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Chrétiens et juifs, ... des amis ! |
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Le site de l'association COEUR: Comité OEcuménique d'Unité chrétienne pour la Repentance envers le peuple juif. |
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Jésus a dit: "Si ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande, et va d'abord te réconcilier avec ton frère" ( Evangile de Matthieu 5 : 23 ) |
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POURQUOI
LA REPENTANCE ? par le père Michel Remaud paru dans Yerushalaim n°3 et n°10 Pourquoi
la repentance ? Il s'agit
d'abord d'un devoir de justice. Puisque nous avons des torts, nous devons les
avouer. Sans
doute, tous les chrétiens ne sont pas personnellement responsables des
souffrances subies par les juifs. Mais chacun de nous est solidaire d'une
Eglise à travers laquelle il a reçu son identité chrétienne, avec tout le
patrimoine auquel cette identité est liée. Nous ne pouvons pas nous approprier
le meilleur de l'héritage familial (et nous en glorifier à l'occasion), et en
récuser la part la plus encombrante. Il y
va en outre de la vérité du rapport que nous voulons renouer avec le peuple
d'Israël: nous ne pouvons pas nous situer en vérité par rapport à lui en
oubliant ce que nos rapports ont été dans le passé. Notre relation à Israël ne
se vit pas dans l'abstrait et dans l' intemporalité. J'ajoute
que cette attitude est d'autant plus nécessaire que se manifeste chez les
chrétiens un intérêt grandissant pour tout ce qui est juif, et que certains
chrétiens peuvent venir à s'approprier des éléments de la tradition juive sans
prêter une attention suffisante à ce que les juifs eux-mêmes peuvent penser de
cette attitude. Cette tradition est la leur; ils ont payé assez cher pour la
conserver, et ils savent quel sens ils lui donnent. Peut-on s' intéresser au
judaïsme sans tenir compte de ce que ressentent les juifs? La reconnaissance de
nos torts nous rappelle que nous ne pouvons
aborder le peuple juif que dans l'humilité. Qu'est-ce
que la repentance ? Il est
facile de s'indigner après coup de
l'attitude de nos devanciers, et sans doute un peu naïf de penser qu'à leur
place et dans le même contexte, nous nous serions comportés tout différemment. Il
est malsain, et peu cohérent, d'opposer systématiquement ce qui est critiquable
chez soi à ce qui est admirable chez l'autre. C'est le contraire de
l'engagement. Il
s'agit de reconnaître que nous sommes solidaires d'un peuple chrétien qui a des
torts. Paul VI l'a fait au nom de l'Eglise Catholique vis-à-vis des autres
chrétiens à l'ouverture de la deuxième session du Concile. Il n'y a pas eu de
geste comparable de la part de l'Eglise en tant que telle vis-à-vis des juifs.
Il ne s'agit nullement de s'enfermer dans une culpabilité morbide, mais de dire
clairement et simplement, comme les juifs eux-mêmes n' hésitent pas à le dire:
"Nous avons péché, nous et nos pères". Enfin
et surtout, il s'agit de se convertir. Ne pas dire: cela ne me concerne pas,
puisque je ne suis pas antisémite. L'antisémitisme, j'en suis convaincu,
est le symptôme de la résistance que le chrétien oppose à l'Evangile. Qui peut
prétendre être totalement docile à l'Evangile, et donc pur de tout germe, même
inconscient, d'antisémitisme? L'antisémitisme révèle au grand jour des
mécanismes profonds qui sont à l'oeuvre dans toute rencontre et toute relation.
La meilleure manière de les combattre est de s'engager dans un travail de
conversion et de purification, à l'intérieur de l'Eglise qui "est à la
fois sainte et appelée à se purifier, poursuivant constamment son effort de
pénitence et de renouvellement".(Vatican II, Constitution Lumen Gentium
sur l'Eglise n°8) Michel REMAUD auteur de “Chrétiens devant Israël, serviteur de
Dieu” (Cerf 1983) |
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