Chrétiens et juifs, ... des amis !

Le site de l'association COEUR: Comité OEcuménique d'Unité chrétienne pour la Repentance envers le peuple juif.

Jésus a dit:   "Si ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande,

et va d'abord te réconcilier avec ton frère"   ( Evangile de Matthieu 5 : 23 )

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 HISTORIQUE     et VOCATION  de l’association CŒUR

                Henri CATTA      

 

Henri CATTA fut le fondateur de CŒUR. Plusieurs furent autour de lui. Mais c’est lui qui était l’animateur, la cheville ouvrière.

Nous retranscrivons ci-dessous l’une de ses déclarations, donnée lors de l’Assemblée Générale de l’association , le 6 février 1994. Quatre mois plus tard, il nous quittait. Ce texte est certainement comme son testament spirituel pour l’association. Nous restons émerveillés par la clairvoyance avec laquelle il voyait la situation et percevait notre vocation.

Après ce texte, vous trouverez le texte d’une prière trouvée dans sa correspondance. Nous n’y avons rien changé, ni le titre, ni les termes.

 

Les origines

II y a quatre ans, Henri Lefebvre et moi, nous évoquions à Gagnières l'intuition que Thomas ROBERTS avait exprimée devant nous pour la première fois, précisément en ce même lieu, à propos des "Montées à Jérusalem". (Note 1)

Ensemble, nous avons été saisis de la nécessité d'élargir la portée des voyages annuels à Jérusalem afin d'en poursuivre les intentions dans la fidélité à Thomas Roberts, lui qui a joué un si grand rôle, en France, dans le "Renouveau" chrétien. Si j'évoque celui qu'avec déférence et affection, nous nommions entre nous "Papy", c'est parce que je crois juste de dire qu'il est le père fondateur de Cœur. Henri et moi désireux que nous étions, et que nous sommes, de poursuivre dans sa plénitude, la grande intuition que celui qui se disait "né entre deux pages de la Bible" avait reçue du Saint-Esprit.

Il ne me paraît pas inutile de rappeler plusieurs caractéristiques de cette première"Montée de Pentecôte" de 1984, qui avait rassemblé plus de 700 participants:

Ceux qui ont eu le privilège d'en avoir été témoins, ne peuvent oublier la demande de pardon formulée par les protestants et les catholiques, réciproquement les uns envers les autres, en raison des péchés de nos pères et des nôtres, causes de nos divisions, des guerres de religion, des exclusives et des dédains qui ont fait tant de mal au coeur du Christ. Pour ma part, je garde toujours présente devant mes yeux, l'émotion du pasteur Alain Schwartz, la gorge nouée devant le micro, incapable pendant de longs instants d'articuler le moindre mot.

Nous nous souvenons tous aussi de la magnifique surprise de ce samedi de Pentecôte, dans les jardins du Patriarcat orthodoxe, au mont des Oli viers où tous les participants s'étaient rendus: le changement subit de ton dans l'allocution du Patriarche qui, après nous avoir longuement considérés, s'était écrié, comme inspiré: "je vois rayonner sur vos visages la grande Eglise du Christ et qui ne cachait plus son bonheur, répétant : "C'est le plus beau jour de ma vie! "

Nous sommes 700 hommes et femmes a avoir vu et entendu cela…

L’action féconde des « Montées à Jérusalem »

C'est l'honneur des organisateurs d'avoir préparé l'accueil des chrétiens venant de France, chez des chrétiens arabes vivant à Jérusalem, Bethléem ou Nazareth : Des liens se sont tissés ainsi avec des chrétiens qui se sentaient de plus en plus isolés du monde. On connaît le cri du Patriarche latin de Jérusalem qui se plaint de l'exode de ses fidèles. On connaît moins la richesse de la foi de ces palestiniens qui, au cours de réunions de prière proclamaient - et pas nécessairement en accord avec leurs abounas - que le jet des pierres (Note 2) ne correspondait pas à l'esprit de l'Evangile. C'est aux "Montées de Jérusalem" qu'on doit le maintien courageux et la naissance même de tous ces groupes de prière. Cependant, Henri et moi, étions frappés de la sorte d'ignorance, non pas voulue, mais conséquente de la situation politique, dans laquelle les pèlerins étaient tenus quant à la population juive du pays dans lequel ils se rendaient...

Lorsqu'on est juif, habitant sur la terre d'Israël, faut-il donc croire en Jésus ressuscité pour avoir droit au regard des "Goïm" ?

Cette question en entraînait une autre. Bénéficiaires, depuis de longues années, des immenses bienfaits que la réconciliation entre catholiques et protestants avait provoqués dans nos vies personnelles, il devenait tout naturel de se demander si, en allant à Jérusalem, notre souci de chrétiens ne devait pas nous pousser à tenter la réconciliation, à présent, avec nos frères juifs, qui ne sont pas des étrangers dans la foi, mais bien nos frères aînés, puisque héritiers du peuple choisi par le Tout-Puissant pour révéler aux nations qu'il n'y a qu'un seul Dieu.

Or, comment nous réconcilier avec les juifs, autrement que par la même méthode qui nous avait si ... miraculeusement unis, catholiques et protestants ? "Le diable a beaucoup plus peur d'un chrétien à genoux que d'un prédicateur debout", avait l'habitude de dire Thomas Roberts. Nous devions donc nous humilier, et foncièrement, en reconnaissant nos fautes de chrétiens envers le peuple juif.

C'est ainsi qu'à Gagnières, dans ce site qui signifie les luttes passées, sanglantes, entre catholiques et protestants, et qui est devenu le merveilleux creuset de l'entente profonde entre ceux que l'on appelait les "frères divisés", l'Esprit-Saint a fait germer l'idée de la demande de pardon à cause de l'attitude de nos églises vis à vis du peuple juif.

 

Notre regard faussé

Monde mystérieux qu'était pour nous le peuple juif ! Pour ma part, je n'avais d'autre opinion sur les juifs que ce dédain appuyé, dont, en France, on en parlait dans mon milieu familial avant la guerre. A mon retour de captivité, si les camps de déportation et d’extermination étaient évoqués, c’était à propos de français qui avaient fait de la résistance à l'occupant, mais je n'ai pas le souvenir qu'on parlait des juifs déportés et exterminés parce que juifs, en tant que juifs. Avec le recul du temps, il me paraît maintenant monstrueux que moi-même, comme beaucoup de français, nous avions pu ainsi ignorer la tragédie d'un peuple dont six millions de corps sont partis en fumée pour la seule raison de leur appartenance à leur foi millénaire, aussi anachronique à présent que puisse paraître pour certains ce rappel, je crois qu'il fait comprendre la persistance de l'incroyable silence de ceux qui ne veulent pas savoir, ou qui osent prétendre que tout a été "très exagéré", ou bien qu'on est saturé d'entendre la plainte des juifs, "car après tout, il y en a eu d'autres" !

Je n'exagère en aucune façon, puisque tout récemment, un prélat qui semble avoir grande audience au Vatican, s'étonnait que le mouvement CŒUR veuille faire acte de repentance envers le peuple juif "alors qu'on ne se souciait pas de la repentance que les juifs devraient éprouver envers le peuple palestinien qu'ils ont spolié et qu'ils persécutent" (sic !). (3)  Ne nous étonnons donc pas de la difficulté que le mot "repentance" inscrit dans les initiales du sigle de notre association soulève encore pour être pleinement compris par certains.

L'idée de concrétiser nos intentions sur la demande de pardon s'est spontanément réalisée sur cette grande fête juive, Yom Kippour, le "shabbat des shabbats": il nous a paru impératif de jeûner, ce jour-là, avec nos frères et , comme eux, implorer le pardon du Très-Haut.

Se connaître

On sait le succès du premier voyage, l'émotion du Professeur Gutmann, directeur du Yad Vashem, lorsque je l'ai embrassé sur la scène, ses larmes tandis que je le raccompagnais après son allocution, l'aveu du rabbin Askénazi d'avoir changé le ton de son intervention après la superbe allocution de Lucien Lazare qui devait devenir un ami très proche...

Difficile de maintenir le tonus... Nous ne disposions pas de moyens financiers. Notre organisation intérieure reposait sur des bénévoles que je ne saurais assez remercier pour la tâche ingrate qu'ils accomplissaient... L'enfance de notre mouvement fut difficile, il y eut distorsion causée par les générosités des uns et des autres. Emballés par notre idéal, nous rêvions d'aller vite. Certains voyaient en CŒUR une amicale pour retrouver les participants des voyages en Israël à l'occasion du Yom Kippour, objectif des plus louables, mais insuffisant pour ceux qui piaffaient de voir si méconnue de la grande foule notre idée d'amener nos églises à la reconnaissance de leur responsabilité dans la "politique du mépris" qui avait, que nous le voulions ou non, engendré ou favorisé l'antisémitisme.

La tentation fut grande de baisser les bras. Il y eut des déceptions, des découragements. Le bilan de ces quatre années ne doit pas se limiter à un constat de piétinement plus ou moins ensommeillé. C'est vrai que notre ac tivité apparente semble se résumer par la préparation et le; renouvellement du pèlerinage dans le désert parcouru par les Hébreux, et sur les lieux où Jésus a vécu, pour nous mener à la marche silencieuse au Yad Vashem jusqu'à la réanimation de la flamme, avant de prendre part au jeûne et aux prières du Yom Kippour.

La réalité est heureusement plus riche. D'abord, et à propos de ces voyages, je voudrais souligner l'importance de l'entente œcuménique non seulement réalisée par la présence renouvelée chaque année du prêtre orthodoxe Jean Lorrain, mais plus encore par notre communion véritable à la Table du Seigneur, notamment en 1992 au bord du Jourdain, et en 93 dans l'oasis en plein désert, au nord d'Eilat. Elle correspond à la grande prière du Christ à son Père: "Qu'ils soient un comme toi et moi, nous sommes un".

Ce sont des moments inoubliables que nous avons vécus là. Ils demeurent comme le signe de l'entente, le premier fruit, unité dans la diversité, cadeau de Dieu pour souligner la première caractéristique de C.Œ.U.R, l'oecuménisme entre chrétiens.

 

Retour aux sources, chemin de l’unité

Le "retour aux sources" naît tout naturellement du rapprochement avec le judaïsme. Telle me semble être la finalité que notre mouvement a puisée, et doit continuer à puiser dans sa raison première, la repentance.

« Le pardon est gratuit: j'étais trop pauvre pour l'acheter, et Dieu trop riche pour le vendre » disait Thomas ROBERTS ... !  Dieu nous le donne; encore faut-il que nous le lui demandions... Et son pardon nous ouvre les portes d'une paix inconnue, de la joie. Dans notre volonté de faire Kippour à cause de l'attitude des chrétiens envers le peuple juif et de célébrer le Yom Kippour avec les Juifs, nous avons reçu, comme en surplus, ce que nous n'attendions pas

 

Nos suffisances ...

Quand je venais à Jérusalem, j'avais un regard de suffisance vis à vis de ce peuple, "demeuré en chemin". Comme nous nous sentions supérieurs, nous les chrétiens puisque nous savions que l'Oint de Dieu était venu visiter Son peuple ! Nous, nous savions que le Serviteur souffrant décrit au livre d'Isaïe, était ce Jésus Agneau de Dieu, mort pour le rachat des péchés. Eux, les juifs, ne pouvaient le reconnaître ne serait-ce que par souci de fidélité à leurs pères. Nous avions un plus, et quel plus ! Le Messie qui est la clef pour comprendre toute la Bible.

D'autre part, c'est le pittoresque accoutrement des juifs orthodoxes de Mesha Harim qui me frappait, il me paraissait suranné et un peu ridicule, comme me semblaient superficiels les usages pour la nourriture et les salutations balancées devant le Mur...

 

… et la réalité

II m'a fallu de longs mois de vie à Jérusalem, des échanges de plus en plus confiants avec des juifs pratiquants, la participation à leurs repas du shabbat, et puis la découverte de la beauté de leurs prières, pour comprendre que la vie religieuse des juifs ne se passe pas seulement dans les synagogues, mais aussi à la maison, au sein de la famille.

Quelle leçon les parents juifs ne nous ne donnent-ils pas, dans l'éducation religieuse des enfants par la lecture de la Parole et par tous leurs gestes alors que nous, parents chrétiens, nous nous contentons de faire plus ou moins confiance à des "spécialistes en catéchèse". Les juifs nous apprennent à remercier Dieu, dès le réveil, s'émerveillant d'être en vie. Ils se remémorent les comman dements reçus au Sinaï, quand ils franchissent une porte d'entrée. lls nous enseignent à vivre - et non pas seulement d'en faire souvenir - les grands événements de leur Histoire, tels le passage de la Mer Rouge, ou la fête des Pourim. Quelle illumination pour nous que la participation à leur "séder" de la Pâque, alors que nous vivons si imparfaitement parfois la Sainte Cène ou l'Eucharistie !

A l'exception de leur plus grande fête, celle où toute la vie s'arrête en Israël, le "Yom Kippour", nous les chrétiens, nous célébrons bien des fêtes juives, mais sans en mesurer toujours la revivance historique qui leur donne une dimension encore plus profonde. Dans sa dernière lettre pastorale, Mgr Sabbah, l'évêque latin de Jérusalem, rappelle à ses fidèles, chrétiens arabes, que c'est se mutiler que d'ignorer les richesses du Premier Testament. C'est pourtant bien ce que nous n'avons cessé de faire, que nous voulions l'admettre ou non, et en dépit des "lectures du dimanche", extraits choisis pour leur rapprochement avec l'évangile du jour...

Nous regrettons tous à CŒUR que depuis dix-sept siècles, à partir du moment où les pagano-chrétiens sont devenus plus nombreux que les juifs convertis au Seigneur Jésus, l'Eglise a eu tendance à considérer qu'elle était devenue le "Nouvel-Israël". Les conséquences n'ont pas été redoutables seulement par les divisions que cette superbe a engendrées entre ceux-là même qui se recommandaient du Christ :  elles ont été plus redoutables encore dans la mesure où le plan de Dieu ne s'est pas pleinement accompli.

 

Le temps de Dieu

Nous nous demandons si les temps sont venus où Dieu rassemble son peuple. Voilà la grande interrogation qui s'impose à moi, de plus en plus, lorsque je vois les cars de japonais qui affluent à Capemaum où les coréens qui, en longues files, attendent leur tour de pénétrer dans le tombeau du Christ. Et les africains, les américains et les européens de tous les pays..que vien nent-ils chercher ? des souvenirs ? avec la trace de ce Jésus qui a transformé la civilisation jusqu'aux extrémités de la terre ? Ne viennent-ils pas s'abreuver aux sources mêmes de la croyance du christianisme ?

Un prêtre catholique zaïrois, directeur du Grand Séminaire de Kinshasa, m'a fait remarquer combien il était heureux pour le christianisme qu'aucun des "lieux saints" ne puisse être, avec une certitude absolue, considéré comme l'emplacement où était né Jésus, enseveli, ressuscité. Seul, le paysage est authentique, tel le Kinneret, ce lac de Tibériade, où la surface de l'eau et les collines qui l'entourent, reflètent la douceur et la puissance de l'enseignement du Christ. "Ce doute des savants, archéologues et chercheurs, délivre les croyants de la tentation de superstition qui pousserait à la cueillette des reliques, disait-il. Ce manque de certitude du lieu du chemin de croix, nous incite, au contraire, sur cette terre qui fut celle choisie par Dieu, à vivre, dans l'intimité de notre coeur, les grands moments de la vie du Christ qui se perpétuent pour le salut du monde, jusqu'à son retour.

Un regard juif

C'est en quelque sorte un regard juif que la connaissance du judaïsme apporte pour l'approfondissement de notre foi. Je m'explique : on a trop tendance à ne considérer les croyances, les pratiques religieuses, et, d'une façon générale, l'univers juif, qu'en fonction du christianisme. Est-ce qu’il ne serait pas temps de regarder les juifs, et de les aimer pour eux-mêmes, tels qu’ils sont,  et d'essayer de comprendre leur manière de penser, le fonctionnement même de l'esprit sémitique, qui n'est pas nécessairement celui de nos cerveaux cartésiens ?

Après tout, Jésus était juif. Il n'a jamais cessé d'être juif, dans toute la pratique de sa foi juive. La connaît-on si bien, cette pratique, lorsqu'on ignore plus ou moins ce que signifie la fête des tentes "Souccoth", ou bien celle qui célèbre le don de la Thora "Chavouoth" ? Ce sont pourtant avec "Pessah" (la Pâque), les trois fêtes de pèlerinage où les hommes étaient tenus de monter à Jérusalem, à l'époque où existait le Temple, ainsi que nous le rapportent les Evangiles.

Le monde latino-chrétien a voulu codifier, légiférer, innover, peut-être parfois, en voulant expliquer et l'on assiste maintenant à l'affolement de certaines populations asiatiques ou africaines, à cause de la difficulté qu' elles ont d'entrer dans les schémas des raison nements ou des explications nés de la civilisation occidentale. On se demande si parmi tous les pèlerins qui affluent, je le répète, de toutes les extrémités de la terre, certains ne viennent pas pour retrouver l'authenticité de leurs racines, celle de la Révélation au Sinaï, celle de la Révélation de Jésus né à Bethléhem, ville de Juda.

Ceux qui se livrent à l'étude de l'hébreu savent combien la racine du mot ouvre le sens d'une expression et d'une pensée que la traduction grecque ou latine a parfois tendance à rétrécir.

C'est au point qu'une connaissance exacte de la Bible ne peut se faire valable sans celle de l'hébreu biblique. La pensée sémitique ne chemine pas comme la nôtre. Il est passionnant sur ce point de fréquenter le "midrach" qui est non seulement l'étude exégétique de la Bible, mais aussi un genre littéraire et un système d'interprétation du texte de la Parole de Dieu.

Le retour des juifs sur leur terre ancestrale, quels que soient les problèmes qu'il soulève sur le plan de la géopolitique, apporte des éléments nouveaux et considérables dans l’évolution de la grande Eglise de Dieu. ne serait-ce que par la résurrection d'une langue qui était morte, et qui fut celle que Jésus employait dans le Temple, lorsqu'il ne s'exprimait pas, pour l'usage courant, en araméen, dialecte très voisin procédant du même groupe sémitique cananéen, mais aussi par la résurgence d'un judaïsme libéré des inculturations de la diaspora.

Alors ces considérations sont-elles en mesure d'apporter un éclairage sur la vocation de CŒUR ? Je le pense.

 

La vocation de CŒUR

Nous avons connu les bienfaits de la réconciliation entre catholiques et protestants, déjà vieille histoire, qui n'est point du fait de CŒUR, mais qui est sa caractéristique oecuménique. Nous avons voulu, et nous maintenons l'exigence de la repentance, qui est le principe même de notre mouvement. Il conditionne notre humilité vis à vis de Dieu et des hommes. Nous n'avons pas le droit, pensons-nous en effet, de nous désolidariser de la faute de nos églises, de la faute de nos pères, celle d'avoir tenu pour nulle et non avenue l'existence du peuple juif, au point que le mépris entretenu par les chrétiens envers les juifs a pu permettre la Shoah.

Je propose que nous maintenions notre marche silencieuse à pieds au Yad Vashem, tant que les églises auxquelles nous appartenons n'auront pas fait acte officiel de repentance. Il ne suffit pas de regretter que des actes déplorables aient été commis, il s'agit de reconnaître la responsabilité d'un enseignement et d'un comportement qui étaient anti-évangéliques.

Nous vivons à CŒUR la récon ciliation avec les juifs, c'est bien.  Mais nous entrevoyons maintenant l’extraordinaire richesse et la nécessité d'un véritable retour aux sources. Pour l'unité de tous ceux qui se recommandent du Christ, il semble indispensable d'avoir à coeur une effective recherche de nos racines. C'est par l'amour et la connaissance du judaïsme que nous trouvons le chemin. Tel me paraît être le but que Dieu nous assigne.

... Repentance... Réconciliation... Retour aux racines... Pour recouvrir la dernière initiale du sigle qui s'est imposé à notre association, les mots s'accumulent, tant l'expérience nous apprend, peu à peu, la richesse du CŒUR... Sans doute pour nous préciser ce que Dieu attend de chacun de nous…

 

                                Henri CATTA  ( mort en 1984 )

Premier président et fondateur de CŒUR

 

Note 1: Lors du rassemblement Charismatique Européen de Strasboursg (Pentecôte 1982) , le pasteur Thomas Roberts présenta à la foule les deux frères Berger de Jérusalem. Dès lors, il oeuvra pour que le prochain rassemblement de ce genre soit mondial, et se tienne à Jérusalem ! Depuis 1984, des « Montées à Jérusalem » sont organisées sur une base interconfessionnelle dans cet esprit au moment de Pentecôte.
Gagnières: dans ce petit village des Cévennes, est établi le « Centre Chrétien de Gagnières », lieu de rencontre évangélique  qui a pour vocation de « travailler à l’unité des chrétiens » .  
Le pasteur Thomas Roberts fut un artisan dès 1970 du renouveau charismatique et un pionnier, au sein de cette mouvance, des relations interconfessionnelles.

 Note 2: Nous étions alors à l’époque de la première intifada.  (intifada ou « guerre des pierres »

Note 3: Un tel raisonnement a encore cours aujourd’hui: il confond hélas, les domaines aussi différents que sont les relations multi-séculaires entre judaïsme et christianisme d’une part, et relations contemporaines entre deux populations travaillées par des intérêts  contraires d’autre part. 

 

 

Prière d’un catholique

 

« Il est temps de comprendre comme toi, comme moi,
que ma sainte Eglise a commis bien des fautes, bien des péchés
envers les aînés dans la foi que sont les juifs.

Pourquoi est-ce donc si long, si difficile à comprendre, et surtout à admettre
que les chrétiens d’Europe doivent se mettre à genoux humblement
devant ce Dieu qui ne cesse, Lui, de se mettre à genoux,
humblement,
devant les hommes ? »

Oh oui, mon  Jésus  juif, je Te demande pardon,
en mon nom et au nom de tous mes frères chrétiens,
et de tous nos pères chrétiens,
de T’avoir tant fait souffrir dans Ton corps de Juif.

Moi, Henri, fils et petit-fils de gens de l’Action Française,
qui croyaient T’aimer et qui méprisaient Tes frères, les Juifs,
comme Toi, Tu as été méprisé,
qui continuaient à Te crucifier en les persécutant ou en les laissant persécuter,
je Te demande pardon.

Tu as voulu que je réalise que la « politique du mépris »
  après combien de générations ?  
avait produit la Shoah.

Tu m’as fait devenir fondateur de CŒUR , et son président,
pour que je me mette à genoux devant Ton peuple bien-aimé,
ce peuple que Tu as choisi.
« peuple élu » que Tu n’as jamais cessé d’aimer tendrement ,
car Tes promesses sont irrévocables.

Pour souligner Ton amour, Tu as voulu prolonger Ton Alliance en T’incarnant, 
Toi, le Tout-Puissant, dans Ton peuple, celui de Ta dilection, le peuple juif.
Toi l’infini qui pendant trente-trois ans
a été « Dieu-fait-homme-juif » que nous aimons.

C’est parce que nous T’aimons, « Jésus juif » de tout notre CŒUR
que nous Te demandons pardon de T’avoir crucifié pendant dix-sept siècles.

Nous Te demandons l’humilité de nous mettre à l’écoute de nos frères Juifs
pour comprendre que Tu es le DIEU UN,  
pour comprendre par eux qui l’ont prouvé par leur martyre au cours des siècles ,
ce qu’est Ta fidélité, pour comprendre par eux,
en dépit de leurs péchés et en dépit des nôtres,
ce que c’est que:

 TA  MISERICORDE    TON PARDON SANS CONDITION    TON AMOUR,

Toi qui n’es qu’AMOUR  !

 

                                Henri CATTA

 

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