Chrétiens et juifs, ... des amis !

Le site de l'association COEUR: Comité OEcuménique d'Unité chrétienne pour la Repentance envers le peuple juif.

 

Repentance et pardon

dans le judaïsme

Frère Pierre Lenhardt

Paru dans Yerushalaim n°12

 

La repentance tient une très grande place dans la vie religieuse des Juifs. Elle est enseignée et pratiquée dans une liturgie quotidienne, sobre et significative, dont nous allons admirer la pédagogie. La repentance, en effet,  est si importante qu'on doit la faire tous les jours. Vous avez peut-être déjà entendu le conseil austère et humoristique, que Rabbi Eliezer-le-Grand, maître de Rabbi Aqiba donnait à chacun de ses disciples dans la deuxième moitié du premier siècle de notre ère: "Fais repentance un jour avant ta mort" et aux disciples qui s'étonnaient: "Mais l'homme sait-il quel jour il mourra ?",  il répondait simplement:  «Qu'il fasse repentance aujourd'hui de peur qu'il ne meure demain ! De la sorte, il fera repentance chaque jour"(Mishnah Abot 2,10. T.B. Shabbat 153 a)

Une autre expression de l'importance de la repentance se trouve dans des éloges sous forme de litanie, avec répétition des mots "Grande est la repentance car...". C'est ainsi que nous avons : "Grande est la repentance car elle fait parvenir jusqu'au trône de Gloire, car il est dit (Os.14,1): "Reviens, Israël, jusqu'au Seigneur ton Dieu" (T.B.Yoma 86 a). Il n'y a pas de chemin qui soit plus haut que celui de la repentance, du retour à Dieu qui aboutit à Dieu lui-même.

Il est également enseigné que Dieu lui-même montre aux pécheurs le chemin de la repentance. C'est ce qui est proposé comme interprétation du psaume 25:8: "Le Seigneur est bon et droit (=juste)" On se demande comment le Seigneur peut être en même temps bon et juste; en effet, s'il est bon, il ne punit pas le pécheur; s'il est juste, il doit punir. La réponse est donnée par la deuxième partie du verset (Ps.25:8) "... c'est pourquoi il guide les pécheurs sur le chemin", il leur montre le chemin de la repentance (Pesqta de Rav Kahana Pis. 24 S/Os 14,2). Ainsi Dieu fait-il tout ce qui est possible pour que le pécheur fasse repentance et soit justifié. On voit donc comment Dieu est à la fois bon et juste.

         Après ces préliminaires, je vous propose deux étapes pour notre réflexion: la première, à partir de la prière quotidienne; la seconde à partir de la liturgie des Jours Terribles, des Jours de la Crainte, ces dix jours de la repentance qui vont de Rosh ha-Shanah à Kippour.

 

 

Première étape: la liturgie quotidienne

 

La prière communautaire des jours ordinaires, le soir, le matin et l'après-midi, comporte une brève liturgie pénitentielle composée de trois bénédictions. Ces bénédictions sont des bénédictions de demande, comme nous allons le voir. Elles ne sont pas dites les jours de sabbat et de fête, où en principe la demande n'est pas de mise et où la louange prend toute la place.

La première des trois bénédictions, qui est la quatrième des bénédictions de la prière communautaire, demande la connaissance (Da'at). Elle se conclut ainsi: « Béni es-Tu, Seigneur qui donnes par grâce la connaissance d'amour, la connaissance par laquelle "l'homme (Adam) connut Eve sa femme » (Genèse 4:1). La prière demande à Dieu de donner la connaissance de ce qu'Il est et de ce que le pécheur est devant Lui. Il faut que le pécheur prenne conscience de la distance qui s'est établie entre Dieu et lui à cause de son péché. C'est de cela que parle le prophète Isaïe (Is 59,2) cité dans la prière de Kippour: "Ce sont vos fautes qui ont fait la séparation entre vous et votre Dieu". Certaines traductions disent: " qui ont créé un abîme entre vous et votre Dieu". Il faut prendre conscience de cet abîme pour se remettre dans la bonne direction (metanoïa) et se lancer dans la repentance, dans le retour (teshouva) jusqu'à Dieu. La connaissance qui est demandée est si profonde que Dieu seul peut la donner gratuitement, par grâce. Dieu seul en effet connaît vraiment la profondeur du mal (lequel a atteint son comble dans la Shoah). Notons ici l'enseignement de la prière et des commentaires que lui donnent des maîtres juifs: la connaissance demandée est celle que Dieu donne au pécheur, par grâce, par l'Esprit Saint (E. Munk, Le monde des prières, C.I.K.H., Paris, 1970, Tome I, p. 155). Cette connaissance donnée par Dieu fait éprouver l'horreur du mal, le besoin de faire repentance et la nécessité d'aller jusqu'au bout de la réparation possible.

A partir de cette première bénédiction, nous sommes invités à nous connaître, à connaître et reconnaître notre péché, à faire connaître le mal commis par nous ou autour de nous. Cette double obligation de connaître est bien manifestée par les commentaires juifs sur le verset de l'Exode (31:13) qui prescrit la "garde" (observance) du Shabbat: "Vous garderez bien qu'on sache que je suis le Seigneur, celui qui vous sanctifie". Le verset est imprécis: "afin qu'on sache" dit-il; alors qui doit savoir ? La réponse est double: c'est Israël  qui doit savoir (Abraham Ibn Ezra); ce sont les nations qui doivent savoir (Rashi). Comment les nations sauraient-elles qu'il y a un Dieu Créateur du ciel et de la terre ? Par Israël, qui connaît et fait connaître. Le domaine du Shabbat est entièrement positif et lumineux. La Shoah est entièrement ténèbres, mais c'est précisément pour cela qu'elle exige que l'on connaisse et fasse connaître. L'Institut Yad Vashem répond à cette double nécessité et votre action comporte elle-même ces deux dimensions préalables à la repentance dont nous allons maintenant parler.

 

La deuxième bénédiction, qui est la cinquième bénédiction de la prière communautaire, demande la repentance (Teshouva). Je cite la conclusion de cette bénédiction: "Béni es-Tu, Seigneur, qui Te complais dans la repentance ! Nous voyons ici encore que Dieu se situe, pour ainsi dire, à l'intérieur de la liberté de l'homme. Comme Il le fait pour la connaissance, nous venons de le voir, Il le fait pour la repentance, pour orienter et soutenir le pécheur en marche sur le chemin du retour (repentance = Teshouva = retour). Il ne suffit pas en effet de se remettre dans la bonne direction. Certes, il faut commencer par cela, par le retournement (metanoïa), par la conversion. Mais il faut ensuite aller jusqu'au bout, selon l'appel transmis à Israël par le prophète Osée que nous avons déjà cité (14,2): "Reviens (Shuvah), Israël, jusqu'au Seigneur ton Dieu". Il est dit en effet, dans le corps de la bénédiction: "Fais-nous revenir devant Toi par une repentance parfaite (Shelemah)". Mais est-il possible de faire une repentance qui soit parfaite ? Oui, c'est possible parce que  Dieu "se complaît dans la repentance". Il veut qu'une repentance parfaite soit possible. C'est pourquoi il ira au-devant du pécheur qui ne peut faire tout le chemin. La tradition d'Israël, et Jésus-Christ enraciné dans cette Tradition, enseignent que Dieu va d'abord vers ceux qui sont loin et va au devant du fils qui se repent (T.B. Berakot 34 b Is 57,19; Pesiqta Rabbati, Pisq.44, & 9 s/Os 14,2; Lc 15).

 Nous devons encore remarquer le lien qu'établit la prière entre la repentance et la Torah. Il est dit au début de la bénédiction: "Fais-nous revenir à ta Torah !" Le retour à Dieu se fait par la Torah. Ceci a, pour nous chrétiens, une très forte résonance  avec l'Evangile de Jean qui présente Jésus comme la Parole incarnée de Dieu et dans lequel Jésus se déclare être le chemin qui mène au Père (Jn 1:14 - 14:6). Revenir à Dieu se fait par le retour à Sa Torah et aussi, il faut ici le souligner, par le retour à la Terre d'Israël en direction de son centre Jérusalem. Ce n'est pas dit ici de manière explicite, dans la bénédiction de la repentance, mais l'Ecriture et la Tradition d'Israël ne laissent aucun doute sur la valeur spirituelle de la dimension concrète, géographique et territoriale de la repentance. Il ne nous est pas possible de traiter ici et maintenant de cette réalité très importante. Je me contente de vous rappeler les données bibliques les plus explicites: dans le Deutéronome (Dt 4:29-40; 30:2-5), dans le premier Livre des Rois (1 R 8:46-51) et en Jérémie (Jér. 29: 13-14). Mais la Bible ne suffit pas car, vous le savez bien, la Tradition d'Israël n'est pas fondamentaliste; elle interprète l'Ecriture et n'a jamais fini de l'actualiser en fonction des besoins des personnes et du peuple dans le temps et dans l'espace où ils se trouvent. Il faudrait donc écouter ce qui se dit dans le peuple d'Israël, en Terre d'Israël et dans la Diaspora, au sujet du lien qui lie repentance et retour en Terre d'Israël. Pour nous chrétiens, il est essentiel d'écouter Israël qui vit et renouvelle sa Tradition dans la réalité de ce monde et en Terre d'Israël. Le fait de ne pas avoir écouté cette Tradition, de l'avoir méconnue et trop souvent méprisée, a contribué à rendre possible la Shoah dans une Europe peuplée de baptisés. En écoutant la bénédiction de la repentance, nous entendons que nous aussi devons aller vers Dieu et jusqu'à Dieu. Dieu nous aidera à faire cela si nous suivons le chemin indiqué par Israël, si nous reconnaissons la valeur d'une repentance d'Israël qui comporte, avec d'immenses difficultés, le retour en Terre d'Israël. Il s'agit cependant d'aller jusqu'à Dieu et de ne pas s'arrêter à Israël. Notre repentance au contact d'Israël ne doit pas dégénérer et tomber dans une sorte d'idolâtrie d'Israël, dans un philosémitisme dont les Juifs n'ont que faire. La repentance des Juifs est une lumière sur le chemin de notre repentance vers Dieu et jusqu'à Dieu.

 

La troisième bénédiction, qui est la sixième des bénédictions de la prière communautaire, demande le pardon (Selihah). Elle commence par ces mots: "Pardonne-nous, ô notre Père, car nous avons péché ! Efface nos péchés, car nous avons fauté!...". Nous avons là un embryon de confession. Les confessions de Kippour, nous y viendrons plus loin, sont beaucoup plus développées. Une confession brève suffit cependant, dans la liturgie quotidienne, pour fonder la demande du pardon. Cette demande est adressée au "Père" bien connu comme "Père miséricordieux."  (Cf. La bénédiction "Ahavah Rabbah" de la prière du Shema Israël et 2 Co 1:3).

 

La conclusion de la bénédiction confirme qu'on s'adresse à ce Dieu, appelé aussi "Dieu plein de miséricorde" (Cf. Prière des funérailles et Prière "Yizkor" à la mémoire des défunts). Elle est ainsi formulée: "Béni es-tu, Seigneur, qui multiplies le pardon". Ceci est une adaptation directe de l'appel qu'Isaïe adresse à tout pécheur (Is 55: 6-7): "Cherchez le Seigneur, pendant qu'il se laisse trouver... que le méchant abandonne sa voie ... qu'il revienne au Seigneur qui lui fera miséricorde, à notre Dieu qui multiplie le pardon". Ces paroles de la Tradition et de l'Ecriture sont à la racine de ce que Saint Paul affirme dans son épître aux Romains (5:20): "Là où le péché s'est multiplié, la grâce a surabondé".

 

Le contact avec la liturgie juive ne nous aide pas seulement à mieux entendre l'enseignement de Saint Paul; il nous invite à entrer davantage dans le grand renouvellement de la vie de l'Eglise proposé par le Concile Vatican II. Le Concile n'a évidemment pas découvert que Dieu est miséricorde, mais il a mis l'accent, sous l'impulsion de Jean XXIII, sur la miséricorde divine (Cf.A. et G. Alberigo, La miséricorde chez Jean XXIII, La Vie Spirituelle, mars-avril 1992). Cette tendance a été confirmée par Jean-Paul II dans sa deuxième encyclique "La Miséricorde Divine (Dives Misericordia)" du 3O novembre 1980. Nous retrouvons ainsi le grand courant de la Tradition d'Israël et de l'Eglise. Dieu est UN, mais il faut dire que, d'une certaine manière, Sa miséricorde enveloppe Sa justice. Il est UN et Il est à la fois droit (=juste) et bon, nous l'avons vu en interprétant le Ps 25 veset 8, parce qu'Il montre aux pécheurs le chemin de la repentance. Philon d'Alexandrie disait de Dieu, au premier siècle de notre ère: "En Lui, la miséricorde est plus ancienne que la justice" (Quod Deus Immutabilis sit, 16). Une telle antériorité n'est évidemment pas chronologique mais ontologique. Elle exprime quelque chose du mystère de l'Unité divine proclamée dans la lecture-prière du Shema Israël. L'interprétation des noms divins, déjà traditionnelle en Israël à l'époque de Philon et de Jésus, permet de lire et d'entendre ainsi le premier verset de la lecture (Deut 6:4): "Ecoute, Israël, le Seigneur (YHWH, le nom révélé, ineffable, qui signifie la miséricorde), notre Dieu (EL, le nom commun qui signifie la miséricorde de Dieu) précède sa justice, qu'elle enveloppe sa justice, que Dieu est le Seigneur (=miséricorde) avant le péché et qu'il reste Seigneur (=miséricorde) après le péché (Cf. Rashi s/Ex 34,6 et d'autres traditions citées par P. Lenhardt, La miséricorde divine dans la tradition d'Israël, La Vie Spirituelle, mars-Avril 1992).

 

Revenons sur la conclusion de cette bénédiction du pardon. Elle nous enseigne que Dieu multiplie le pardon. C'est de cette surabondance de miséricorde que provient la joie toute particulière des Jours Terribles, des Jours de la Crainte dont nous parlerons plus loin. Vous savez, pour l'avoir éprouvé au contact des Juifs en prière, que les Jours de la Crainte ne sont pas des jours de tristesse, mais des jours de préparation à la joie. La liturgie de Kippour, vous l'avez sans doute remarqué s'ouvre par le verset du Psaume 97:11: "Une lumière est semée pour le juste, et pour les hommes au coeur droit, la joie." Les hommes au coeur droit sont ceux qui rendent droit leur coeur par la repentance. La repentance mène à Dieu, elle mène à la joie. La crainte des Jours de la Crainte n'exclut pas la joie, elle la prépare. Elle met le pécheur en face du Dieu transcendant, du Dieu qui juge mais qui, en même temps, se prépare à faire miséricorde. La joie du pécheur repenti et pardonné puise sa force dans la joie du Dieu qui pardonne. Nous nous rappelons tous la magnifique parole de Jésus en Lc 15,7: "Il y a plus de joie au ciel pour un pécheur qui se repent que pour 99 justes qui n'ont pas besoin de repentance". Cette parole est en résonance avec le verset d'Isaïe 57:19, lu à Kippour: "Paix! Paix ! à qui est loin et à qui est proche, dit le Seigneur.", et qu'on peut interpréter en disant que Dieu s'intéresse d'abord à celui "qui est loin", c'est à dire au pécheur (Cf.T.B. Berakot 34 b).

 

Nous devons encore préciser un point important: C'est Dieu seul sans doute qui donne le pardon, mais il peut déléguer son pouvoir. Vous connaissez l'enseignement traditionnel donné à propos de Kippour: "Pour les fautes à l'égard de Dieu, le jour de Kippour donne l'expiation, pour les fautes à l'égard du prochain, le jour de Kippour ne donne pas l'expiation aussi longtemps que celui qui a commis la faute n'a pas obtenu de son prochain la réconciliation"(Mishnah Yoma 8,9). Vous avez aussi entendu de nos amis Juifs cette question qui est en réalité déjà une réponse négative: « Peut-on pardonner à la place de ceux qui sont morts ? » Avec la Shoah, c'est donc un gouffre qui s'est ouvert devant nous et qui restera toujours ouvert. Dieu peut pardonner, mais pardonne-t-Il les péchés que les victimes n'ont pas pu pardonner elles-mêmes ?  Nous ne pouvons pas répondre à cette question. Est-ce à dire cependant que tout s'arrête là? Je ne le crois pas. Nous devons toujours, si nous le pouvons, rester en contact avec notre Dieu, dont le premier et le dernier mot sont miséricorde. Nos respectons absolument ceux qui ne peuvent plus prier un Dieu, qui s'est caché pendant la Shoah et a laissé massacrer Son peuple. Nous respectons ceux qui demandent à Dieu de ne pas pardonner. Mais nous ne pouvons, comme chrétiens, cesser de dire le "Notre Père". Nous devons continuer à dire: « Pardonne-nous nos offenses comme nos pardonnons à ceux qui nous ont offensés ! » Nous n'avons de leçon à donner à personne. Nous ne pouvons qu'une chose: essayer de pardonner à ceux qui nous ont offensés, essayer d'imiter Dieu dans Sa miséricorde, comme le demande la Torah d'Israël et l'Evangile (T.B. Sotah 14 a s/Dt 13,5; Sifré s/Dt 11,22; Maïmonide, Normes de la Repentance 2,9-11; Mt 6,14-15, 18,15-18,21-22.35; Lc 6,36; 17,3-4). Remercions Dieu qu'il y ait encore des Juifs capables de prier le Dieu de miséricorde; prions comme eux et, s'ils l'acceptent, avec eux!

 

Retenons enfin de cette écoute de la prière quotidienne que Dieu se rend proche du pécheur, mais qu'Il reste transcendant et qu'Il nous laisse avec des questions sans réponse. Le Peuple Juif témoigne, dans la souffrance et la joie, de ce Dieu présent et absent. Au contact des Juifs, nous n'avons pas le droit d'oublier que la foi chrétienne en Jésus-Christ nous fait connaître paradoxalement le Dieu inconnu qui nous sauve (Is 45,15; Jn 1,18; Col 1,15; Tm 6,13-16; Pascal, Pensées, Ed. Brunschvicg & 585; H.de Lubac: Commentaire de la Constitution Dogmatique de Vatican II, "Dei Verbum" commentaire du N°2).

 

 

Seconde étape: la liturgie des jours terribles

 

La repentance est si importante qu'elle doit être vécue tous les jours. Mais elle requiert aussi des temps forts: les "Dix jours de la Repentance", les "Jours Terribles", c'est à dire les jours de la Crainte de Dieu; crainte unie à l'Amour de Dieu, crainte qui soutient la demande du pardon et qui mène à la joie de ce pardon.Je ne reviens pas sur ce que nous avons déjà vu sur la crainte, et sur la liberté et la joie du pécheur repenti et pardonné. Avec les Dix Jours de Repentance, nos retrouvons le "Shabbat Teshuvah", ou, "Shabbat Shuvah" (ainsi nommé à cause de la lecture d'Osée 14,2: "Reviens = Shuvah, Israël, jusqu'au Seigneur ton Dieu..."), qui tombe nécessairement entre le premier jour, Rosh ha-Shanah, et le dixième jour, Kippour. A propos de ce shabbat, je signale le grand message des homélies sur Osée 14:2 et suivants. Et surtout les appels prophétiques à la repentance. Ce message est sans cesse repris et renouvelé par chaque maître, à chaque génération. Je mentionne au passage Maïmonide (1135-12O4), Normes de la Repentance (= Hilkot Teshuvah, traduites sous le titre de "De la conversion à Dieu" dans "le Livre de la Connaissance" Presse Universitaires de France, Paris, 1961), et le Rav. Joseph. B.Soloveitchik, maître spirituel de nombreux juifs aux U.S.A, récemment décédé (Message recueilli par son disciple le Rav. Pinchas H.Peli, On Repentance Jerusalem, 1980).

 

         La liturgie de Rosh ha-Shanah et de Kippour est très développée et d'une immense richesse. Je dois nécessairement me limiter aux points qui me paraissent importants pour notre démarche de repentance.

 

         Rosh ha-Shanah  veut dire en hébreu "la Tête de l'Année",  c'est à dire le début de l'année. C'est le Nouvel An du calendrier religieux d'Israël, avec tout ce que cela comporte de souhaits et d'espoir. Dans la perspective de notre rencontre, il faut remarquer que l'année juive commence par le premier des "Dix jours de la Repentance". L'année, dès son début, est une marche vers Dieu.

         Signalons tout d'abord qu'un tel début est très peu évoqué dans la Bible alors qu'il est très abondamment décrit et valorisé dans la Tradition et dans la liturgie que cette Tradition institue. Une telle liturgie, sans doute amplifiée au cours des siècles, existait déjà, pour l'essentiel, avant la destruction du deuxième Temple en l'an 70 de notre ère. Cette liturgie était et reste l'expression autorisée de la Tradition d'Israël, laquelle selon les pharisiens du temps de Jésus et leurs légitimes successeurs jusqu'aujourd'hui, est Torah orale, Parole de Dieu tout autant que l'Ecriture. L'Evangile de Luc souligne spécialement l'attachement de la famille de  Jésus et de Jésus lui-même à la liturgie du Temple et à la liturgie synagogale que les pharisiens avaient réussi à organiser en liaison étroite avec la vie du Temple. Nous pouvons donc, en toute confiance, enrichir notre foi et notre prière au contact de la liturgie de Rosh ha-Shana.

         Voici ce que la Bible dit au sujet de Rosh ha-Shanah, qu'elle ne nomme pas de ce nom (Lv 23,24): "...le premier du mois, il y aura pour vous jour de repos, souvenir avec sonnerie, sainte convocation ". Souvenir avec sonnerie, il y a dans la liturgie ces deux éléments: le souvenir fait l'objet des lectures principales de Rosh ha-Shanah, dont la liturgie organise la célébration en deux jours consécutifs, pour des raisons que nous ne pouvons pas étudier ici, faute de temps. La lecture du premier jour fait entendre que "le Seigneur visita Sarah ." pour qu'elle conçoive Isaac (Ni 22,1ss); la lecture du deuxième jour fait entendre que "le Seigneur se souvint" d'Anne pour qu'elle conçoive Samuel (1 Sa 1,19 ss). Le Seigneur se souvient de tout. Il se souvient et visite pour donner ce qu'Il a promis. Remarquons le rôle fondamental des "Mères", sans lesquelles il n'y aurait ni Isaac, ni Samuel, ni Israël, ni la Vierge Marie, ni Jésus , ni l'Eglise.

         Ainsi Dieu est-il célébré par les lectures comme Celui qui se souvient. Au centre de l'Office Additionnel, qui suit les lectures, la liturgie institue, le deuxième jour comme le premier, la bénédiction des "Souvenirs". Le pluriel signifie que le Seigneur ne cesse de se souvenir de l'humanité et de ceux quIil choisit en elle pour réaliser son plan de salut universel. C'est ainsi que la bénédiction célèbre Dieu qui se souvient de Noé (Gn 8,1), de l'alliance avec Abraham, Isaac et Jacob (Ex 2:24 et aussi Lév 26:42 avec le souvenir de la Terre), de l'alliance avec les "premiers" (Lév 26:45, le peuple sorti d'Egypte). Avec cela nous avons atteint l'alliance du Sinaï, considérée par la Tradition comme la conclusion de la libération d'Egypte. C'est cette alliance qui constitue aujourd'hui encore le cadre de la vie juive. Mais Dieu n'oublie pas l'avenir; il se souvient de l'alliance éternelle qu'Ezéchiel a annoncée (Ez 16:60). La conclusion de la bénédiction résume tout cet enseignement par la formule: "Béni es-tu, Seigneur, qui te souviens de l'alliance". Remarquons: "l'alliance" au singulier. Toutes les alliances du passé, du présent et de l'avenir sont les étapes de la seule et unique alliance. Ceci est en résonance avec ce qu'a dit  Jean-Paul II, désignant le Peuple Juif comme le "Peuple de Dieu de l'Ancienne Alliance qui n'a jamais été révoquée" (Allocution aux représentants de la communauté juive de Mayence, 17 Novembre 1980). La formule du Pape a été reprise par les "Notes de la Commission du Saint-Siège pour les relations avec le Judaïsme" (24 Juin 1985).

         Il n'y a qu'une seule alliance, qui n'a jamais été révoquée et qui ne sera jamais révoquée. Nous devons donc confesser notre faute quand nous, chrétiens, dans la réalité d'aujourd'hui, nous ne tenons pas compte de cette permanence vivante et vivifiante de l'alliance vécue avec les Juifs, de l'alliance du Sinaï avec les commandements, alliance qui reste valide dans la perspective chrétienne et qui continue à apporter grâce et lumière aux chrétiens et au monde entier. Nous péchons gravement si nous ne cherchons pas à connaître et à faire connaître la valeur de ‘' l'alliance du Sinaï."

 

         La sonnerie du Shofar est le rite le plus caractéristique de Rosh Ha-Shanah. Le Shofar est une corne de bélier, pour rappeler le bélier offert en sacrifice à la place d'Isaac (Gen. 22:13). Parmi les multiples significations du rite, retenons celle que souligne la liturgie de Rosh ha-Shanah, et même la prière communautaire des jours ordinaires: il s'agit du "Grand Shofar" dont parle Isaïe (27:13), qui déclenchera le grand rassemblement de tous les exilés d'Israël à Jérusalem. Il est précisé, dans l'Office Additionnel de Rosh ha-Shana, par la citation de Zacharie (9:14-15), que c'est le Seigneur lui-même qui sonnera le Shofar de la fin des temps. Le Shofar des Juifs d'aujourd'hui annonce déjà le Shofar de Dieu qui, au jour du jugement, sonnera pour tous les hommes. Ecouter le Shofar aujourd'hui, c'est nous préparer au jugement, c'est entrer avec les Juifs dans la crainte de Dieu. Il ne s'agit pas d'une crainte servile, qui détruit la liberté, ainsi que nous l'avons déjà vu tout à l'heure. Une telle crainte doit être guérie, si c'est nécessaire, par recours au psychiâtre ou au psychanalyste. La crainte de Dieu, elle, libère et guérit de toutes les fausses et mauvaises craintes. Elle mène à l'amour de Dieu, selon le grand message d'unification donné par la proclamation de l'Unité de Dieu dans le "Shema Israël": le Dieu UN unifie le coeur de l'homme et unifie en ce coeur la crainte et l'amour. Nous nous rappelons, bien sûr, que Jésus enseigne la crainte de Dieu à ses disciples (Mt 10:28): "Ne craignez rien de ceux qui tuent le corps... Craignez plutôt celui qui peut perdre dans la géhenne à la fois l'âme et le corps". Cette crainte de Dieu libère des autres craintes, comme le dit Jésus plus loin (Mt 10:31): "Soyez donc sans crainte...".  Voici donc ce que je voulais vous proposer à partir de la liturgie de Rosh ha-Shanah. C'est peu de chose par rapport à tout ce qu'il faudrait étudier et éprouver au contact de cette liturgie.

         Un mot encore sur le Shabbat Shuvah qui est célébré entre Rosh ha-Shanah et Kippour. Comme il y a dix jours de repentance, allant d'une fête à l'autre, et comme ces jours sont austères, bien qu'ils ne soient pas tristes, il est bon d'être réconforté par le prohète Osée (14:2): "Reviens (Shuvah), Israël, jusqu'au Seigneur ton Dieu". Les homélies, nous l'avons vu, font connaître le Dieu de miséricorde. La joie du pécheur repenti, déjà pressentie avant le pardon de Kippour, vient s'ajouter aux "délices (Oneg) du Shabbat" (Is 58:13) qui, plus que la joie des fêtes de pèlerinage, sont un avant-goût de la vie avec Dieu. Ceci, pour un chrétien, peut faire penser à la lumière de la Transfiguration qui, avant la résurrection de Jésus, signifie déjà la vie éternelle.

 

         Kippour en hébreu veut dire expiation. Je n'entrerai pas dans l'explication de ce mot. Je signale seulement la richesse de ses connotations bibliques, présentées de façon grandiose dans le chapitre 16 du Lévitique lu le jour de la fête. Pour celle-ci, à la différence de Rosh ha-Shanah, il y a de substantielles données scripturaires, parfois difficiles à concilier avec le très important développement de la liturgie intervenu au cours des siècles. Nous devons nécessairement nous limiter et je renonce à vous parler de l'ensemble de cette liturgie. Je voudrais vous inviter à réfléchir sur les confessions de ce jour. Elles sont faites deux fois à chacun des cinq offices: soir, matin, fin de matinée (Office Additionnel - Mussaf), après-midi, clôture (= Neilah).  Pour chaque office, la première confession est communautaire; elle est faite au milieu de l'office; la deuxième confession, individuelle, est faite après l'office. Les deux confessions ne sont pas identiques et il serait intéressant d'étudier le message qui ressort de leur différence, mais la question qui nous intéresse ici est de savoir pourquoi il faut tant de confessions avec des préambules et d'impressionnantes énumérations de péchés. La réponse nous est indiquée par la Tradition, magistralement présentée par Maïmonide dans ses "Normes de la Repentance" dont je vous avais parlé.  Ne retenons que ceci: "Ils se confesseront du péché qu'ils ont fait " (Nomb 5:7). Cette confession exige d'être articulée (avec les lèvres) et constitue un commandement positif. Comment doit procéder le pécheur qui se confesse ? Il dit: "Hélas, Seigneur, j'ai péché, j'ai mal agi, j'ai fauté devant toi en me comportant de telle et telle manière" (Normes...&,1)" La confession doit être articulée et détaillée. Il faut avouer la faute, la faire sortir du tréfonds de la conscience; il faut nommer la faute et détailler les fautes pour que la demande du pardon soit réelle, pour qu'elle parte du lieu où l'on est.

         C'était le souci de Dieu après le péché d'Adam; Dieu appela Adam et lui demanda: "Où es-tu ?". La question ne porte pas sur un lieu purement matériel mais sur une situation spirituelle. La confession donne un point de départ pour la repentance, pour la marche vers le lieu de notre bonheur, vers le paradis, vers la vie avec Dieu. N'oublions pas cependant que le lieu spirituel, pour les Juifs, ne peut pas se couper du lieu matériel par lequel passe le chemin du retour, la Terre d'Israël. La Terre n'est d'ailleurs pas seulement le support matériel du retour à Dieu dans la repentance. Elle est aussi le lieu privilégié où la Torah peut être au mieux étudiée, enseignée et pratiquée. Or, le retour à Dieu, nous l'avons vu, passe nécessairement par le retour à la Torah. Jésus assume cette nécessité de recevoir la Torah des Juifs, à partir du centre de la Terre d'Israël quand il dit à la Samaritaine: "Nous, nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs (Jn 4,22)". Ces paroles ont, sans aucun doute, comme arrière-fond celles d'Isaïe (2:3): "Car de Sion vient la Torah et de Jérusalem la parole du Seigneur".

         Voyons maintenant le préambule des confessions. Ce préambule se trouve non seulement au début des confessions de Kippour mais également au début de la confession que la liturgie propose les jours ordinaires après l'office du matin. Voici un résumé de ce préambule: "Notre Dieu et Dieu de nos pères, que notre prière parvienne jusqu'à Toi... car nous ne dirons pas que nous sommes des justes et que nous n'avons pas péché, mais (aval = mais, en vérité), nous et nos pères, nous avons péché". Le mot "mais (aval)" se réfère aux paroles des frères de Joseph qui se reconnaissent coupables (Gen 42:21): "En vérité (aval), nous expions ce que nous avons fait à notre frère". Il s'agit donc pour les Juifs, dans la confession, et pour nous chrétiens qui les écoutons, de reconnaître et de "faire la vérité" (Jn 3:21 - 1 Jn 1:6). Nous devons aller jusqu'au bout de la recherche de la vérité, de ce qui s'est réellement passé, des crimes commis, des responsabilités prises dans l'affaire Dreyfus, dans la Shoah. Aurait-on trahi et abandonné les Juifs en France si l'on avait connu et fait connaître toutes les vérités dans l'affaire Dreyfus?  De même, ne disons pas que nous sommes justes, mais disons qu'en vérité, oui en vérité, nous avons péché et que nos pères ont péché. Pour nous-mêmes d'abord, nous avons péché et nous péchons encore dans la mesure où nous ne faisons pas assez pour connaître et faire connaître. Sans doute l'action de COEUR correspond-elle déjà à cette exigence. Mais vous savez aussi combien il reste à faire, pour ce qui dépend de chacun d'entre vous. Cette exigence ne doit dégénérer ni en obsession du passé, ni en philosémitisme. Yad Vashem n'est pas un lieu où l'on se préoccupe seulement de faire la vérité sur le passé. C'est un lieu où l'on éduque en vue de l'avenir et où l'on marque la place des justes des nations. Encore une fois, il ne faut pas faire d'Israël une idole mais il faut, comme Israël et avec lui, aller vers Dieu et, avec son aide, jusqu'à lui.

         Vous avez remarqué la formule: "Nous et nos pères, nous avons péché". Certaines versions du préambule ne comportent pas la mention des pères, mais la majorité des communautés, notamment en Israël, la font et confessent donc "le péché des pères". Voyons d'abord qu'une telle confession correspond à de nombreuses expressions bibliques de la solidarité entre les fils et les pères (par exemple: lieu 26,4O; Jr 3,25; Ps 1O6,6). Confesser le péché des pères, ce n'est pas un retour masochiste au passé, inventé par un certain Judaïsme tardif. C'est l'acte courageux d'un peuple qui a su, depuis toujours, dire et faire la vérité sur ses péchés. Israël n'a pas éliminé de la Bible le péché du veau d'or. L'Eglise n'a pas non plus expurgé les Evangiles des reniements de Pierre. Pour entrer davantage dans le message donné par la confession du péché des pères, je vous propose de faire jouer deux principes souvent mentionnés dans la Tradition d'Israël. Le premier de ces principes se formule à peu près comme ceci: "Tous en Israël sont responsables les uns des autres (Sifra s/Lv 26,37; T.B. Shevuot 39 a)". Responsables et non coupables: les fils ne sont pas coupables des péchés des pères; ils en sont responsables et ils doivent en assumer les conséquences. S'ils ne le font pas, ils sont de mauvais fils. Cette solidarité n'est pas seulement entre les générations; elle joue entre les Juifs d'une même génération. Ce qui est vrai pour les Juifs est évidemment vrai pour nous chrétiens. Le second principe est que "Israël, même s'il a péché reste Israël" (T.B. Sanhédrin 44 a s/ Jos 7,11). Un Juif pécheur reste juif; la communauté peut l'exclure pour un temps, mais ceci est fait pour le réintégrer, quand il aura fait repentance. Il est remarquable qu'au tout début de la prière du Kippour, avant le "Kol Nidrei", on déclare associer à la prière les "transgresseurs" (et on vise par ce mot les apostats). Ainsi se trouve affirmée et enseignée la solidarité entre tous les membres de la communauté d'Israël, dans chaque génération et à travers toutes les générations.

         Ceci peut nous aider à vivre en profondeur la réalité en laquelle nous croyons, selon notre Credo, la Communion des Saints. Nous devons reconnaître, confesser et assumer les péchés de nos pères. Nous devons aussi remercier Dieu pour tout le bien que nous avons reçu d'eux, et avant tout le don de la vie. Le message de Kippour, nous l'avons vu, n'est pas un message de tristesse. C'est un message de responsabilité et de courage. 

         Votre action à COEUR est en accord profond avec ce message. L'action que vous menez tend à ce que les chrétiens reconnaissent leurs péchés et les péchés de leurs pères commis contre les Juifs.

         Réjouissons-nous de ce qui se fait déjà en direction d'une telle reconnaissance. Je parle de la "metanoïa", de la conversion qui se fait, par exemple dans l'Eglise Catholique et qui se manifeste depuis Jean XXIII, dès avant le Concile Vatican II. Je voudrais citer ici le début de la prière de Paul VI, faite à Jérusalem, dans le Saint-Sépulcre, le 4 Janvier 1964, en présence du Patriarche oecuménique Athénagoras: "Frères et Fils, c'est maintenant qu'il faut que nos esprits se réveillent, que nos consciences s'éclairent et que sous le regard illuminateur du Christ toutes les forces de nos âmes se tendent. Prenons maintenant conscience de ceux de nos pères, de ceux de l'histoire passée, prenons conscience de ceux de notre époque, de ceux du monde dans lequel nous vivons..." Cette confession du péché des pères par le pape Paul VI est une parole qui fait la vérité et qui libère du poids obscur du péché non avoué. Il reste à confesser nettement et clairement les péchés commis contre le Peuple Juif. Il me semble qu'une telle confession est trop importante, trop grave pour qu'elle soit dictée d'en haut, sans qu'elle ressorte d'une prise de conscience de l'ensemble des chrétiens. Ici encore écoutons la liturgie du Kippour qui, dans l'Office Additionnel, refait aujourd'hui les confessions du Grand Prêtre à l'époque du Temple. Le Grand Prêtre confessait ses fautes personnelles, puis les fautes de sa famille et enfin les fautes de tout Israël. Il y a des niveaux différents dans le péché, du point de vue de la culpabilité et de la responsabilité.  Souhaitons qu'une prise de conscience se généralise dans l'Eglise à tous les niveaux, et s'exprimera un jour dans la liturgie, avec les nécessaires confirmations des autorités compétentes. La liturgie en effet n'est pas l'affaire de personnes ou de groupes isolés, mais l'affaire du peuple tout entier. Chaque personne, chaque groupe, et en particulier le groupe de COEUR, est invité à préparer une liturgie de demain qui s'appuie déjà sur la solidarité de tous, sur la Communion des Saints.

 

Pierre Lenhardt

 

Le frère Pierre LENHARDT  de la congrégation de Frères de Sion, a été professeur à l'institut Ratisbonne à Jérusalem. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages destinés à faire connaître le judaïsme en milieu chrétien

 

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