les traductions sont étudiées par des équipes œcuméniques, et que cette
traduction en français fondamental fut à l’origine entreprise à la demande
d’évêques d’Afrique centrale : ils expliquaient qu’ils avaient besoin d’un
tel outil pour des populations dont le français était la seconde langue mais
qui n’en connaissaient que les rudiments. Depuis, elle est bien accueillie
aussi en France, par exemple parmi les jeunes et les immigrés qui découvrent
avec plaisir que cette Bible-là, ils la comprennent ! Ce devrait être la traduction que
l’on offre pour permettre une première découverte : qui d’entre nous n’a
pas entendu cette objection : « Oh, la Bible ? Mais c’est trop
compliqué ! Je n’y comprends rien … » . Si cette traduction tient ses
promesses, quelle ne serait pas notre joie d’entendre : « Je n’en
reviens pas, je comprends tout ! Est-ce que c’est la même
Bible ? ». Après cette année 2003, déclarée « année de la
Bible », permettez-moi de vous suggérer d’en faire l’expérience ! Il
sera toujours temps ensuite pour ce néophyte de passer à une traduction plus
précise, afin d’aller plus loin dans la connaissance de la Révélation ! Les règles employées pour cette
traduction étaient les suivantes : pas de phrases longues, de l’ordre de
dix mots. Un vocabulaire de 3000 mots seulement, au lieu de 15000 pour la Bible
en français courant, et 50000 à 70000 mots pour les traductions destinées à
l’étude. Ces règles ne furent pas fixées de façon arbitraires mais résultaient
en particulier de règles édictées par l’ONU et l’UNESCO pour permettre la
diffusion de la culture. Il est évident que
les traducteurs eurent à résoudre bien des problèmes plus ou moins difficiles
posés par le choix nécessaire des mots et expressions. Le conférencier nous en
donna quelques exemples que voici. · Tous les chrétiens connaissent le passage
d’Évangile où Jésus dit : « On ne prend pas une lampe pour la
mettre sous le boisseau. ». Mais le boisseau, utilisé alors
couramment, donc bien connu, est désormais tout-à-fait absent de la vie
courante. On traduit donc ce passage comme suit : « On ne met pas
une lumière sous un seau. » … ce qui rend bien le sens de
l’enseignement. · Les lecteurs des traductions Segond ,
Darby, Osterwald, connaissent le texte suivant de Hébreux 12 : « ayant
les regards sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi, qui, en vue de la
joie qui lui était réservée, a souffert la croix, méprisé l’ignominie, et s’est
assis à la droite du trône de Dieu » . Mais actuellement le
consommateur est celui qui fréquente les supermarchés, et beaucoup ont dû
chercher longtemps pour trouver que le texte voulait montrer, selon la
traduction de la TOB que Jésus est
« celui qui est l’initiateur de la foi et la mène à son accomplissement
… », tandis que la traduction en français fondamental est plus
(trop ?) catégorique : « Regardons toujours Jésus. C’est lui
qui fait naître la foi et qui la rend parfaite. » · Une difficulté particulière fut rencontrée,
nous expliqua enfin le conférencier, concernant le terme
« repentance ». Ce mot en effet n’existe plus dans le Petit Larousse,
lequel pourtant annonce qu’il rassemble 38000 mots de la langue française, soit
beaucoup plus que les 3000 visés pour cette traduction. Ils étaient donc
obligés de traduire les phrases en ayant recours à une autre expression. Nos lecteurs comprendront qu’une
telle affirmation fut un véritable choc pour le président que je suis de CŒUR
(qui est, il faut le rappeler encore, le «Comité œcuménique d’Unité
chrétienne pour la Repentance envers le peuple juif». Il m’était impossible d’en rester
là et, c’est de ce mot, et surtout de sa disparition du dictionnaire
courant que je voudrais vous entretenir
maintenant. Une
question récurente Le terme de
repentance, tout-à-fait fondamental pour notre association, y fait pourtant
l’objet dès sa fondation, d’un débat interne. Dès les premières rencontres, en
effet, certains membres nous ont présenté des arguments en vue de le modifier,
ou de l’assortir d’autres termes pour en préciser le contour. Il n’est pas mauvais qu’une
association débatte de son but, c’est au contraire un signe de vitalité. Je vais essayer ici de faire part
des arguments qui furent présentés : D’abord, c’est au caractère rugueux
du terme que l’on faisait allusion, pour chercher à l’adoucir. Effectivement,
on l’a souvent dit, la repentance n’est pas vraiment populaire. La repentance
évoque l’humiliation, la soumission sans condition, l’attitude des
« bourgeois de Calais », venant remettre au conquérant les clés de
leur ville, pieds nus et en chemise. La repentance impliquerait, dans cet état
d’esprit la reconnaissance de nos torts et du bon droit de la partie adverse,
comme s’il s’agissait d’un combat qui s’achèverait sur la victoire de l’un et
la défaite de l’autre. Prendre ce mot dans notre raison sociale, représentait
un défi, voire une gageure ! Et, dans ce cas, on proposait
plutôt de parler d’un nouveau regard sur le peuple juif où l’on s’engagerait
avec une certaine condescendance de mieux dialoguer avec lui, de mieux le
considérer, de l’admettre dans le cercle des amis possibles. A condition,
évidemment, qu’il y ait réciprocité, sinon tous les efforts seraient vains. Une
version édulcorée de la « paix des braves » qui n’a jamais été plus
qu’un leurre employé pour gagner du temps, fourbir ses armes, et ainsi se
mettre en position pour « la der des der », comme on disait en 1940. Troquons donc le R de repentance
contre le R de nouveau regard par exemple ! L’autre reproche souvent fait au
projet de repentance chrétienne envers le peuple juif était interne au
christianisme. Vous n’avez pas le droit, nous disait-on, de juger ceux qui ont vécu
auparavant. Vous estimez qu’il y a eu des injustices, des horreurs même,
commises par les chrétiens vis-à-vis des juifs. Mais qu’auriez-vous fait
vous-mêmes à cette époque ? Vous n’avez pas le droit de jeter le discrédit
sur des gens qui vivaient dans une époque très différente de la nôtre. Votre
repentance a l’air de les condamner et, puisqu’ils sont morts et n’ont donc
aucune possibilité de se défendre, ou même de s’expliquer, ce procès est
injuste, inique même. Certains
poussaient même l’argument jusqu’à dire que l’Église ne peut être accusée,
puisque sainte et parfaite. Une action de ce genre était susceptible de jeter
le doute sur cette perfection, et donc de troubler les esprits … Ce type de reproche se résumait à
une formule lapidaire : le passé est passé, vous n’y pouvez plus rien.
Vous n’avez pas à jeter un jugement sur ceux qui nous ont précédés.
L’important, c’est le présent, et surtout l’avenir qu’il faut construire:
troquons donc le R de repentance contre le R de reconstruction par exemple. Un troisième reproche fait à notre
initiative de repentance était présenté par des personnes disant honnêtement
qu’ils n’avaient jamais eux-mêmes fait de mal à un seul juif, que plutôt dans
leur famille ils avaient appris à aimer chacun et donc que, si certains
pouvaient avoir des choses à se reprocher, eux en tous cas n’avaient rien sur
la conscience. La repentance envers le peuple juif ne les concernait pas. Nous avons pourtant conservé le
mot, avec le but que nous avons maintes fois explicité. Mais il était vrai que
ce mot fait évidemment problème. C’est ce que me révélait une nouvelle fois le
conférencier, ce qui me posait une nouvelle fois la question « Peut-on
encore parler de repentance ? » A la
recherche du mot perdu J’ai donc bien vite
repris la dernière édition de ce Petit Larousse qui s’affirme comme …« Le
savoir fondamental en 38000 mots de la langue ». 38000 , c’est
beaucoup ! Et c’est beaucoup plus que les 3000 annoncés dans la Bible en
français fondamental. Et j’ai pu vérifier qu’effectivement il a complètement
supprimé le mot « repentance », en maintenant toutefois d’autres mots
qui ont la même racine : « repentir = vif regret
d’avoir fait ou n’avoir pas fait quelque chose» « se repentir =
regretter » « repentant = Qui se repent » « repenti = Qui s’est
repenti » , lequel, on le sait bien, désigne le bandit qui, pour éviter
une trop lourde peine, dénonce ses anciens compagnons. En quelque sorte, un
traître … Mais de repentance, plus trace
effectivement dans ce dictionnaire, dernière édition de 2004 (1) ! Serions-nous en devoir de modifier
l’appellation de notre association ? Pour bien se faire comprendre, il faut, c’est connu, bien
s’exprimer. Je me suis donc livré, dictionnaire en mains, au même travail de
traduction en langage fondamental qu’ont dû faire les concepteurs de la Bible
« Parole de Vie »., et tout d’abord, essayer de bien saisir le sens
profond du mot à traduire. en partant des mots acceptés et bien définis. En premier lieu, on cherchera à
évaluer s’il est possible de se contenter du mot repentir. La définition en est
« vif regret d’avoir fait ou de ne pas avoir fait quelque
chose » : en effet le vif regret existe, regret des souffrances, des
persécutions, des oppressions. Il est évident que les actes d’antisémitisme supportés
par les communautés juives ont produit en elles des sentiments de défiance, de
crainte, à l’égard des chrétiens, sentiments compréhensibles qui font que les
relations sont encore très difficilement confiantes. Nous aurions tort en tant
que chrétiens de sous-estimer ce fait, même si les actes reprochés sont
lointains dans le passé. D’ailleurs, ils ne le sont pas tellement :
l’affaire Dreyfus, avec la coupure dramatique de la France en deux camps, ne
date que d’un siècle, ce qui est peu pour la mémoire collective. Et si le temps
efface en effet peu à peu les traumatismes subis, il suffit d’évènements
actuels pour raviver ces sentiments enfouis, comme le vent rallume le feu qui
couvait sous les cendres. De plus le mot repentir se montre
inadéquat si l’on considère qu’il s’applique à « ce que nous avons
fait ». Ici, il faut rendre cette justice à nos détracteurs cités plus
haut : nous n’avons nous-mêmes rien fait directement aux juifs, ni dans
leur ensemble, ni en particulier. La quasi totalité des chrétiens peut
l’affirmer la conscience tranquille. Là où, tout au plus, nous pourrions
être engagés sur le plan du repentir, ce serait le regret de n’avoir pas fait
assez, par exemple au cours de la tragédie de la dernière guerre : si
certains chrétiens se sont comportés avec héroïsme en se portant au secours des
Juifs qui étaient pourchassés,, d’autres se sont terrés peureusement, se
retranchant derrière de multiples prétextes lorsqu’ils auraient dû agir,
prendre des risques. La déclaration des évêques de France est claire à ce
sujet. Ajoutons que cette attitude timorée aurait vraisemblablement été la même
s’il se fût agi d’autres catégories persécutées, le climat de la guerre
développant hélas le réflexe du « chacun pour soi ». Le mot repentir ne peut donc pas
être utilisé pour exprimer le sens de notre démarche, il ne rend pas compte de
l’essentiel de nos motivations. Celles-ci sont en effet tout autres, et il faut
bien, une fois de plus, les exprimer pour justifier notre sigle CŒUR. Retrouvons
les motivations La repentance chrétienne si
nécessaire comprend en effet d’autres éléments qu’il est bon d’exposer à
nouveau, au risque de nous répéter. Outre les regrets profonds et la tristesse
que nous éprouvons pour les souffrances inouïes infligées par le christianisme
au judaïsme, il nous faut aborder la question des motivations . Et c’est
là que nous sommes directement concernés, nous, chrétiens du XXI° siècle. Car
si les idées qui ont conduit à l’antisémitisme séculaire sont encore en nous,
et au sein du christianisme dans son ensemble, alors effectivement, nous avons
tout lieu de nous repentir devant Dieu et d’entrer dans une véritable metanoïa,
ce « changement radical de comportement » comme le traduit la Bible
« Parole vivante ». Nous pouvons recenser plusieurs facteurs qui ont conduit la Chrétienté à faire subir d’innombrables persécutions au peuple juif, facteurs qui sont parfois invoqués comme excuses : · La première excuse, première non
chronologiquement mais en importance, fut celle du déicide : les persécuteurs
disaient que puisque les juifs ont tué Jésus et il était légitime de leur faire
payer cet acte éternellement, c’était une juste punition pour un forfait
abominable, et en faisant cela, on ne faisait en réalité que l’œuvre de Dieu. Aussi odieux
qu’une telle pensée puisse paraître aujourd’hui, elle fut d’une redoutable
efficacité. Innombrables furent les crimes et horreurs qui furent
« justifiés » selon cette soi-disant logique ! Bien que
totalement contraire à de multiples textes du Nouveau Testament lui-même, et
parfaitement contredit par l’esprit même du christianisme, il n’est pas du tout
exclu que ce raisonnement ait encore une place chez beaucoup de chrétiens.
Certes, on ne passe plus aux actes actuellement, sauf dans le cadre du conflit
en cours au Moyen-Orient où l’on fait feu de tout bois sans vergogne et d’une
façon parfaitement irrationnelle. Pour répondre à cet argument, je dirai que je
ne puis croire en un dieu qui se vengerait sur un gosse en le faisant brûler
avec sa mère à Auschwitz, pour un crime commis 2000 ans auparavant à Jérusalem
! Pourtant, la même pensée subsiste sous une forme plus ou moins
consciente chez certains quand on évoque les souffrances du peuple élu. · Le deuxième argument tient justement dans
ce terme de « peuple élu ». Il est impressionnant le nombre de gens
qui réagissent à ce terme. Les médias l’utilisent parfois, mais en prenant soin
de le mettre entre guillemets. Tout fonctionne comme si on accusait les juifs
de se parer d’un titre, d’une qualité, d’une supériorité. C’est un terme qui
agace, qui repousse, tout au moins qui excuse le mal qu’on pourrait leur faire
subir. Le raisonnement est simpliste sur le mode du « il faut bien
souffrir pour être belle !». Plus sérieusement, bien des chrétiens en restent
à l’idée du rejet par Dieu du peuple de l’ancienne alliance et de sa
substitution dans les faveurs divines par l’Église, pure, sainte et
triomphante ! Sans comprendre que ce petit jeu fait de Dieu un despote
versatile et injuste. versatile, et même infidèle, puisqu’il avait formellement
déclaré directement et par l’intermédiaire de ses prophètes son éternelle
fidélité à Son Alliance. Et doublement injuste, dirions-nous aujourd’hui, quand
on se rend compte que la soi-disant indignité du peuple juif est bien petite au
regard de celle de la Chrétienté qui a répandu plus de sang en 2000 ans qu’on
ne saurait l’imaginer. Mais on a beaucoup plus de plaisir à se croire quelqu’un
de bien qu’à reconnaître le choix souverain de Dieu … Sur ces motivations fondamentales,
viennent se greffer bien d’autres « détails » qui constituent une
sorte d’acte d’accusation qui n’est qu’un ignoble fatras où l’on trouve
pêle-mêle du racisme, de la jalousie, et la plupart des sentiments les plus
sordides que l’on peut trouver dans l’âme humaine. Accepter de se laisser ré-enseigner On ne sort pas indemne d’un bref
examen de conscience sur ces sujets. Qui d’entre nous peut se déclarer à l’abri
de la jalousie, par exemple ? Nous entrons là dans le domaine intime où
chacun de nous doit un jour où l’autre faire incursion. Loin de nous de
chercher à provoquer un tel face-à-face avec Celui qui, seul, peut sonder les
reins et les cœurs ! La repentance que nous appelons de nos vœux n’est pas
de cette nature. Il s’agit bien
plutôt de nous examiner sur nos convictions profondes, ancrées dans
l’enseignement séculaire donné dans les églises chrétiennes. Ce sont bien nos
idées « chrétiennes » qui sont visées, et nous mesurons bien tout le
risque que comporte une telle démarche. Reconnaître des fautes du passé, commises
par de lointains prédécesseurs, serait, à la limite, acceptable par beaucoup.
Reconnaître un éventuel tort causé aux juifs d’aujourd’hui par les erreurs
passées de la Chrétienté, voilà qui, à la limite, pourrait être accepté. Mais quand nous
voulons aller plus loin en réclamant une révision de nos conceptions
doctrinales, nous savons bien que nous nous heurterons à une résistance
considérable. Et pourtant, à quoi servirait-il de couper l’herbe sauvage si on
n’arrache pas les racines ? A quoi servirait-il de s’excuser pour de
mauvaises pensées si on ne déracine pas ce qui les a fait naître ? Ce sont
donc nos convictions chrétiennes profondes
qui doivent être placées sous la lumière des Écritures afin de les
épurer radicalement de ce qui les a polluées. C’est pour cela que
l’un des objectifs que nous nous sommes fixés est de « ré-enseigner les
sources hébraïques de la foi chrétienne ». Lorsque cet ordre de mission
nous fut proposé à l’origine de CŒUR, nous n’imaginions pas quelle serait
l’ampleur du challenge, et c’est presque avec naïveté que nous l’avons accepté,
en l’inscrivant dans les buts déclarés de l’association ! Ce n’est que bien plus tard que, en
pénétrant peu à peu à l’intérieur d’un domaine que nous ne connaissions que de
l’extérieur, nous en avons découvert la redoutable complexité. Redoutable, car
les pièges et les chausse-trappes sont innombrables, disposés là depuis des
siècles. Soulever une question revient à déclencher une multitude de réactions,
et il faudrait pouvoir les découvrir d’avance si l’on veut éviter les éclats.
Les images qui me viennent sont celles d’un champ de mines qu’il faudrait
neutraliser mais où chacune est reliée à toutes les autres, ou d’une toile
d’araignée dont il faudrait dégager un insecte qui s’y est fourvoyé :
essayez donc … ! Et pourtant il faut le faire, il
faut absolument avancer sur ce chemin si l’on veut que, dans l’avenir, il soit
possible, entre bénéficiaires de la même grâce divine de l’élection, de
travailler ensemble, juifs et chrétiens, en confiance. Et puis il est également
urgent que ces erreurs soient éliminées car ce sont des péchés fondamentaux de
la Chrétienté. C’est pourquoi nous croyons qu’il
est indispensable de garder dans notre vocabulaire courant le mot repentance
qui évoque un état d’esprit qui conduit à une manière de vivre et de penser. Le garder pour désigner la position
logique de l’homme qui est conscient de son péché personnel et qui s’approche
du Seigneur dans la soif de son pardon. Mais aussi pour désigner la
démarche de celui qui, conscient des injustices subies par d’autres, se
présente à eux pour leur exprimer son vif regret, avec le double engagement de
purifier pour ce qui le concerne ses propres positions de toutes les erreurs
funestes qui ont pu s’y maintenir, et de s’opposer désormais, autant qu’il lui
sera possible, au retour de telles fautes, dans une fraternelle solidarité. Cette repentance-là est cousine du
« jamais plus … » que nous avons crié après la dernière guerre ! Et de la techouva, familière de nos
« frères aînés dans la foi ». Certes, on nous objectera que ce
n’est pas le sens exact du mot . Qu’il nous soit simplement permis de dire
que c’est le sens que nous donnons au « R » de CŒUR. Henri LEFEBVRE |
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